Charles Pennequin et Armée Noire

Blog Armée Noire

 

 

armée noire en pharmacie

armée noire en pharmacie

mais c'est pas remboursé
par la sécu

perf armée noire à radio galère, marseille le 25 sept 2012

30/09/2012 - 17:58


armée noire à radio galère, marseille

 

 

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on n'est pas des bosons de Higgs dans la perf

on a affaire à des masses

à des reculs

à des résistances

le public est comme inerte et nous-même avons à soulever le couvercle

avec en-dessous la parole

la parole libre

le chant

l'air

le quelque chose qui continue

hors d'haleine

et dans un vrai déséquilibre

à tournoyer

creuser

s'enfoncer

prendre tout ce qu'on trouve et s'il n'y a rien

prendre le rien

l'empêchement de parler

le bafouillement

le blocage

l'incapacité

la grimace

la foulure

la crampe instantannée

prendre tout ça et le retourner en courage

courage à montrer la peur

la faiblesse

le trou

la faillite de soi 

tout ça le théâtre n'en veut pas

le théâtre et l'art et la mort n'en veulent pas

bosons et neutrinos

trucs qui passent à travers tout

éléments du Qi et souffle pneûma

tout ça est vrai et pourtant contredit par

une table

un verre d'eau

des estrades

la lumière

et la diplomatie des lieux

 

 

 

 

[images Benjamin Monti]

 

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ils sont tous guerriers aujourd'hui

18/09/2012 - 00:41

ils sont tous guerriers aujourd’hui, tous fous d’arguties, de batailles juridiques, de recherche de vérité, de pénibles assertions, dissertations, pétitions, connotations, élucubrations, aucun recul n’est permis, tout est mis sur le tapis, toute honte bue, tous les rapports détaillés, les transports furieux, les mises en demeures, les signatures, les contre-expertises, les lamentations, les dénonciations, les réécritures, les transports, les milieux, les salles d’attentes puis les déportations, tout est prêt à fonctionner pour faire marcher à point la guerre, les marches forcés, les destructions, les petites exaltations dans tous les camps, car tous les camps se valent, ceux de gauche et de droite et du milieu, où l’on s’enfonce dans les couffins pour déblatérer en groupe, s’indigner de telle perspective, tout est bon pour mettre au feu, on mettra au feu tel livre, on ira en découdre, on lui foutra sur la gueule, on retournera sa bagnole, sa veste, on se déplacera en foule, on lui écrasera la gueule, on démontera son magasin, on crèvera ses pneus, on le bousculera, on lui enverra des canettes au front, on lui foutera une trouille bleue, verte, la jaunisse, on lui marchera sur le pied, on le dénoncera aux autorités, on le pendra par les couilles, on lui balancera de l’acide dans les yeux et on lui trouera la bite, on le violera, on lui explosera sa gueule, on montera en puissance, on sera le peuple et les dirigeants, on pilotera des avions, des journaux, on aura des avis, on sera tour à tour général, force de l’ombre, fanatique, aigris, on aura sa place, son stand de tir, son terrain, son destin, son guide et son mort, on déclenchera les hostilités, on sera utilisés, on nous laissera faire, on se montera le bourrichon, on sera mathématicien, dialectitien, prélat, on verra le présent comme instance, on s’en foutera de la science, on sera historien, on lira des livres, on racontera des histoires, des sornettes, on s’engueulera, on s’emmêlera les pinceaux et on fera des recoupements, on traduira ça en mots, en verbes, on fera des lignes là-dessus, des discussions, des discours, on verra des salauds partout, des héros partout, des tonnes de braves, braves à force d’avoir été tant salauds, il n’y aura qu’une gauche et qu’une droite, que du blanc et du noir, tout sera rendu simple, honneur et déshonneur, civilisation, piliers, institutions, chacun la sienne, chacun sa misère, et qu’on leur foute des bombes à cette sale race, qu’on l’écrase sous l’atome, cette race-ci ou celle-là, selon les goûts, les styles, l’architecture, l’avis des ancêtres, on remuera les vieilles rancœurs, les rengaines, on chantera des chansons d’autres pays, on sera patriote, moraliste, idéologue, journaliste, sociologue, on aura la bonne conscience, le bon feeling, on dira en connaître un bout, on parlera de soi, de soi à soi, de soi à l’autre, l’autre et son double, on en causera, en catimini, on se divisera, tout le monde parlera de lui, à travers l’autre, ou par son double, on finira par voir rouge, on sera tout bleu, électriques, sourcilleux, pusillanimes, féminines, on sera pape, imam, pope, pop star, on s’écrira des trucs sur le corps, on se mettra à poil, nu sur une croix, on mettra des masques, on nous démasquera, on nous emmènera dans des lieux cachés, au secret, on nous jugera, on nous rejugera, on aura des opinions, des sensations, des idéaux, on s’insurgera, on marchera en tête de gondole, en tête de cortège, ça sera la guerre économique, la guerre de chapelle, d’archipel, on aura des bandeaux, des foulards, des billets, on fera des commentaires, on twittera, on sera rédacteur, on fera des films, on écrira des navets, on tuera l’écrivain, le prophète, l’ambassadeur, on ira en groupe, en bande, en solo, on utilisera des gaz et des coups de semonce, de sommation, on se dispersera, on reviendra en nombre, on sera le théâtre de nouveaux heurts, on sera en proie à l’insurrection, on sera émeutier, force de l’ordre, partisans en délire, organisateurs, enquêteurs, innocents et coupables, on interpellera, on soldera, on y mettra notre cœur ou notre cerveau, la bonne vieille tête, la belle idée, le bon refrain, la tambouille, on marchera tous dans la même merde et ça portera bonheur.

 cp

Les poètes sont des prête-noms

17/09/2012 - 16:35

 

Ce qu'on veut chasser dans moi c'est la bête

l'innommable bête

qui est tapie au fond

du cabanon

la vilaine grosseur qui remue

on ne sait où

et on ne sait quoi

avec son sale museau

et dont il va falloir

employer les grands moyens

pour se débarrasser

 

je suis l'espèce de l'humain

en voie de disparition

mais je ne suis pas un animal protégé

car nuisible à l'homme

je pue

j’ai des poils

je suis sale

et plein de poux

 

mes amis sont les rats

 

j’ai souvent des dents en or

et je vis comme un porc

à l'ombre de vos cités

 

l'homme est devenu un être à part

un héros ou un salaud

une sorte de brave type

(brave sans doute, à force d'avoir été tant salaud)

il tutoie l'honneur et le déshonneur

il est dans l'Instance

dans le Présent

dans l'heure H

et le jour J

il n'a que faire des cloportes

et des sans-langues

 

tout le continent aujourd'hui

et toutes les pensées et toutes

les institutions ont pris l'homme

à bras le corps

 

l'Idée est inscrite dans le marbre

et c'est au javel qu'on va nettoyer ça

ce trop

ce truc en trop

et qui pue

et qu'on appelait l'Autre

ou son double

 

 

entamer la procédure

sous un air neuf

avec des accents de jeune fille

qu'on prostitue

ou d'un vieil ours qui ne cherche

dans l'existence

qu’à tomber sur un tas de miel

 

l'art c'est aussi faire un tas

en toute innocence

et par défaut, incapacité

et parce qu'on est le dernier des couillons

une apacherie sans gauche ni droite

ni devoir ni honneur

ni saloperie sans nom

 

 

 

Long lac / blé rouge

31/07/2012 - 10:39

Elle est mutique. Devant lui. L'histoire est terminée. Pour des raisons qui sont expliquées ci devant elle. Elle est ici. Elle est mutique. L'histoire est terminée. Le début s'est déroulé au début. Au tout début. La fin s'est déroulée à la fin. A la toute fin. Elle est ici. Elle est mutique. Devant lui. L'histoire est terminée. Il ne s'explique plus. Il s'est expliqué, voilà. Il a dit. Il a articulé ce qu'il devait dire. Tout ce qu'il devait dire. Voilà tout. Voilà. Elle est mutique. Devant lui. L'histoire est terminée. Il pourrait y avoir d'autres raisons que les raisons expliquées. Il faudrait que ce soit des raisons qui résonnent dans sa bouche à elle. Il faudrait qu'elle décide d'ouvrir la bouche. Elle. Il faudrait que des mots soient formés. Des mots à elle. Il faudrait des questions. A elle.. Il faudrait une discussion à deux. Et changer cette couleur. La couleur terne de la séparation. De l'histoire terminée. Il faudrait qu'elle participe à l'explication. Il faudrait qu'elle décide d'être là. Vraiment. Il faudrait que ce soit différent. Il faudrait que ses mots, propres, participent. Il faudrait que ses yeux reviennent à ce devant, avec lui. Elle est mutique. Elle le regarde se lever. Elle est mutique. Il est là. Elle est mutique. Il ne sait pas comment lui dire au revoir. Elle est mutique. Il lui demande si c'est comme ça que ça doit être. Et c'est comme ça que ça sera. Elle est mutique. Il doit faire quoi maintenant. Il doit sans doute l'enlacer. Il l'enlace.Ne serre pas. Serre un peu. Pas beaucoup. Elle est mutique. Il dépose une bise sur sa joue droite. Elle est mutique. Il avait dit qu'ils ne se feraient jamais la bise. Il lui fait la bise. Elle est mutique. Il ramasse ses affaires. Un livre. Des lunettes. Elle est mutique.
Il s'en va. Elle s'en va.

 

chaud les mots

25/07/2012 - 12:19

 par le MLC Ronchin

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il y a toujours une idée / qui veut abolir / l'armée noire

il y a toujours une idée / qui veut abolir / l'armée noire

image et travail graphie Fabrice Poiteaux

putain de lecteur

12/07/2012 - 19:13

 

je suis un dégénéré

de la poésie

la poésie est un sac

à tract

un nœud de colère

l’ignoble moi

doit en prendre

pour son grade

et l’autre

avec

la sale race

de cet humain

blanc,

que des vagues

de boue

l’envahissent,

que sa gueule

se remplisse

de merde

qu’il soit enfin

le sac à merde

que je suis dans

mes poèmes

 

je vide mon sac

sur vous les

porcs qui lisent

car vous êtes

des porcs

à me lire

 

vous voulez vous

y retrouver alors

vous lisez la

succession de

grossierté

mes poèmes

ont toujours

été grossiers,

à gros traits,

pas finauds,

rentre-dedans

comme un

coup de boule

mes poèmes

c’est du coup

de genou dans

tes couilles,

lecteur

 

tes couilles de gentil

aryen qui

n’a rien demandé

à personne

et qui défend sa

monnaie

et sa petite

europe de

merde et

son petit

pays qui

pue la

tradition

et l’enfermement

dans la

haine. va

bouffer tes

fromages et

cuver ton

vin lecteur

et ne reviens

pas, même

mort tu ne

seras jamais

un bon lecteur

 

va cultiver tes

plantes bios

bourgeois

européen

va crever

sale végétarien

féministe et

moraliste,

ici ça

sent la

prostitution,

la sueur

des putes

ici l’écrit pute

ce n’est pas

pour toi car

toi tu vas

penser qu’on

t’a encore

enflé sur la

marchandise

ici je montre

mon cul et

mes fécalums

à ta pensée.

(tu penses à quoi, là,

tout de suite, lecteur ?)

 

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