Charles Pennequin et Armée Noire

Blog Armée Noire

 

 

VIVRE

24/09/2008 - 11:00

 

IL S'AGIT DE CHOISIR

LA MOINS SOMBRE

DE SES CAVERNES

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

 

On pourrait presque disparaître

23/09/2008 - 17:58

à tant vouloir s’éparpiller
on pourrait presque disparaître

c’est bien ce qu’on cherche
après tout

Eclater!

     en
                                                                                                            millier
                                            de
                            miettes
minuscules

se décentrer
s’atomiser
se dissoudre

jusqu’à ne faire plus qu’un avec les minuscules particules
du vide

On pourrait presque disparaître

et si la matière n’est que de l’énergie organisée on voudrait se dématérialiser pour redevenir de l’énergie
pure

Eclaté
Défoncé
Démonté
Ravagé

Jusqu’à ce que la cervelle redevienne une idée abstraite
Jusqu’à ce que le corps traîne derrière soi
jusqu’à ce que le devant culbute le derrière
jusqu’à ce que le dedans carnage le dehors

Courtiser
l’explosion

de cette IMMENSE PEUR
du vide
du vivre
de cette immense honte
de soi
de dépit, de défie, de dégoût, de tendresse
On pourrait presque disparaître

retourner
dans le ventre

s’y vautrer

de vertige

on pourrait presque être plus libre
de cette disparition
on pourrait presque être plus fort
dépecer sa peur

la vomir
la dissoudre

on pourrait presque en faire des chaussures
de sa peur
et marcher avec
tranquillement
sur la tête
une chaussure à tête
pour disparaître

on pourrait presque la souhaiter
à qui de droit

on pourrait presque la prêcher
perché nu sur un tonneau percé
on pourrait la clamer jusqu’à ce que la foule jouisse unilatéralement de cette saine et commune explosion
on pourrait en faire des vêtements pour tous les enfants nus du monde
pour tous les ventres
pour toutes les plaies
pour toutes les ombres

on pourrait la boire jusqu’à plus soif
                                                                    cet
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                    obscène
                                                                            liqueur
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                    de
                                                                  perte
ça ferait un peu de lumière
l’explosion

On pourrait presque
renaître

on pourrait presque
en vivre
de cette disparition

le central

le central

la france

dessin

04/08/2008 - 11:00

bonhomme léandre

bonhomme léandre

Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary

04/08/2008 - 11:00

Guy Hocquenghem
Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary
Préface de Serge Halimi

(Editions Agone)

 

Avant de mourir, à 41 ans, Guy Hocquenghem a tiré un coup de pistolet dans la messe des reniements. Il fut un des premiers à nous signifier que, derrière la reptation des « repentis » socialistes et gauchistes vers le sommet de la pyramide, il n’y avait pas méprise, mais accomplissement, qu’un exercice prolongé du pouvoir les avait révélés davantage qu’il les avait trahis. On sait désormais de quel prix – chômage, restructurations sauvages, argent fou, dithyrambe des patrons – fut payé un parcours que Serge July résuma un jour en trois mots : « Tout m’a profité. »
Cet ouvrage qui a plus de quinze ans ne porte guère de ride. L’auteur nous parle déjà de Finkielkraut, de BHL, de Cohn-Bendit, de Bruckner. Et déjà, il nous en dit l’essentiel. On ignore ce qu’Hocquenghem aurait écrit d’eux aujourd’hui, on sait cependant que nul ne l’écrira comme lui. Lui qui appartenait à leur très encombrante « génération » – celle des Glucksmann, des Goupil, des Plenel et des Kouchner – se hâtait toutefois de préciser : « Ce mot me répugne d’instinct, bloc coagulé de déceptions et de copinages. » Il aurait souhaité qu’elle fût moins compromise, en bloc, par les cabotinages réactionnaires et moralistes de la petite cohorte qui parasita journaux et « débats ». Il aurait essayé d’empêcher qu’on associât cette « génération »-là aux seuls contestataires qui ouvrirent un plan d’épargne contestation avec l’espoir d’empocher plus tard les dividendes de la récupération.
Renonçant aux apparences de la bienséance, de la suavité bourgeoise propres à ceux qui monopolisent les instruments de la violence sociale, Guy Hocquenghem a usé de la truculence, de la démesure. Il a opposé sa clameur à la torpeur des temps de défaite. Son livre éclaire le volet intellectuel de l’ère des restaurations. Les forces sociales qui la pilotaient il y a vingt ans tiennent encore fermement la barre ; les résistances, bien qu’ascendantes, demeurent éparses et confuses. Nous ne sommes donc pas au bout de nos peines. Les repentis ont pris de l’âge et la société a vieilli avec eux. L’hédonisme a cédé la place à la peur, le culte de l’« entreprise » à celui de la police. Favorisés par l’appât du gain et par l’exhibitionnisme médiatique, de nouveaux retournements vont survenir. Lire Guy Hocquenghem nous arme pour y répondre avec ceux qui savent désormais où ils mènent.

Serge Halimi

A écouter l'émission de Daniel Mermet "Là-bas si j'y suis" consacrée
à Hocquenghem sur
www.monde-diplomatique.fr/carnet/2008-05-30-Guy-Hocquenghem
Où l'on s'aperçoit que ce que nous vivons aujourd'hui était déjà là
en 1986, date de parution du livre. Daniel Mermet a dit : "Si vous ne
lisez qu'un livre cette année, c'est celui-là qu'il faut lire".

 

armée noire

Dans
armée noire
Syndiquer le contenu