Charles Pennequin et Armée Noire

Blog Armée Noire

 

 

le concert à radio libertaire le 30 sept 2011

03/11/2011 - 00:00

concert à radio libertaire ici

 

survie poétique d’un prof-de-merde

01/11/2011 - 22:40


stop non après nous vous allez vous pourrez vous frapper après là vous oui b bon j’ j’ai jour ire jouer çasfaipa suivez donc m moi alors tais-toi t t t silence ! allez al calmez-vous NON après oui, après âpre à vos places en silence attends, tais-toi t t t bon asseyez-vous mais m “MSIEUR” MAIS ? bon b bon ou, oui ? mais encore ? ou ? ? ? oui ! çasfaipa ouiii ! et écr écrivez oui en noir NOUS ar’ NON arrêtez bon oui ? à la suite Non, c c ka mais oui, c’est ça c CHAOS çasfaipa et, elle, cache c c CALYPSO non Gilgamesh c’est fini depuis longtemps ! mais quoi ? non, y’a une question ? une question ? ? ? un prob ? pro blême bl bl alors non, t’auras une punition çasfaipa “MSIEUR” oui bon donc parce que certes ! à la suite c’est pourqu’ qu’ quoi QUOI ? traiter qui ? trait que ? non, oui, donc, après, non là faut suivre, bref, nous reprenons prenons pr pr çasfaipa vous voyez le mot m’ comment il est form mé mais MÉTAPHORE fort f f non oui non “MSIEUR” tais-toi oui, très bien, c’est ça et ainsi oui !? ?! Non, pas d’insultes, pas là, tu t’arrêtes y’a une question ? donc, non, pas pisse pas sex x x x bref çasfaipa eh h h “MSIEUR” une interro terre au r r NON in oui, donc vous vous souvenez ? allez, j’attends, quoi, mais non, tais-toi ! toi aussi c’est pas l’moment, mais non pas érection INSURRECTION ! bon bref un çasfaipa c’est mais non après oui, à la suite, mais oui tu peux écr rire en rose ouais allez donc bon un sous soulèvement br brusque ETVIOLENT d’ d’ oui vous y êtes ? ? ? “MSIEUR” non, attends, eh patience, oui, quoi ? bon, tu peux jeter je je t’ai dis de t’asseoir, quoi ? mais mais m d’accord bon, quoi ? çasfaipa mais si ça s’fait ! tu vas voir ! ouais ! mais TAGUEULE ! oooooh ! o o o ! bon, ça va hein, oui, allez tais-toi bref nous continuons mais “MSIEUR” çasfaipa quoi des chiens ou des loups ? ou oui ou tu le taperas après ! çasfaipa “MSIEUR” non NON N n N plus de msieur et taisez-vous bref donc çasfaipa SI ! çasfaipa ton carn EH ! incarné en pun’ çasfaipa çasfaipa j’écris bon nous passons à la lecture “M’” quoi ? oui, mais attends donc p. 113 p p PUTAIN allez mais OUI mais çasfaipa çasfaipa oui, oui, plus fort PLUS F vous avez entendu ? allez qui peut non pas équipe synthé teaser quels seins ? mais non synthétiser ? ? ? certes oui ensuite ?  çasfaipa çasfaipa ça sfait et même toute la nuit ouais bref non c’est lui qui va continuer allez vous l’éc les coups tais-toi t t t vous l’écoutez mais y’a une question ? ion ion je te vois oui bah çasfaipa çasfaipa allez vous avez 10 minutes pour non mais oh le bah vas-y plus fort FAIRE mais si c’est du français ! des LETTRES ouais bah israitemps quoi ? çasfaipa çasfaipa c’est ça qui s’fait pas ! C CA ouais bon Freud ce s’ra rat pour plus tard oui, affreux non, tu arrêtes de l’insulter bref OUIII, c’est juste, vous avez entendu ? du ? quoi, mais si ! çasfaipa çasfaipa donc vous écr CRI-VEZ vais vous faire voir comment ça s’fait PUTAIN NON MAIS bref passons donc par conséquent c’est pourquoi çasfaipa çasfaipa un p p PEUPLE non y’a écrit peuple bref des insurgés qu’est-ce quispasse ? p sp ss ps OH peu importe  quelle heure ? NON mais mais y’a un problème ? une question ? çasfaipa çasfaipa allez oui mais arrête de faire le bébé b b bref, non plus tard oui bah on va pas parler de sexe à tous les cours çasfaipa çasfaipa alors oui y’aura ptet’ une QUI ? et alors ? mais ? nique qui ? quoi ? ah non, encore une fois tu le frapperas plus tard ah mais bon là faut oui à la suite plus bas pl b pl b çasfaipa çasfaipa si d’ailleurs faut le faire ! mais non pas se frapper pas non pas ENCULER en outre si vous voulez parler de sodomie il mais non tais-toi de sodomie m m ouiii ? çasfaipa çasfaipa ah bah non en effet certes donc la COMMUNE mot f f féminin oui … non une commune la quoi ? euh en fait c’était après insurrection oui après non pas sodomie çasfaipa çasfaipa mais MAIS oui alors la m non la m oui là oui mytho l l l çasfaipa çasfaipa mythologie OUI bon plus t c’est ça tu j’ jetteras rap plus tard quoi on voit mon bref et alors ? et toi bah tu oui tais-t bah çasfaipa çasfaipa à la suite non ça n’a pas sonné eh  allez tu ressors mais non tes oui oui bah je nfais qu’ça çasfaipa çasfaipa si non v v vous restez v rst allez vous t rm term tais-t terminez la f f f çasfaipa çasfaipa f f sff frrrr tsf sfrtmr c’est MALIN ! ah non ça oui, attends non ça n att t t ça n’a pas sonné donc tu con t’y nu çasfaipa çasfaipa ouais nan ouais nan bref tr tr rr bi un peu OUAIS ça s’fait en vitesse hop allez mais toi attends ATTENDS plus en v v plus envie ? oui bah y’en a ils z on peut ilzont en VIE alors quoi marre MARRE ouais moi arr' ouais je me mar' aussi eh ha laisse oui donc bon mais arrête là pas maintenant non mais m m moi aussi je m’en branle vous voulez voir comme je me BRANLE allez ouais ooooh ouais bah vous enfin tu PUTAIN çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa ah bah justement tais-toi ou j’te ooo h ouais bon continue l’ex rr r non pas l’excrément l’exercice ouais bah sinon quoi ? ah bah j’te PISSE dessus sinon bah j’vais m’gêner ouais putain c’est qu’la k ouais enfin bon oui ? calme ? où ça ? mais putain mais vous tu tu l’auras voulu put’ p p ssss oooooh oh put’ roooh çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa allez quoi la principale ouais bah le CPE ? qu ? bah on les attends OUAIS allez criez plus fort plus pl FORT ouiiii elle arrive oui ah bah avec oui plus f avec l’adj’ ouais vous quand elles arrivent tous c’est ça tr tr b très bien vous pissez tous en mm temps quoi t’as pas envie ? çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa mais OUI ça ne se fait pas ça se pisse putain AH ! ça y est toute l’adm’ est là ouais bref c’est parti mmm ouais tr b TOUTLEMONDEPISSE PIIISSS SSSSSSSSSSSSSS ouais ouah énorm’ yen a partout ouais ça ah bah oui éclabousse  çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa ouais aussss si coule pue la putain mais ouais et après tout l’monde oui bien v A POIL POILS quoi t t à p t en ap putain la principale aussi et les surveil HAN ouais surtout les surveillantes putain ouais quoi t’as pas trop de poil q pas t t t rr oh de poils en corps ? allez ouais ORGIIIIE COLLEGIALE quoi trop jeunes ? mais put’ c’est TOUT PUBLIC PUTAIN ! mais oui les parents ? ou qu q q ah bah i parti oui pisseront et oui allez faut qu’ça gicl qu’ça déborde qu’ça ouais CHAOS ouais partouze ? continuez à crier bien fort hein OUAIS c’est ça la com oui put’ waouw tu éjac’ oh put’ quoi ah bah précoc’ hein ouais put’ oh put’ COMMUNE URGENCE oui et vous allez ainsi comp nan bon ouais le auj’ tout le monde apprend le col la com’ bref le p putain putain put’ le p le PORNOLETTRISME EDUCATIF !

a peut - être un rapport::

chiens et putes,

26/10/2011 - 17:39

si je comprends bien charles pennequin, nous sommes tous des putes et des chiens? si je vous ai bien saisi, nous sommes des putes et des chiens, chiens au rabias et putes en rut, ou pute en rabaissé par des chiens qui éructent, si je vous ai bien suivi, dans votre dernier texte, votre dernière pensée votre dernière saloperie face à nous votre dernières putasserie votre chiennerie de bouquin, si j'ai bien tout saisi c'est que vous vous foutez de la gueule du monde, vous vous lâchez là, vous avez chié dans votre benne et vous nous faites lire ça, si j'ai bien tout compris votre DEMARCHE ?

toute frêle et toute dure, mais elle castagne, tout petite et hier elle avait le bras bandé, qu'est-ce qui t'es arrivé, oh j'ai juste tapé la mère d'une copine, toute petite et frêle mais elle cogne, c'est super trash elle a du être tapée par son père et en fait c'est une gamine qui supporte pas les adultes, c'est bien  ! oui c'est bien, mais moi elle me refroidissait un peu cette gamine et du coup ça a changé mon attitude, parce qu'elle tapait dessus ? non c'est parce que j'ai relu son histoire trash, cette gamine dure, et j'étais plus attentionnée, dans le fait de la mettre en valeur, comment on dit ? de la promouvoir ? si tu veux, en plus elle fait des supers trucs, et d'habitude on dirait qu'elle s'en fout y a plein de trucs qu'elle veut pas faire, je lui ai proposé de la gravure elle m'a fait une histoire, c'est une histoire de fille, une petite fille trash et dure et son bonhomme il est triste car son chat s'est transformé en lapin, mais quand tu vois la tête du chat c'est un chat à crète et le lapin fait super peur, il a les dents pourris, et son bonhomme comment elle l'a dessiné, le chat il a une crète et des percing, le lapin des dents pourris, et cette fille toute frêle et dure....

 

j'ai pas la gâle,

tant mieux

c'est une gamine trash avec des dents en moins, jean déchiré et elle parle elle est toute douce

elle dit je viens vous dire bonjour

tout gentiment tout doucement avec une voix toute douce et touchante

et pourtant super trash et qui cogne dans le lard ? non c'est pas la même

tu verrais ses dessins

et le gamin le moins cadré, il a trouvé une technique de monotype que je lui ai pas montré, il a fait une grosse merde, un animal qui doit choisir entre la merde et la carotte

super beau la merde

une grosse merde

tu vois qu'il me dit le gamin : là c'est la carotte

et là c'est la merde

en une heure il peut faire six dessins, il est à fond, il veut tout faire, et la carotte et la merde, aucun choix, au tout venant, aujourd'hui on lui a autorisé une demie heure de plus, il a essayé mais on lui a déjà accordé une demie heure

voilà j'ai plus rien à te raconter

prends du sauciflard si tu veux

les pseudos et les soi-disant

26/10/2011 - 16:21

 je n'aime pas les soi-disant philosophes qui laissent traîner trop de mots dans la société, les philosophes qui, soi-disant pour le bien de la société, pour le bien-penser sociétal, laisse passer trop de mots, je n'aime pas les soi-disant philosophes qui jouent avec nos nerfs, c'est-à-dire notre santé, nous avons la santé, cette société produit déjà suffisamment de santé pour qu'on puisse déjà jouer avec nos propres nerfs, nous sommes déjà suffisamment nerveu, c'est-à-dire en pleine santé sociétale pour qu'on nous affuble pas en plus de cette bonne diction pseudo philosophique, la bonne diction pseudo philosophique qui joue suffisamment avec notre patrimoine neuronal, avec notre soi-disant biotope humain (encore un de ces mots techno scientiste qui a loupé sa sortie), car maintenant pour agir correctement et de manière "zen", c'est-à-dire surtout assagie, raplapla du ciboulot, il faut adopter les mots qui ont été laissés pour compte, abandonnés négligemment par les soi-disant philosophes, les mots qui filtrent de la machine pseudo philosophique, machine bienséante, je vais me torcher le cul avec la bienséance, on va employer les mots qui ne conviennent pas à cette sorte de plus-value, à cette sorte de plus de santé, alors que la santé est déjà le problème numéro 1 de la société, la santé ou plus exactement la guérison, c'est-à-dire la mort, la mort est déjà ce qui sous-tend tout le discours pseudo philosophique, le discours amoindri de la philosophie de bazar, c'est-à-dire le discours hors de la philosophie et qui traîne dans toutes les rues de cette satanée société à la santé de fer, la santé est la colle de cette société et les mots des soi-disant philosophes sont l'espèce de cordeau qui relie tous ces points de colle, tous ces monticules collants, reliés par des fils que sont les mots nouveaux et techno-scientistes des soi-disant philosophes. Bien sûr, les philosophes, tout au moins certains d'entre eux, ne sont pas responsables. mais qui sont les responsables? les pseudo-philosophes premièrement et deuxièmement, tous ceux qui tentent de les remplacer pour gagner un peu plus de pouvoir sur le cheptel sociétal, le petit cheptel sociétaire de la société sociétale sur lequel ils posent un regard inquiet et condescendant, s'en est venu à un point même que tout le monde, les soi-disant politiques, les soi-disant scientifiques, les soi-disant artistes, les soi-disant metteurs en scène, les soi-disant comédiens, les pseudos pédagogues aussi, les économistes responsables, les boursicoteurs sympatoches, les militaires ou les banquiers anarcho-autonomes, les hauts fonctionnaires et même les flics sont devenus en quelque sort des soi-disant philosophes de trottoir, des putes, car les putes aussi auraient même obtenu une chair en pseudo-philosophie quelque part au fond de la forêt sociétaire, c'est-à-dire qu'elles vont vous le faire payer le petit bout de gras encore plus conséquemment, tout est pseudo philosophique, sauf certains vrais philosophes qui continuent de chercher et d'avancer à tâtons et non en chien de garde dans cette société qui est aussi un mot tiré aussi d'un bazar de pseudo philosophie, je suis un bazar aussi mais je ne crois pas un seul moment au mot, aucun de nos mots ne tiendra la route et autour non plus, l'autour des mots est trop lent, car comme disait le meilleurs d'entre tous ceux qui pensent, "la pensée c'est ce qui a de plus crétin à agiter le grelot du sens", 

 

MON IDEE

24/10/2011 - 15:21

(regarder et écouter la video tout en lisant le texte) 

Si l’autre était dans mes idées, s’il était vraiment dedans, dans moi et mes idées, si mes idées étaient de lui, si l’autre avait mis ses idées en moi, ou qu’il était moi, c’est-à-dire qu’il était avant moi dans mes idées, s’il était mes idées à lui seul, si l’autre avait tout fait pour que je sois ses idées, si l’autre voulait se donner en me donnant ses idées, si l’autre était mes idées et que ça me fasse, que je me fasse à l’idée d’être lui pour la vie, pour la vie je suis son idée, si l’autre avait des idées et que c’était moi concrètement, quand il me voit il voit ses idées, ou quand je le vois lui, je vois mes idées siennes, si nous étions tous les deux dans la même idée, si cette idée nous importait plus que le reste, que tout pouvait appartenir à la même idée, qu’il y ait une idée sans aucun bord, que nous soyons tous les deux pris dans la même idée tout le temps, que nous pataugions dedans, si l’autre avait décidé d’un commun accord avec moi de se faire à cette idée, cette idée qui est tout ce qui nous importe, tout ce qui m’importe c’est d’avoir la même idée que toi, que toi tu sois mon idée, qu’on ait la même idée qui pousse indépendamment dans chacun des cerveaux, qu’on ait deux cerveaux mais que dans le tiens il y ait la même idée que dans le mien, et que le mien semble regardé par ton idée et que mon idée regarde au dessus de toi, mon idée lorgne dans ton cerveau comme dans un livre, qu’on ait le même livre, c’est-à-dire qu’on soit à suivre la même idée à chacune des lignes, mais que cette idée ne pourrisse jamais, qu’il n’y ait pas d’idée pourrie en nos cerveaux, qu’on reste avec l’idée qu’on a la même idée, mais que cette idée change continuellement, qu’on soit surpris par l’idée de l’autre, alors que l’autre a eu la même idée, il l’a juste eu avant, ou alors il l’a pensée juste après, mais au final on a eu la même idée, au final les idées se rejoignent, au final on a fait rentrer l’autre idée en nous et au final on est rentré dans l’autre avec une idée précise, et c’est à cette idée là qu’on tient, car on ne tient pas à l’autre comme ça, il nous faut une idée particulière, il faut tenir à l’autre par l’idée qu’il a fourré en nous son idée qu’on croit être la nôtre et avec laquelle on va tenir, et on tiendra avec ça comme on pourra, jusqu’à laisser tomber cette idée, jusqu’à l’oublier, on a oublié pourquoi on tenait tant que ça à l’autre, tant que ça à son idée, on n’y tenait pas, on se disait simplement s’il y avait un autre, s’il y avait un autre auquel tenir vraiment, il faudrait simplement qu’il devance nos idées, ou qu’on ait la même idée, qu’on soit dans la même traverse, le même sillon, qu’on creuse sans se demander ce que pense l’autre, l’autre pense ce qu’il veut après tout, il est comme il est, après tout, on peut pas avoir totalement ses idées, il peut pas avoir les nôtres totalement non plus, il fait ses idées comme il veut, et après on fait les nôtres comme on veut, on fait son lit comme on se couche comme on dit, chacun chez soi, avec ses idées bien à lui, on fait chacun sa vie après tout, on a chacun nos idées et c’est pas plus mal, sinon après on se les refile, on se refile tout un stock d’idées, comme un tas d’invendus, on se refile toutes les idées qu’on veut plus, c’est ça qu’on fait le plus souvent, on se les fourre dans l’autre, on n’arrête pas de se les refiler, on lui refile ainsi toute sorte d’idées, comme si c’était des maladies

 

il a dit : moi, je suis plié de rire, point barre.

24/10/2011 - 15:00

 Voilà où j’en suis dans l’existence, ce matin même j’en étais à poursuivre les gens, les questionnant à propos d’un individu que j’avais vu surgir dans mon esprit, cet individu semblait mal dégrossi dans ma tête, il fallait que j’explore les restes de lui-même à travers le dialogue avec les autres, à travers différentes discussions qui m’amèneraient sans doute à faire perdurer mon personnage et lui donner une certaine consistance, faire émerger de la matière, comme on dit, ou comme on ne dit pas, allez savoir, en tout cas c’est ce que j’expliquais aux gens que je croisais dans la rue, je leur disais, voyez, je connais un type dont le boulot est d’être plié de rire, du matin au soir, c’était un peu maigre comme renseignement, j’en conviens, cependant j’essaie à chaque fois de compléter mes dires par différentes révélations, comme ce système qu’il avait créé de toute pièce, tout seul, dans son coin et pourtant au vu et au su de tout le monde, je m’explique ainsi avec l’homme de la rue, le passant lambda, je lui dis, voyez, c’est un type assez étrange somme toute, c’est un gars il n’a pas ses deux pieds dans le même sabot, ni un poil de crin dans la main comme on dit, il est obsédé par son affaire, du matin au soir, et son affaire voyez-vous, c’est d’être plié de rire, il fait ça sans arrêt, il s’est donné ce but dans la vie, être plié de rire du matin au soir, ce n’est pas donné à tout le monde me dit une passante, va te faire soigner m’interpelle une autre, je ne sais si on emploi encore ce terme, c’est pour ça que j’ai voulu placer le terme interpeller, il est peut-être mal à propos mais toutefois ça me convient, j’aurais pu employer d’autres termes, c’est ainsi que j’ai employé un tas de termes avec mon compagnon d’infortune, il n’est pas si infortuné que cela ceci dit, mais cette infortune c’est moi qui l’ait instituée pour les besoins de l’histoire, car en fait, il avance ainsi dans mon esprit comme nu, il lui faut l’habit des autres, les mots en quelque sorte, que je pourrais recueillir et qui me permettrait de mener plus loin mon enquête, sachez madame que cet homme, dans la force de l’âge, est une sorte de chercheur, un technologue du rire, il est en quelque sorte à l’avant-garde de quelque chose de bouleversant dont il a le secret, sachez monsieur que cet homme, dont j’ai oublié le nom, robert ? non, monsieur, il ne s’appelle sûrement pas robert, voyons, nous ne sommes plus au moyen âge, mais sachez que moi j’ai un neveu qui s’appelle robert, c’est revenu à la mode il faut vous tenir au courant ! voyez qu’il peut s’appeler robert votre foutu personnage, eh bien non, je refuse qu’il s’appelle robert, ou pierre paul jacques, en fait je sais une chose c’est qu’il a un surnom qui fait rire, ouais c’est ça et moi je m’appelle guignol, vous avez tapez dans le mille monsieur, il s’appelle guy niole, en deux mot, guy et niole comme niole, et donc ce guy niole, comme on ose l’appeler, et il ne s’est d’ailleurs jamais offusqué de ce surnom, qui lui va à ravir finalement, ce guy niole est donc un chercheur spécialisé dans le pliage du rire, il se marre à longueur de temps, du matin au soir, il est plié, comme on dit, il se plie dans le rire, comme d’autres font leur quatre cents coups, ou font leurs emplettes, ou font leur ménage, non : lui, c’est le rire, le pliage du rire, et je peux vous fiche mon billet, on ne dit pas je vous fiche mon billet, on dit ça, bien sûr que si, je l’ai entendu pas plus tard qu’hier au journal télévisé, vous regardez les infos vous ? le moins possible, ça me fout les boules, moi non plus dit cette dame, moins je m’informe mieux je me porte, eh bien sachez que cette personne, ce guy niole est très très informé, mais il est surtout informé sur le rire, c’est sa planche de salut comme on dit, c’est son sacerdoce, il a voué sa vie à être plié de rire, je vous assure, bon j’ai du boulot, faut que j’y aille, écoutez-moi encore, non vous me faites chier avec vos conneries, en plus vous ne faites rire personne avec votre guy niole, si si, bien sûr que si, je vous assure,  tout à l’heure j’ai croisé des filles, elles étaient très jeunes, elles étaient trois et je les ai fait rire sans me forcer, j’ai dit voyez c’est un type, je suis à sa recherche, il est dans ma tête mais c’est encore un peu brouillon, voudriez-vous m’aider à le compléter un peu, à lui donner une petite personnalité, quelques traits de caractères, pour le moment ce que je sais c’est qui est plié de rire à chaque moment de sa vie, il s’est fixé ce but et il y tient coûte que coûte, il veut perdurer dans cette recherche, après tout, c’est somme toute une recherche comme une autre, c’est mieux que d’aller repeindre la girafe me dit un ouvrier du bâtiment, c’est mieux que d’aller au métro et voir toutes ces gueules d’enterrement, ah ça oui madame, je vous le fais pas dire, justement ce type est en ce moment en train de faire des découvertes sensationnelles qui vont sans doute un jour ou l’autre, très prochainement on l’espère, nous faire cesser toutes ces gueules d’enterrement, mais vous aussi vous faites une gueule d’enterrement, non ? dans le métro vous ne faites pas cette gueule d’enterrement ? allons , avouez ! vous aussi vous avez cette gueule des mauvais jours, et tous les jours qui plus est, écoutez, écoutez, on n’a pas élevé les cochons ensemble, laissez-moi en paix avec votre bonhomme ! j’ai à faire, j’ai pas que ça à foutre de vous écouter déblatérer et faire chier le monde, mais vous ne croyez pas cher monsieur que cet homme, encore à l’état d’éprouvette, cet individu est un peu une sorte de forcené ? c’est un forcené du rire, il n’a qu’une ambition et une seule dans la vie, c’est être plié de rire du matin au soir, ça parait simple comme ça, tout à l’heure vous me disiez tout le monde peut le faire, certes, mais finalement personne le fait, que lui, c’est un artiste ! un équilibriste ! il est vraiment à fond dans cette quête du rire, une aventure de toute une vie et il n’est donc pas prêt de s’arrêter, car les résultats sont très probants, pas de doute que bientôt nous aurons la primeur ici même de ses travaux, à la lecture de ceux-ci nous pourrons juger sur place chez monsieur, écoutez foutez moi la paix avec votre type, dégagez le passage, laissez passer les gens s’il vous plait, écoutez monsieur de la sécurité j’ai le droit de parler aux gens, oui mais pas ici, ici c’est privé, c’est un espace privé, j’ai pas le droit de parler aux gens ? non vous n’avez pas le droit d’apostropher les gens monsieur, c’est un espace privé, même le parking est un espace privé, et le sous sol aussi, si vous voulez continuer votre enquête adressez-vous à l’accueil, ils vous feront remplir un formulaire et après vous pourrez continuer votre travail, mais pour le moment vous n’avez pas le droit, très bien je demande un formulaire et je le remplis ? oui, c’est ça, allez voir ma collègue là-bas à l’accueil et vous lui exposez le but de votre enquête, après il sera décidé, en fonction de votre travail si vous pouvez continuer à interroger les gens, vous savez c’est juste une enquête sur un personnage que j’ai dans la tête, il est plié de rire, c’est aussi son boulot, eh bien allez demander à ma collègue, elle vous donnera un formulaire à remplir, sinon vous dégagez monsieur, je ne peux pas vous laisser importuner les clients.

 

Pays de cocagne

22/10/2011 - 11:40

 Un film formidable de Pierre Etaix, "Pays de cocagne", qu'on peut télécharger à partir de ce lien :

Pierre Etaix va filmer les français en vacances, il les laisse parler, il fait rythmer ses images par des chansons interprétées par les gens eux-mêmes, il leur pose des questions sur l'érotisme, la publicité, il filme les femmes, les hommes, les pompiers, tout ça avec humour (Plein de clins d'oeil dans son film qui sont parfois sacrément caustiques !). Le cinéma d'aujourd'hui serait infoutu de réaliser une pareille chose. Pierre Etaix fait souvent penser à Tati (et dans ce film il y a une gentille dédicace à monsieur Hulot, bien sûr!), mais on oublie son côté Godard. Bien sûr c'est pas Week-end, mais c'est tout aussi féroce!

 

http://www.megaupload.com/?d=IUR5KBK6

Stéphane Nowak Papantoniou ]conseil de classe[

17/10/2011 - 13:31

 changement de la lumière – elle devient orange

[alors le grand Abderahamane – demande le Principal aux cent-yeux- mais alors qu'est-ce qu'on peut en faire - si il passe il sera perdu / redoubler il n'a plus l'âge - dix-sept ans / bon admettons - il va passer en troisième - il sera perdu mais au moins il aura moins les nerfs à vif on sait bien que sta-tis-ti-quement le redoublement ne sert à rien sauf exception 

c'est qui déjà ? ( la prof de musique au tee-shirt nénuphar -)

c'est celui qui s'est pris un clou dans la clavicule en revenant du gymnase je l'ai vu revenir clopin-clopant avec son copain on a dû l'amener à la clinique - ( le prof de sport - )

oui mais quand même fait la prof de français il est tellement crétin qu'il ne connaît même pas l'ordre de l'alphabet -

oh ben ça, conseille le Principal aux cent yeux, il faudrait voir avec l'aide aux devoirs, trouver un dispositif spécifique de re/mé/di/a/t/ion - voire même soyons fous - des cours particuliers –

il voudrait faire clarinettiste coupe la conseillère d'orientation c'est étonnant il adore le classique c'est quand même stupéfiant et rare pour un clandestin cloîtré chez lui ou parqué avec la clique de la place et leurs clients - vous ne trouvez pas ?

non mais (la prof de français répond ) si on laisse passer tous les ignares la classe l'année prochaine elle ne ressemblera à rien d'autre qu'un groupe d'analphabètes pré-adultes

un parent d'élève claironne de toutes façons ce soir je vais en parler à son père il va le bomber son fils mais alors ce qui s'appelle bomber après ça ira mieux vous allez voir ce que vous allez voir il va travailler bosser transpirer -

l'infirmière prend des notes - l'autre parent d'élève transpire

le Principal aux cent yeux recommande soyons clairs disons soyons clairvoyants - il y a quand même des problèmes de discipline je lis le dernier

RAPPORT D'INCIDENT

D'abord, Abderahamane ne répond pas à son nom lors de l'appel, il est trop occupé à bavarder et à échanger des chewing-gum avec son voisin d'à côté

Plus tard, il ne prend pas le cours sous prétexte qu'il n'a pas de stylo alors qu'il en tient un dans la main

Enfin, je note une observation de conduite dans son carnet; je relève le numéro de téléphone inscrit à l'intérieur il quitte alors la salle en me menaçant « si on me frappe vous allez voir » je lui demande de répéter - ce qu'il fait,  en mâchant bien son chewing-gum tout en articulant bien ses mots

 

le Principal aux cent yeux concède on va devoir voter alors

la prof de français - moi je m'oppose CA-TE-GO-RI-QUEMENT à son passage

la prof de musique se résigne - moi je ne m'oppose pas à la professeur de français

le prof d'anglais suit - dans ce cas je m'abstiens c'est elle qui sait mieux

 -  pendant que le Principal aux cent yeux parle avec la prof d'histoire -géo un parent d'élève se lève et il hurle « VOUS ALLEZ TOUS SAUTER§ JE SUIS BARRE D'EXPLOSIFS A VOUS CREVASSER LES ENTRAILLES§ »

et il montre sa ceinture de barrettes de dynamite la prof de musique me prend la main et tremble je lui dis du calme elle va pas s'évanouir maintenant celle-là merde 

et le  Principal aux cent yeux lui demande qui il est

l'autre répond le père de Nathan Froissac

- oui il est mort il y a deux ans quand il était en 3ème

- ah non on était pas au courant je ne suis là que depuis un an murmure le Principal aux cent yeux

le père sort un flingue et murmure il s'est suicidé

 

silence

 

on entend le cliquetis du barillet -

et vous allez terminer votre conseil de classe et je vais tous vous exploser l'un après l'autre vous allez vous taire et suivre  l'ordre du conseil - vous passez au suivant

 

le Principal aux cent yeux dit on va passer au suivant

 

silence on passe au suivant silence on passe AU SUIVANT ON PASSE silence – cliquetis - au suivant silence AU SUIVANT ON PASSE silence on passe au suivant silence on passe au suivant AU SUIVANT silence AU SUIVANT silence AU SUIVANT silence AU SUIVANT silence AU SUIVANT silence AU SUIVANT on passe silence au suivant silence AU SUIVANT on passe silence AU SUIVANT SILENCE ON PASSE silence AU SUIVANT silence au suivant silence AU SUIVANT

 

 

 

  

 

D'où vient  la fiction ?

 

 

 

 

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