Charles Pennequin et Armée Noire

blog de charles

lecture en langue des signes

28/08/2014 - 14:59

Extrait du festival Voix vives Sète juillet 2014 Association Arts Résonances Traduction Carlos Carreras

extraits de dehors (projet avant bibi)

10/03/2014 - 17:59

Je ne suis pas moi. Je suis qui. Qui est à l'intérieur de ça. Qui parle à moi. Qui me répond. Qui m'engendre et qui me renoue. Qui fait que je me sois renoué avec qui. Ou avec quoi. qui est à l'origine du malentendu de quoi. On serait à l'origine du malentendu. On en serait la cause de tous les ennuis avec ça. qu'est-ce qu'on peut savoir qu'on n'aurait pas su de suite. en se voyant. en voyant le malentendu en face. Face à soi. Ou face à ce qui ferait qu'on soit. D'après les autres. Et même d'après soi. Il nous arriverait d'y être. D'être non seulement en face mais aussi dans la face. Il arriverait qu'on soit en nous. Je veux dire en moi. je suis en moi. Ca m'arriverait de le penser. De penser que j'y sois plus que le reste. je suis roulé dedans. Roulé au sens. au sens de moi. ça n'a pas de sens. on roule en soi. on est roulé au sens de soi. le sens du soi qui n'a pas de sens. qui roule. qui roule comme au devant de nous mêmes. Voilà ce qu'on voit. Comme un devant de soi-même. Voilà où on en serait. D'après nos analyses.

Est-ce que ça sert à quelque chose de venir là dedans. Est-ce que ça nous sert d'y être. D'être en dedans. Vivant. Parfois on fait semblant. Il nous semble que parfois on n'y est pas. On prend son temps. On marche au pas. On suit tous les mouvements. On avale des bouchées. On fait tourner ses pupilles d'yeux. Pour voir si tout est là. En l'état. Sans qu'on y soit. Ca tourne normalement en rond. Le monde. Il tourne rond. Autour de nous. Et nous on ne tourne pas rond. Au fond. On est au fond et on ne tourne que quand il faut vraiment. Et même à ce momoent ça tourne qu'à moitié. Ou ça se retourne sur nous. On est comme mal tournés. C'est qu'on est tout retournés. Que ça nous retombe encore dessus. Alors qu'on s'y est mis. Pour plus avoir à y revenir. Mais faut toujours y retourner. Faut toujours qu'on nous y fasse venir. Pour voir qu'on n'y vient pas. Ou pas assez. Et qu'y faudrait qu'on vienne. Qu'on soit à nous. Et un peu plus souvent. Que ça nous vienne. Que vienne l'envie d'en être. D'être plus souvent en notre compagnie.

Comment je fais pour être des nôtre. D'être des miens. je veux dire comment je fais pour être de moi. Comment je fais pour me faire. Me faire en moi des miens. Les miens à moi. Je me refait à l'image des moi. Je suis en moi refait. Comment je fais. pour vivre à plusieurs à l'intérieur. sans pourtant sembler y être. Etre à plusieurs. Ou être seul. Je suis même pas quand je suis seul en moi. Je suis pas fait. Comment je fais pour pas y être. Ou pour y être sans sembler y demeurer. SAns faire partie des meubles. Ou tout au moins pas tout le temps. Etre en instance. Sur le qui vive. Jusqu'au trépas. Comment se fait-il qu'il me semble avoir deserté si longtemps cet être là. Et pour avoir été où. Pour avoir été crécher dans quel endroit. Puis être revenu. Comment je m'y suis à nouveau glissé dedans. Par lassitude ou par envie. Par envie d'y voir plus clair. De voir autrement en soi. D'être en soi l'autrement vu. S'y voir l'autrement vu. Comme un étranger. Surpris d'y être et d'y rester encore.

Ou comme un mort.

Un qui fait semblant. Ou qui fait vraiment. Qui fait vraiment semblant. Il semble y être pourtant. Il semble pourtant ne plus en être. Etre des nôtres en dur. C'est-à-dire en pas vraiment. En vraiment pas nous-mêmes. En vraiment pas tout dur. Le tout du dur de nous dedans ça serait lui. Le mort en vie. Comme un qui ferait de sa vie une mort. Comme un qui montrerait vraiment son mort. Son mort comme en dedans. Son mort montré comme un vivant. Et qui ferait son trou. Son trou vers le dehors. Son trou de mort par devers nous. Comme une vraie existence.

il faut que je m'y mette. C'est le moment d'y aller. D'aller vers l'endroit où on s'y met. C'est l'endroit favorable pour y aller. Pour aller mettre. On se met à plusieurs. On est plusieurs à s'y voir. On s'y est mis d'un seul. Un seul nous y a mis. Il nous tendait les bras. Il nous a laissé seul. On est resté en nombre. On y est descendu. Il nous a vu descendre. On a passé notre temps à plus savoir. On passe son temps à oublier qui on est. Comme ça c'est plus pratique. On n'a rien à pensé. Ou alors il faut tout refaire. Tout repenser refaire. Les mêmes chemins. Puisqu'on les a plus en tête. On n'a plus la tête à soi. On a la tête d'un autre. On est un autre en soi. Et c'est comme ça qu'on va. On va au plus de soi. C'est-à-dire au moins que rien. Et ça nous va. De plus aller qu'à rien. C'est comme aller de soi. On va toujours quelque part. Au moins on sait même qu'on y va. On sait où ça nous mène. Toutes ces sornettes. On sait où ça vous conduit. Toutes ces conneries. On ne peut pas s'en passer. On passe pas une heure sans y penser. On en crève de penser. De penser qu'on n'ira plus. Le jour où on voudra plus. On voudra plus de nous. Le jour où il nous fera savoir. Ou on sera tout su. Tout su d'avoir voulu savoir. Sans jamais y avoir été. Sans finalement jamais vouloir savoir. On sera tout su d'avoir rien su de nous. Voilà ce qu'on saura. On en saura pas plus. Repassez dans quelques jours. On en dira peut être un peu plus. On dira tout ce qu'on saura. On verra bien si on peut faire quelque chose pour vous.

Ca va durer encore longtemps. Dans combien de temps on va pouvoir se reposer. Dans combien de temps je vais enfin pouvoir poser mon sac. Dans combien de temps je reviendrai la dessus. sur le sac. Ou sur moi. Dans combien de temps on sera proche. On se rapproche de soi. Dans quelques temps on se touchera. On touchera un bout de soi. Et on pourra l'emmener avec nous. Dans quelques temps on pourra nous ramener. On nous ramène à nous. au bout de quelques temps.

je vais m'essayer. je vais bien. ça fonctionne bien.

mon cerveau est en état. en parfait état de marche. il fonctionne comme sur des roulettes. lorsque je m'agite c'est qu'il sait comment il faut faire. c'est qu'il sait le fin mot de l'histoire. c'est lui qui sait parfaitement où ça va encore se terminer. mon cerveau donne des ordres. tout le monde lui obéit. tous ceux qui sont en moi. tous les membres d'équipage. c'est lui qui dit comme il faut faire avec moi. c'est lui qui leur apprend. comment ils doivent bouger. comment faire dans la vie. avec moi. moi je ne sais pas comment faire. sans mon cerveau je suis perdu. je joue à qui-perd-gagne. c'est couru. si je n'ai pas mon cervau en parfait état de fonctionnement je perds les pédales. je suis perdu pour moi. comment je ferai sans ma tête. sans ma petite tête calée au fond de moi. comment je pourrais faire sans moi. si j'avais pas de tête. j'aurais pas de moi. ça serait qu'un moi d'opérette. un petit trou en dedans. pour balancer tout l'être et en finir une bonne fois. avec moi. ou avec la tête.

Pézenas

04/03/2014 - 15:20

Le 18 mars à 18 h 30

pezenas photo affiche2-2.jpg

Les Petits mots, tous les matins je suis mort de rire et autres textes en chinois.

14/10/2013 - 19:00
TRADUCTION /// Wan-Shuen TSAI   


【小詞語】

 

在找我的詞語,我的小詞語,來啊,來這裡小詞語們,來我這裡我的小詞語,它們應該還有些待在這,凹陷地,整個靠向我,請來依偎在我這,甚至進來我裡頭小詞 語們,好好躲著,待在裡頭小詞語們,別去外面,保持聯結,堆在我喉嚨深處並好好壓實,堆在我的最最底部,在我所有器官裡,一個發聲的器官,那小小嗓音堆擠 著,保持擁擠小詞語們,不要出去,不要給別人看到,待在爸爸身邊,這是小詞語們的爸爸在和你們說話噢,是你們的小爸爸你們這些小詞語,而他說了甚麼,他說 了甚麼呢小詞語的爸爸,他說待在這裡,乖乖地,安靜地,保持安靜屬於我的小詞語們,緊靠著,柔軟的,是的,像這樣是的,很好,慢慢地睡吧,靠著爸爸睡覺覺 小詞語們,爸爸要跟你們說一個故事, 爸爸會跟他的小詞語說話,爸爸有話跟它們說,爸爸會哄你們睡覺,睡吧小詞語們,來吧,從前從前...有一個很壞的大詞語,從前從前在城市裡有許多壞蛋大詞 語,裡頭有許多人,從前從前有些小詞語迷路了而那些壞人想對它們做壞事,但是因為小詞語們甚麼都不知道,小詞語們都很善良小詞語啊,因為最初全都是很善良 的小詞語們,在所有一切之初,而那些壞人們和他們的壞詞語看見了它們,壞人們想要把它們抓起來好對所有小詞語說壞話,好把一堆壞話填進它們裡面,好使它們 裡頭全竄動著壞東西,逼它們吞下以為自己得惡狠狠地跟其它所有小詞語說話,但是小詞語們抵抗著,這很難,要一個小詞語說出一堆壞話真的很難,它們是這麼地 善良,這麼地溫柔,這麼地可愛,抱抱小詞語們,抱抱睡覺覺,爸爸現在要到外面 去了,爸爸現在得去工作了,待在飽暖的家裡小詞語們,乖乖地,疊疊好,去睡睡小詞語們,在喉嚨裡睡睡,睡睡裡面爸爸。

(les petits mots)

 


【每天早上】

 (tous les matins)

 

每天早上

我起床

都笑到快死

每天早上

而且例如今天早上

我就在起床的時候笑到直不起腰

因為是這麼地好笑

而且每天早上都這樣

起來時就笑到要死

例如今早,我起來:啪

捧腹大笑

就是那麼趣味

超級好笑

而且每天早上都這樣:

是狂笑而且停不下來

有時我真的是不行了

因為甚麼都做不了只能咧嘴笑

很傷

每天早上這樣笑真的很傷

 


Ton oeil

 

Est-ce qu'on peut rencontrer tous les yeux dans un seul

tous les yeux qu'on cherche on les cherche ces yeux dans un seul

c'est un seul oeil fait de tous les yeux

c'est n'importe quels yeux

mais c'est pas n'importe quel oeil

c'est ton oeil

c'est toi dans ton oeil

c'est tout ton oeil et dedans je verrai tous les yeux

c'est ton oeil qui me fera voir comment

je peux regarder dans tous les yeux

 

 

【你的眼】(搭配圖作一張)

 

我們是否能在一隻眼裡遇見所有眼

所有我們尋找的眼我們總在同一隻眼裡找尋

是所有眼形成的一隻眼

是任何一雙眼

但卻不是任何一隻眼

是你的那隻眼

是你在你那隻眼裡

是你那隻眼的全部而在那當中我將看見所有眼

是你的眼向我展示了如何

我能夠在所有眼裡看見

 


Nous sommes pas pareils

 

Nous sommes pas pareils. Nous sommes avec nous. Et nous c’est pas pareil. pourquoi ? Pourquoi on peut pas être pareil ? On est pareil : on est dans le même trou. Et moi je voudrais parler dans ta bouche. Je voudrais penser rien qu'en parlant dans ta bouche. Je penserai à toi rien qu'en remuant la langue. Ma langue elle pense. On est tous les deux fort occupés à penser. Je remuerai en toi. Je te chercherai. Je chercherai ta bouche. Ma langue pense. On mélange nos voix comme deux petits êtres dans un organe. Le corps est qu'un tube d'où qu'on glisse. La voix nous mélange. Elle mêle notre pensée à tout notre corps. On s'emmêle en pensant. S'aimer c'est glisser dans nos langues. On se pense = on s'aime. On n'est plus qu'un organe. S'aimer c'est se sortir de l'organe par la pensée des langues qui se mêlent.

 

 

 

【我們並不相同】

 

們並不相同。我們和我們一起。但我們可不同。為甚麼呢?為何我們不能相同?人都一樣:人都在同一個洞裡。而我想在你嘴裡說話。我只想在你的嘴裡說話。我只 消轉動我的舌頭就會想起你。我的舌頭它會思想。我和舌頭都忙著思想。我在你之中攪動。我將尋找你。我將尋找你的嘴。我的舌它思想。將我們的嗓音混合就像一 個器官裡的兩個小小生命。身體僅是條管子從那裡我們滑落。嗓音混合我們。它將我們的思想纏混到全身。我們邊纏混邊思想。相愛就是滑落在我們舌中。我們相 ()()=我們相愛。我們成為唯一一個器官。相愛就是透過纏亂的舌的思想用以自器官中脫身。

 

Entretien avec A.M.

28/06/2013 - 16:47

 Entretien avec A.M. étudiante en licence 3 lettres modernes

 

Questions à Charles Pennequin

 

 

1 . Les termes de « performance poétique » posent  problème à certaines figures dudit mouvement car il enfermerait avec lui des notions théâtrales et l’idée de spectacle principalement.

Rejetez-vous en totalité ou en partie cette expression qui qualifie votre activité ? La trouvez-vous réductrice ?

 

Je ne rejette pas le mot performance poétique, puisqu’il désigne un peu mieux que le terme seul de performance ce que je peux faire devant un public. Je lui préfère cependant le terme de poésie-action ou celui plus personnel encore de « gesticulation ». Il y a beaucoup à faire cependant aujourd’hui pour mener une critique de ce qui se fait au nom de la « erf ». Tout est perf aujourd’hui, même si des interprètes ou des chorégraphes peaufinent et répètent un spectacle qui sera je pense éloigné de ce que pouvait définir le mot performance. Une performance, pour moi, n’a déjà pas besoin de public, elle est faite pour soi-même, comme écrire un texte chez soi. Je fais souvent ainsi des choses dans la ville, les transports en commun, dans ma voiture, les lieux publics, des choses en me filmant ou en m’enregistrant. Je vais lire le long des quatre voies d’un rocade par exemple, et le public c’est la voiture ou le camion a qui je lis des pages de Comprendre la vie. Une performance, si elle se déroule avec un public, elle se fait avec l’espace et les gens, c’est pour cela que le terme poésie-action est intéressant, car il concerne l’action qui se fait dans un lieu avec les autres, l’aide des autres. Celui qui mène l’action n’est pas le seul à faire vivre ce moment. De plus ça ne se répète pas, ni avant, ni après. Je connais maintenant un certain nombre de performers étrangers qui sont dans l’art-action et ils peuvent faire des performances dans toute sorte d’endroit et pour eux il s’agit d’un acte artistique qui est éphémère (et souvent à une certaine force politique). En France, la performance, de l’aveu même des spécialistes, c’est du passé, relié à soixante-dix, aux mouvements sociaux et politiques, ça prouve qu’ici il n’y a guère de renouveau dans ce domaine ! ce qui n’est pas forcément le cas ailleurs.

 

2. L’appel à la sonorité incluant bruits, onomatopées, mots criés et répétés, sémantiquement bousculés, mêlée à une gestuelle cérémoniale ou agitée, à une présence corporelle  omniprésente met le spectateur devant le spectacle d’une sorte de folie absurde qui laisse perplexe ou prête à rire.

Sachant que souvent les mouvements contestataires d’une littérature traditionnelle se sont développés sur l’enthousiasme et le rire par le non-sens ou le grossier (comme le burlesque par exemple), rire de la performance poétique est-il un effet recherché ou le résultat d’une incompréhension ou d’une gêne du public quant aux véritables enjeux ?

Parfois je pense que le rire est peut-être une manière de se protéger, car ce que ça dit au fond n’est pas toujours drôle, car un peu abrupte et disant des choses que beaucoup peuvent ressentir, sans forcément le dire. L’écriture c’est un moment qui fait jaillir des choses de soi-même, parfois même il m’arrive d’oublier d’avoir écrit tel ou tel texte et de le retrouver ensuite, il y a même parfois un petite honte qui accompagne ça, ce n’est pas une recherche et je ne me fixe aucun enjeux, la lecture public existe car elle permet une autre écriture, spatiale cette fois, de ce qui est écrit et même souvent il s’agit d’improvisations faites au dictaphone ou des videos de moments improvisés que je passe, car il y a une justesse dans ce qui est dit, dans le rythme, qui ne peut être reproduite. Je ne cherche pas à choquer, je suis seulement dans la difficulté à trouver le bon cadre, le bon cheminement entre les textes et les déplacements, à montrer des variations dans la voix, comme des moments musicaux mais qui n’ont que les mots et le sens qui forcément va avec, pour illustrer cette recherche.

 

3. Comment expliquez-vous qu’une partie du public, que ce soit une certaine élite littéraire ou un public populaire et moins averti, soit hermétique à cette forme d’expression, rejetant parfois même le terme de « poésie » pour la qualifier ?

 

J’ai rarement rencontré des gens hermétiques aux lectures, peut-être aux livres, en tout cas ceux qui sont dans le rayon poésie bizarre, mais sinon j’ai fait des lectures avec des amis dans les bars, en débarquant à l’improviste (avec l’armée noire par exemple), on présentait nos affiches, nos textes, et beaucoup de gens lisaient et étaient étonnés, cependant si on a pu faire ça avec l’armée noire à un moment donné, c’est qu’on en avait marre de lire devant un public de gens concernés qui ne nous écoutait pas ou à peine et surtout ne nous lisait pas. Le monde de l’art, de la littérature et tous les cercles prétendument savants sur ces questions, sont dans l’ensemble finalement des mondes totalement hermétiques à l’art, contre l’art même. C’est plus des luttes de pouvoir qui les animent ou des besoins sociaux, pratiques (trouver un atelier par exemple) que remuer les questions fondamentales non de l’art, mais de la vie tout court. Ce qui est dommage, c’est que dans les mouvements dits alternatifs, c’est toujours la marge qui intéresse, ou plutôt les lieux déclassés (qui se trouvent dans des quartiers pauvres). Les lieux de création qui sont dans ces endroits dits populaires, se foutent pas mal des gens qui les entourent. Ils ferment à double tour et ont peur que des arabes viennent leur voler le matériel Et je ne dis pas qu’il ne faut intéresser que des chômeurs et des analphabètes, des cadres aussi, toute sorte de gens, ceux qui regardent la télé, qui font des jeux dans les PMU, etc. je sais que la poésie que je fais peut intéresser beaucoup de monde. Je crois même qu’il faut réintroduire la poésie dans notre civilisation, mais en dehors des festivals, des printemps des poètes, des biennales faites par les communistes et qui ne se sont jamais adressées à un seul prolétaire, mais ont été uniquement créée pour publier des livres et recevoir des subventions. Il faut tout de même y croire un peu, c’est pour ça que l’association avec les autres arts, s’ils sont assez percutants, dérangeants c’est primordial. Il faut recréer aussi des forces collectives, l’idée d’une poussée combattante et vive d’une sorte de communauté, l’idée d’un collectif, même si je n’aime pas ce mot, est une idée morte en France ou dans la plupart des pays d’Europe. Les artistes tournent, ne se posent plus de question, ils font carrière. Il y a bien un endroit où ça va finir par craquer ? même si j’espère on ne retournera pas à l’esprit d’avant-garde. avant-garde = chasse gardée, groupe exclusif et excluant. La poésie est plutôt à faire par tous comme le voulait Lautréamont.

 

 

4. Pourquoi y a-t-il un tel retour à la tradition orale dans vos travaux ?

Engendre t-elle selon vous la réduction du rôle du livre ?

 

Pour moi le livre est central. c’est le point d’arrivée de quelque chose. Mais après je trouve qu’on en fait quelque chose de vraiment trop sacré. Le livre-perf ça existe très peu dans l’idée des gens, un livre c’est un passage, un moment d’arrêt, une photographie de ce qui s’est tramé durant un ou deux ans, mais ça n’est pas un objet pour l’éternité, ou alors il s’agit de moments d’éternité peut-être, mais que fixe le livre comme la lecture aussi ou l’intervention poétique peut fixer elle aussi. J’ai toujours été attiré par cette chose définie par Christian Prigent, comme étant « la voix de l’écrit ». Cependant ce n’est pas uniquement la voix de l’écrit (parfois ça l’est, quand je reprends certains textes au départ destinés au livre), c’est la voix dans bouche, le poème en bouche plutôt que dans la tête, c’est ce qui sort et qui trouve son rythme dans l’air. c’est l’obsession de cette sortie du physique, la respiration que ça donne dans tout le corps et dans la pensée, car ça aère, ça fais vivre, vivre c’est-à-dire être en pleine possession de quelque chose qui pousse à l’intérieur et c’est rare. C’est des moments particuliers où tout se rassemble pour dire quelque chose de plus vrai et qui pousse autant dans la voix du dictaphone que dans un texte écrit à toute blinde dans word.

 

 

5. J’ignore si vous avez vu le film Les Idiots de Lars Von Trier, en résumé il s’agit de personnages qui cherchent dans la régression de leur idiot enfoui en eux une façon d’être au monde plus véritable. Personnellement il m’est arrivé de penser à la philosophie de ce  film en regardant vos performances. Dans votre façon de vous exprimer il y a , semble-t-il, une régression vers un langage enfantin, plus instinctif, mais qui comporterait néanmoins les problématiques existentielles d’un adulte.

Quels enjeux cette expression si éloignée de notre langage habituel doit-elle révéler ?

 

Oui les idiots, et aussi Festen, car dans Festen, il est dit un truc énorme devant la famille. ça c’est pour la poésie qui dit des choses qu’il ne faut jamais dire à sa famille, à ses proches. Mais l’idiotie, le poème neuneu, la poésie au ras des paquerettes, se mettre plus bas que terre, se mettre honteux, ça c’est quelque chose qui m’a toujours travaillé. Ce n’est pas une régression, c’est dire qu’il y a des désirs cachés qui passent dans les mots, que chacun a sa manière bien a lui de remuer les choses dedans sa bouche, que chaque parole a un secret dedans et que ce ne sont pas que les médias qui savent tout de la parole, de la science à parler, pour moi l’armée noire c’est avant tout une invasion de parole, un grouillement des mots dont on ne veut pas entendre parler, on ne veut pas entendre parler l’enfant en soi, la femme en soi, le faible en soi, le philosophe en soi, tous les en-soi mêlés et qui veulent prendre la parole, toute les bagarres positives avec l’être et le dehors. ça mène à la joie tout ça, la jouissance arrive du fait qu’on fait exploser ce qu’on pense dans des poèmes. l’écrit c’est comme un coup de sang, de la rage en paquet. ça dit des choses et ça déborde et ça rit de l’avoir dit, car ça joue forcément avec les mots, ça joue avec les phrases, c’est tout de suite comme un instrument avec lequel on joue. L’autre fois je me suis promené dans la rue en disant Je jouis, Oui ! Oui, je jouis ! je faisait des gros ronds avec la bouche pour montrer que la bouche disait le Oui du jouit. Effectivement nous jouissons de penser, d’être dans les problèmes, de parler des problèmes, d’être tout le temps travaillé, secoués, perturbés, nous jouissons d’être emmerdés la vie durant, sinon ceux qui ne jouissent plus se suicident, ils n’en peuvent plus de jouir ainsi, en tout cas il faudrait être un tout petit peu en décalage du jouisseur que l’on est pour se rendre compte que finalement ça jouit tout de même beaucoup plus qu’on ne croit malgré le réel. La poésie dit ça, elle dit le moment où ça peut partir en vrille dans le vivant, seulement le vivant n’y croit pas, il préfère les discours des chefs, des autorités, de l’église, du patronat, il préfère en chier de la publicité et de la morale que de voir qu’il chante à tue-tête dans sa tête à longueur d’année. On ne veut pas croire au fait qu’on est des bêtes à parler et à tournoyer dans la caverne avec des torches allumées dans le noir et qu’on voit rien et qu’on danse, on ne veut rien voir de tout ça bien souvent. Sauf par moment où ça rit de bon cœur avec la pensée qui sort dans la bouche et que la bouche se mette à penser le chant et à livrer ça à l’air libre. Personne ne croit en la poésie, même moi à 95 % de mon temps je n’y crois pas, je suis éteint comme un téléviseur.

 

6. Alors que la poésie subit le désintérêt de la majorité face au roman commercial, vos performances manifestent le besoin de crier, de tordre les mots, de les répéter obsessionnellement, de les perdre dans le bruit, les cris du poètes manifestent-ils la lutte, la peur du poète qui se sait condamné ?

 

Oui et pourtant tout le monde me dit : tu devrais faire du théâtre, tu devrais écrire du roman, pourquoi tu fais pas du slam ? tu devrais rentrer dans les cases ! tu devrais te taire et mourir au final, on me dit. C’est ce que font les artistes en général, ils meurent. Après avoir lutter ils laissent tomber, la vie leur tombe des bras car tout est fait pour qu’on arrête. Les œuvres ne sont que des traces de luttes. A mon avis, et c’est pour ça que j’ai écrit Pamphlet contre la mort, les artistes sont des gens qui ont manqué de bras face à l’existence.

 

7. La poésie est-elle selon vous compatible avec la société d’aujourd’hui ? Est-elle obligée de vivre en marge de celle-ci pour toujours être de la poésie ?

 

La société d’hier ou d’aujourd’hui,… cependant aujourd’hui c’est le lieu précaire où je vis alors je dirai que c’est dur pour moi tout simplement et donc pour ce que je veux faire passer dans la société. La poésie est incompatible avec les petites peurs et les petits sentiments d’aujourd’hui, elle ne rentre pas dans les boîtes culturelles, dans les cercueil de la morale du jour, sinon elle devient obéissante et flatteuse. Il y n’y a pas à vivre à la marge, je ne me sens pas à la marge, je fais ce que je veux et je tiens toujours à affirmer que l’écriture c’est ma seule liberté. Si on me fait une commande qui ne me plait pas, parce qu’elle entrave ma liberté, je ne le fais pas, aujourd’hui beaucoup de monde dans l’édition souffre d’avoir à faire des choses qui ne leur plaise pas totalement. Pourquoi le font-ils ? Pourquoi taisent-ils certaines choses ? Il n’y a pas de carrière à mener dans l’art, mais on dirait que c’est ça qui mène le monde aujourd’hui. Pour ma part, je trouve que j’ai plutôt de la chance, je ne suis pas brimé, ma poésie peut tout de même être entendue, à la radio, sur des sites, même à la télé elle est passée ! j’ai déjà fait des performances poétiques ou des lectures pour Canal +, Arte, c’est pour dire ! Et je n’ai rien contre le fait d’aller dans toute sorte d’endroit, au contraire ! j’y vais, ça peut être un invitation pour un festival, une lecture dans un lieu prestigieux ou non, une intervention dans un endroit communautaire ou autre, l’important c’est que peut-être, dans cet endroit, il y a peut-être une personne qui entendra pour la première fois mes textes et ça changera peut-être quelque chose pour lui. Tout comme faire des livres, je connais des lecteurs pour qui ça a compté. On n’est pas encore interdits ou annulés par la force consumériste de la culture de masse. Mais la poésie que je pratique est forcément en marge car c’est déjà tout le système éducatif, tout la socle sociétal qui faudrait faire sauter pour que chacun est la possibilité et la capacité surtout de lire un livre sans trouver que c’est dur, que c’est illisible tout simplement parce qu’il n’y a pas d’alinéa, parce qu’il n’y a que des points ou pas de points, ou parce que c’est bizarre. Faire comprendre qu’ouvrir un bouquin c’est déjà vouloir tenter une expérience et non pas se vider la tête, se délasser comme devant un bon feuilleton. Moi j’aime bien les feuilletons, j’aime bien me décerveller, mais là il s’agit d’une expérience, c’est sur le qui-vive, d’être le cul entre deux chaises avec sa vie, son être, se dire je fait un parcours dans un chemin que je connais pas, une ville même, dont j’ignore le plan. C’est surtout pour ça que ce n’est pas facile. Et puis après les codes de lecture, les façons de lire. Dans le slam ils reproduisent beaucoup des tics du pire théâtre, de la pire littérature. Tout de suite, ce qui rentre dans la tête à tout le monde, c’est le pire, c’est pas le singulier, la monstruosité du soi avec sa voix, ses voix, ses façons obsessionnelles de dire. C’est plutôt la convention qui marche, l’aplanissement, l’uniformisation des façons de dire et de penser, de vivre, c’est ça qui marche à fond chez nous ! Donc tout ce qui se dira se dira de travers, de biais, à moins qu’un jour on pense renverser le système et alors on aura sans doute à faire à un dictateur, ce qui ne sera pas mieux. Car on n’est pas dans le pire des mondes, on est dans un pire encore acceptable, un pire avec des possibilités de trafiquer, bouiner, bidouiller son existence sur le côté du grand mensonge permanent.

 

8. La poésie s’adresse à tous, mais qui l’entend véritablement ?

 

Comme je l’ai dit, j’ai fait des choses dans des endroits et quand je revenais plusieurs mois après c’était le technicien de l’endroit qui m’en parlait encore, tellement ça l’avait marqué (il ne lit peut-être jamais de poésie). Ou alors, une fois je suis intervenu dans une école et les élèves avaient mis comme annonce du répondeur, sur leur portable, le texte sonore J’te ramène. Je ne peux pas vraiment répondre à cette question car parfois quelqu’un me parle d’un de mes livres et je suis toujours surpris, car je n’ai pas vécu ce moment avec lui, je ne sais rien de ce que le lecteur a vraiment ressenti à ce moment-là, je me demande même s’il ne se trompe pas de personne, en fait il devrait en parler au livre, ou alors à cet auteur que je ne suis pas toujours, je ne suis pas toujours l’auteur de mes livres, je veux dire par là que je les oublie aussi, j’en redécouvre d’autres, d’autres écrits, qui peut alors prétendre entendre de la poésie du coup ? Qu’on l’entende ou pas, bien souvent mon tracas c’est qu’on n’y croit pas, on ne croit pas en cette manière en tout cas de tordre le langage et de lui faire dire ce qu’il est réellement, une manière de sonner dans le sens, une façon de plier la bouche pour faire siffler plus justement ce qui est dit. Car c’est du dire, c’est du vrai dire, ça dit vraiment en dehors des clous du discours. Le discours est pour moi parfois impossible, c’est pour cela je crois que je me méfie des gens qui théorisent, qui font un arrêt dans la poésie pour poser une réflexion, la réflexion est mêlée au chant, la réflexion c’est du chant et de la pensée mêlée, vive les philosophes qui écrivent des concepts qui ne servent à rien ! C’est ça qu’on devrait entendre  pour éviter encore une fois de revivre les 20 siècles qui viennent de passer, grâce à l’église, au pouvoir politique et aussi à une certaine philosophie. Il faut lire ce que dit Louis Ucciani à sujet, quand il parle de Fourier, il en parle très bien de ce philosophe inutilisable. La poésie est inutilisable aussi, ou alors utile pour démonter avec les autres arts et la pensée, les outils de la communication, de la morale, du soi disant bien être, de tous les codes de la société qui nous font vivre dans le mensonge. La poésie pour qui l’entend, ça peut être une joie, une façon de vivre, une manière de revoir sa vie, du coup celui qui l’entend vraiment ça peut faire une faille dans sa vie, à un moment donné il va falloir choisir. C’est comme subir un an de psychanalyse peut-être. Quand j’ai décidé de faire la saut dans la poésie, c’est-à-dire de ne plus la vivre de manière cachée, honteuse, j’étais au départ mal dans ma peau toute la journée, je sentais ce trou là qui allait se creuser entre moi et ma vie d’alors.

 

 

9. Pour finir, quels sont les poètes traditionnels, j’entends par là plus « classiques » dans la façon de dire, vous ont marqués ?

 

Les poètes plus classiques sont Rimbaud, Lautréamont, Verlaine, Artaud, Appolinaire, Péguy, Michaux. Après j’ai été marqué aussi par les prosateurs, qui pour moi font tout autant de la poésie, comme Céline ou Beckett, Thomas Bernhard aussi, très important !

J’en oublie sans doute. Après j’ai été marqué par des poètes tels que Gil Wolman, car c’est un poète pour moi très important, ou par Nijinski, Pierre Albert-Birot, puis Heidsieck, Prigent. Après j’ai été marqué par ma génération, en premiers de laquelle je mettrai Christophe Tarkos, Nathalie Quintane, Stéphane Bérard, Katalin Molnar, Vincent Tholomé. Puis les autres générations après aussi. Edith Azam, Jérôme Bertin, Antoine Boute, etc.

 

10 . Il est certain que je suis passée à côté de questions essentielles, peut-être voulez-vous ajouter quelque chose d’important sur le sujet que j’aurais omis de demander ?

 

l’armée noire. j’en ai parlé, un peu. C’est une idée avec des amis. ça vient de ce que me disait ma mère et qui se disait dans le nord, dans le cambrésis en tout cas.

Elle me disait : fréquente pas ces gens-là, c’est d’l’armée noire.

 

C’est-à-dire des gens qui se lavent pas, ils sont noirs de sale, ils sont nombreux, ils grouillent comme une armée. Voilà, l’idée qu’en fait l’art peut être vécu par ce qui le font mais pas seulement, tout le monde fait de l’art, tout le monde durant une soirée fera de la sérigraphie, dira des choses, chantera, écrira sur les murs, sur les feuilles, etc. c’est finalement pas très courant ce que propose l’armée noire, pas très courant dans les modes de transmission de l’art, la poésie, qui se fait bien souvent de manière très classique.

 

 

le martien n'a plus peur de rien (mp3)

22/03/2013 - 15:45

 les deux sons à écouter en même temps, si possible...

ton pain

11/01/2013 - 13:10

 ...

perf armée noire à radio galère, marseille le 25 sept 2012

30/09/2012 - 17:58


armée noire à radio galère, marseille

 

 

+++++++++++++++++++++++++++++++

 

 

on n'est pas des bosons de Higgs dans la perf

on a affaire à des masses

à des reculs

à des résistances

le public est comme inerte et nous-même avons à soulever le couvercle

avec en-dessous la parole

la parole libre

le chant

l'air

le quelque chose qui continue

hors d'haleine

et dans un vrai déséquilibre

à tournoyer

creuser

s'enfoncer

prendre tout ce qu'on trouve et s'il n'y a rien

prendre le rien

l'empêchement de parler

le bafouillement

le blocage

l'incapacité

la grimace

la foulure

la crampe instantannée

prendre tout ça et le retourner en courage

courage à montrer la peur

la faiblesse

le trou

la faillite de soi 

tout ça le théâtre n'en veut pas

le théâtre et l'art et la mort n'en veulent pas

bosons et neutrinos

trucs qui passent à travers tout

éléments du Qi et souffle pneûma

tout ça est vrai et pourtant contredit par

une table

un verre d'eau

des estrades

la lumière

et la diplomatie des lieux

 

 

 

 

[images Benjamin Monti]

 

mallarmenoire.JPG
laule.JPG

l'amitié... petite lettre écrite en lisant "autopsie du dehors", de jann-marc rouillan

22/04/2012 - 13:38

       merci jann-marc rouillan, car sans toi je n'aurais pas penser à écrire un livre, je n'aurais pas eu l'idée d'un livre où j'apprends à dire lentement les choses, un livre où je vais parler des amitiés, des amis et des ennemis, grâce à ton livre "autopsie du dehors", j'ai pensé à l'amitié profonde. j'ai pensé à ces deux mots associés : "amitié", "profonde". et ça m'a fait cogiter. est-ce que j'ai eu de vraies et sincères amitiés? quelles sont mes amitiés profondes? n'est-ce pas dans l'amitié profonde que naît aussi la colère, la haine et puis l'amerdume. oui, on a été ami, on n'est plus ami, ou alors on n'est plus ami que d'une image, d'un passé. ami des ombres. merci rouillan car souvent tu parles des gens et tout de suite, en deux mots, ils sont magnifiés. mais lorsque j'ai pensé à l'amitié, j'y ai vu des livres. l'amitié pour des livres et pour la personne dedans qui les a écrits. parfois cette personne est donc prisonnière de ces livres-là. l'amitié est maintenant pour moi essentiellement dans le souvenir. est-ce que j'ai encore des amis ("potos", comme disent certains personnages de ton livre) ? je veux dire : est-ce que je suis encore capable d'être bouleversé par quelqu'un, quelqu'un qui changerait ma façon de penser, qui m'encoragerait (et dans "encourager" il y a rage) à revoir ma copie du vivant, à faire autre chose de moi, à partir à l'assaut sans savoir vraiment ce que je fais, à être brouillon à en piquer un fard, à pas savoir expliquer, à être nul sans en faire tout un programme artistique, sans posture puisque complètement dépossédé, essayant juste d'apprendre à écrire et à vivre, à nouveau. toi, c'est ce que tu fais. "autopsie du dehors" (al dante, les illustrations sont de mc cordat), c'est vraiment l'histoire de quelqu'un qui réapprend à vivre, c'est-à-dire à écrire, car c'est par ce biais-là que passe ton inquiétude : "l'agencement d'une phrase entre deux points est (aussi)  une prison", écris-tu page 66 de ton livre. merci donc, pour ce livre que j'aime lire et qui me donne des élans et un début de courage. car si j'ai du courage, j'écrirai sur l'amitié (j'aurais des amis).

Texte sur le livre de Cécile Richard, Marie Bornasse, publié dans la Vie Manifeste

21/04/2012 - 16:50

 

 

 

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TOM NISSE

12/04/2012 - 13:52

L’art de vivre

 
Depuis un temps déjà
je ne supporte plus vrai
-ment la bête humaine
mais des jours c’est pire
et ce soir-là à deux
échoués à Lille le gars
à la gare un psychologue
de la manche les pavés
m’entrecoupent la vue
une horde de cagoles chtis
fières de se faire klaxonner
à deux le soir paumés vrai
-ment tellement paumés que
rien ne peut nous arriver
et la mort encore proche
où zone l’Armée Noire ?
mais la bière y est belge
quartier sympa grave rade
les pavés la vue entrecoupée
on dirait du flow médiéval
on dirait que deux heures ici
suffisent pour s’embourgeoiser
la vinasse fait boiter le petit
vieux (amour de l’humanité)
et ce soir-là elle seule
rejette le père le tyran
et puis place à l’oignon
à l’hydromel au gratte-cul
et la nuit sur cour coriace
nous dormirons près des deals.
 
16.03.12
pour Charles Pennequin

 

JE PUS

Dans
20/03/2012 - 20:25

 (texte pour Dominique Jégou)

 

 

 

je pus

je pus mais

je pus peu

j’aurais pu pouvoir

j’ai même bien pu un peu

mais je pus toujours que peu

toujours trop peu je pus

et maintenant tout pareil

pareil maintenant que le pus d’hier

le pus peu et le peu plus

pas plus

le peu qu’il put pas plus que le peut peu

ou : pus peu

pus peu pas plus

car le peut peu encore moins

que du pus peu peut-être

pas pus plus hier

et moins que demain

moins de peut peu ou pas trop plus

j’ai pas trop plus de peu

que quand j’avais pu peu

tout ça trop peu

et aujourd’hui

aujourd’hui je peux peu tout pareil

voire pire

c’est pire que quand je pouvais peu

car quand je pouvais peu déjà

j’en pouvais plus

déjà quand je pus peu

j’avais conscience de tout ce peu

qui pourrait moins

encore bien moins

que le pus peu d’hier

tout le pourra de demain

car déjà aujourd’hui

j’en suis réduit à très peu de peu

aujourd’hui je peux encore moins que peu

aujourd’hui c’est peau de balle

si on veut plus que peu

même moins que peu on pourrait plus

on peut déjà presque plus

on est rendu au moins que pis

et c’est à prendre ou à laisser

et ça laisse peu de place à plus

et déjà c’est plus que peu

c’est plus que peu et c’est pas peu de le dire

pauvros - ça veut dire quoi causer

16/01/2012 - 18:47

 avec jf pauvros 

pour Causer la france (prise directe)

poème sonore

16/01/2012 - 18:44

 avec jf pauvros

nous sommes des chiens

16/01/2012 - 18:42

 avec Cécile Duval

les pseudos et les soi-disant

26/10/2011 - 16:21

 je n'aime pas les soi-disant philosophes qui laissent traîner trop de mots dans la société, les philosophes qui, soi-disant pour le bien de la société, pour le bien-penser sociétal, laisse passer trop de mots, je n'aime pas les soi-disant philosophes qui jouent avec nos nerfs, c'est-à-dire notre santé, nous avons la santé, cette société produit déjà suffisamment de santé pour qu'on puisse déjà jouer avec nos propres nerfs, nous sommes déjà suffisamment nerveu, c'est-à-dire en pleine santé sociétale pour qu'on nous affuble pas en plus de cette bonne diction pseudo philosophique, la bonne diction pseudo philosophique qui joue suffisamment avec notre patrimoine neuronal, avec notre soi-disant biotope humain (encore un de ces mots techno scientiste qui a loupé sa sortie), car maintenant pour agir correctement et de manière "zen", c'est-à-dire surtout assagie, raplapla du ciboulot, il faut adopter les mots qui ont été laissés pour compte, abandonnés négligemment par les soi-disant philosophes, les mots qui filtrent de la machine pseudo philosophique, machine bienséante, je vais me torcher le cul avec la bienséance, on va employer les mots qui ne conviennent pas à cette sorte de plus-value, à cette sorte de plus de santé, alors que la santé est déjà le problème numéro 1 de la société, la santé ou plus exactement la guérison, c'est-à-dire la mort, la mort est déjà ce qui sous-tend tout le discours pseudo philosophique, le discours amoindri de la philosophie de bazar, c'est-à-dire le discours hors de la philosophie et qui traîne dans toutes les rues de cette satanée société à la santé de fer, la santé est la colle de cette société et les mots des soi-disant philosophes sont l'espèce de cordeau qui relie tous ces points de colle, tous ces monticules collants, reliés par des fils que sont les mots nouveaux et techno-scientistes des soi-disant philosophes. Bien sûr, les philosophes, tout au moins certains d'entre eux, ne sont pas responsables. mais qui sont les responsables? les pseudo-philosophes premièrement et deuxièmement, tous ceux qui tentent de les remplacer pour gagner un peu plus de pouvoir sur le cheptel sociétal, le petit cheptel sociétaire de la société sociétale sur lequel ils posent un regard inquiet et condescendant, s'en est venu à un point même que tout le monde, les soi-disant politiques, les soi-disant scientifiques, les soi-disant artistes, les soi-disant metteurs en scène, les soi-disant comédiens, les pseudos pédagogues aussi, les économistes responsables, les boursicoteurs sympatoches, les militaires ou les banquiers anarcho-autonomes, les hauts fonctionnaires et même les flics sont devenus en quelque sort des soi-disant philosophes de trottoir, des putes, car les putes aussi auraient même obtenu une chair en pseudo-philosophie quelque part au fond de la forêt sociétaire, c'est-à-dire qu'elles vont vous le faire payer le petit bout de gras encore plus conséquemment, tout est pseudo philosophique, sauf certains vrais philosophes qui continuent de chercher et d'avancer à tâtons et non en chien de garde dans cette société qui est aussi un mot tiré aussi d'un bazar de pseudo philosophie, je suis un bazar aussi mais je ne crois pas un seul moment au mot, aucun de nos mots ne tiendra la route et autour non plus, l'autour des mots est trop lent, car comme disait le meilleurs d'entre tous ceux qui pensent, "la pensée c'est ce qui a de plus crétin à agiter le grelot du sens", 

 

MON IDEE

24/10/2011 - 15:21

(regarder et écouter la video tout en lisant le texte) 

Si l’autre était dans mes idées, s’il était vraiment dedans, dans moi et mes idées, si mes idées étaient de lui, si l’autre avait mis ses idées en moi, ou qu’il était moi, c’est-à-dire qu’il était avant moi dans mes idées, s’il était mes idées à lui seul, si l’autre avait tout fait pour que je sois ses idées, si l’autre voulait se donner en me donnant ses idées, si l’autre était mes idées et que ça me fasse, que je me fasse à l’idée d’être lui pour la vie, pour la vie je suis son idée, si l’autre avait des idées et que c’était moi concrètement, quand il me voit il voit ses idées, ou quand je le vois lui, je vois mes idées siennes, si nous étions tous les deux dans la même idée, si cette idée nous importait plus que le reste, que tout pouvait appartenir à la même idée, qu’il y ait une idée sans aucun bord, que nous soyons tous les deux pris dans la même idée tout le temps, que nous pataugions dedans, si l’autre avait décidé d’un commun accord avec moi de se faire à cette idée, cette idée qui est tout ce qui nous importe, tout ce qui m’importe c’est d’avoir la même idée que toi, que toi tu sois mon idée, qu’on ait la même idée qui pousse indépendamment dans chacun des cerveaux, qu’on ait deux cerveaux mais que dans le tiens il y ait la même idée que dans le mien, et que le mien semble regardé par ton idée et que mon idée regarde au dessus de toi, mon idée lorgne dans ton cerveau comme dans un livre, qu’on ait le même livre, c’est-à-dire qu’on soit à suivre la même idée à chacune des lignes, mais que cette idée ne pourrisse jamais, qu’il n’y ait pas d’idée pourrie en nos cerveaux, qu’on reste avec l’idée qu’on a la même idée, mais que cette idée change continuellement, qu’on soit surpris par l’idée de l’autre, alors que l’autre a eu la même idée, il l’a juste eu avant, ou alors il l’a pensée juste après, mais au final on a eu la même idée, au final les idées se rejoignent, au final on a fait rentrer l’autre idée en nous et au final on est rentré dans l’autre avec une idée précise, et c’est à cette idée là qu’on tient, car on ne tient pas à l’autre comme ça, il nous faut une idée particulière, il faut tenir à l’autre par l’idée qu’il a fourré en nous son idée qu’on croit être la nôtre et avec laquelle on va tenir, et on tiendra avec ça comme on pourra, jusqu’à laisser tomber cette idée, jusqu’à l’oublier, on a oublié pourquoi on tenait tant que ça à l’autre, tant que ça à son idée, on n’y tenait pas, on se disait simplement s’il y avait un autre, s’il y avait un autre auquel tenir vraiment, il faudrait simplement qu’il devance nos idées, ou qu’on ait la même idée, qu’on soit dans la même traverse, le même sillon, qu’on creuse sans se demander ce que pense l’autre, l’autre pense ce qu’il veut après tout, il est comme il est, après tout, on peut pas avoir totalement ses idées, il peut pas avoir les nôtres totalement non plus, il fait ses idées comme il veut, et après on fait les nôtres comme on veut, on fait son lit comme on se couche comme on dit, chacun chez soi, avec ses idées bien à lui, on fait chacun sa vie après tout, on a chacun nos idées et c’est pas plus mal, sinon après on se les refile, on se refile tout un stock d’idées, comme un tas d’invendus, on se refile toutes les idées qu’on veut plus, c’est ça qu’on fait le plus souvent, on se les fourre dans l’autre, on n’arrête pas de se les refiler, on lui refile ainsi toute sorte d’idées, comme si c’était des maladies

 

il a dit : moi, je suis plié de rire, point barre.

24/10/2011 - 15:00

 Voilà où j’en suis dans l’existence, ce matin même j’en étais à poursuivre les gens, les questionnant à propos d’un individu que j’avais vu surgir dans mon esprit, cet individu semblait mal dégrossi dans ma tête, il fallait que j’explore les restes de lui-même à travers le dialogue avec les autres, à travers différentes discussions qui m’amèneraient sans doute à faire perdurer mon personnage et lui donner une certaine consistance, faire émerger de la matière, comme on dit, ou comme on ne dit pas, allez savoir, en tout cas c’est ce que j’expliquais aux gens que je croisais dans la rue, je leur disais, voyez, je connais un type dont le boulot est d’être plié de rire, du matin au soir, c’était un peu maigre comme renseignement, j’en conviens, cependant j’essaie à chaque fois de compléter mes dires par différentes révélations, comme ce système qu’il avait créé de toute pièce, tout seul, dans son coin et pourtant au vu et au su de tout le monde, je m’explique ainsi avec l’homme de la rue, le passant lambda, je lui dis, voyez, c’est un type assez étrange somme toute, c’est un gars il n’a pas ses deux pieds dans le même sabot, ni un poil de crin dans la main comme on dit, il est obsédé par son affaire, du matin au soir, et son affaire voyez-vous, c’est d’être plié de rire, il fait ça sans arrêt, il s’est donné ce but dans la vie, être plié de rire du matin au soir, ce n’est pas donné à tout le monde me dit une passante, va te faire soigner m’interpelle une autre, je ne sais si on emploi encore ce terme, c’est pour ça que j’ai voulu placer le terme interpeller, il est peut-être mal à propos mais toutefois ça me convient, j’aurais pu employer d’autres termes, c’est ainsi que j’ai employé un tas de termes avec mon compagnon d’infortune, il n’est pas si infortuné que cela ceci dit, mais cette infortune c’est moi qui l’ait instituée pour les besoins de l’histoire, car en fait, il avance ainsi dans mon esprit comme nu, il lui faut l’habit des autres, les mots en quelque sorte, que je pourrais recueillir et qui me permettrait de mener plus loin mon enquête, sachez madame que cet homme, dans la force de l’âge, est une sorte de chercheur, un technologue du rire, il est en quelque sorte à l’avant-garde de quelque chose de bouleversant dont il a le secret, sachez monsieur que cet homme, dont j’ai oublié le nom, robert ? non, monsieur, il ne s’appelle sûrement pas robert, voyons, nous ne sommes plus au moyen âge, mais sachez que moi j’ai un neveu qui s’appelle robert, c’est revenu à la mode il faut vous tenir au courant ! voyez qu’il peut s’appeler robert votre foutu personnage, eh bien non, je refuse qu’il s’appelle robert, ou pierre paul jacques, en fait je sais une chose c’est qu’il a un surnom qui fait rire, ouais c’est ça et moi je m’appelle guignol, vous avez tapez dans le mille monsieur, il s’appelle guy niole, en deux mot, guy et niole comme niole, et donc ce guy niole, comme on ose l’appeler, et il ne s’est d’ailleurs jamais offusqué de ce surnom, qui lui va à ravir finalement, ce guy niole est donc un chercheur spécialisé dans le pliage du rire, il se marre à longueur de temps, du matin au soir, il est plié, comme on dit, il se plie dans le rire, comme d’autres font leur quatre cents coups, ou font leurs emplettes, ou font leur ménage, non : lui, c’est le rire, le pliage du rire, et je peux vous fiche mon billet, on ne dit pas je vous fiche mon billet, on dit ça, bien sûr que si, je l’ai entendu pas plus tard qu’hier au journal télévisé, vous regardez les infos vous ? le moins possible, ça me fout les boules, moi non plus dit cette dame, moins je m’informe mieux je me porte, eh bien sachez que cette personne, ce guy niole est très très informé, mais il est surtout informé sur le rire, c’est sa planche de salut comme on dit, c’est son sacerdoce, il a voué sa vie à être plié de rire, je vous assure, bon j’ai du boulot, faut que j’y aille, écoutez-moi encore, non vous me faites chier avec vos conneries, en plus vous ne faites rire personne avec votre guy niole, si si, bien sûr que si, je vous assure,  tout à l’heure j’ai croisé des filles, elles étaient très jeunes, elles étaient trois et je les ai fait rire sans me forcer, j’ai dit voyez c’est un type, je suis à sa recherche, il est dans ma tête mais c’est encore un peu brouillon, voudriez-vous m’aider à le compléter un peu, à lui donner une petite personnalité, quelques traits de caractères, pour le moment ce que je sais c’est qui est plié de rire à chaque moment de sa vie, il s’est fixé ce but et il y tient coûte que coûte, il veut perdurer dans cette recherche, après tout, c’est somme toute une recherche comme une autre, c’est mieux que d’aller repeindre la girafe me dit un ouvrier du bâtiment, c’est mieux que d’aller au métro et voir toutes ces gueules d’enterrement, ah ça oui madame, je vous le fais pas dire, justement ce type est en ce moment en train de faire des découvertes sensationnelles qui vont sans doute un jour ou l’autre, très prochainement on l’espère, nous faire cesser toutes ces gueules d’enterrement, mais vous aussi vous faites une gueule d’enterrement, non ? dans le métro vous ne faites pas cette gueule d’enterrement ? allons , avouez ! vous aussi vous avez cette gueule des mauvais jours, et tous les jours qui plus est, écoutez, écoutez, on n’a pas élevé les cochons ensemble, laissez-moi en paix avec votre bonhomme ! j’ai à faire, j’ai pas que ça à foutre de vous écouter déblatérer et faire chier le monde, mais vous ne croyez pas cher monsieur que cet homme, encore à l’état d’éprouvette, cet individu est un peu une sorte de forcené ? c’est un forcené du rire, il n’a qu’une ambition et une seule dans la vie, c’est être plié de rire du matin au soir, ça parait simple comme ça, tout à l’heure vous me disiez tout le monde peut le faire, certes, mais finalement personne le fait, que lui, c’est un artiste ! un équilibriste ! il est vraiment à fond dans cette quête du rire, une aventure de toute une vie et il n’est donc pas prêt de s’arrêter, car les résultats sont très probants, pas de doute que bientôt nous aurons la primeur ici même de ses travaux, à la lecture de ceux-ci nous pourrons juger sur place chez monsieur, écoutez foutez moi la paix avec votre type, dégagez le passage, laissez passer les gens s’il vous plait, écoutez monsieur de la sécurité j’ai le droit de parler aux gens, oui mais pas ici, ici c’est privé, c’est un espace privé, j’ai pas le droit de parler aux gens ? non vous n’avez pas le droit d’apostropher les gens monsieur, c’est un espace privé, même le parking est un espace privé, et le sous sol aussi, si vous voulez continuer votre enquête adressez-vous à l’accueil, ils vous feront remplir un formulaire et après vous pourrez continuer votre travail, mais pour le moment vous n’avez pas le droit, très bien je demande un formulaire et je le remplis ? oui, c’est ça, allez voir ma collègue là-bas à l’accueil et vous lui exposez le but de votre enquête, après il sera décidé, en fonction de votre travail si vous pouvez continuer à interroger les gens, vous savez c’est juste une enquête sur un personnage que j’ai dans la tête, il est plié de rire, c’est aussi son boulot, eh bien allez demander à ma collègue, elle vous donnera un formulaire à remplir, sinon vous dégagez monsieur, je ne peux pas vous laisser importuner les clients.

 

l'écrit libre

03/10/2011 - 00:00
john giotto

 

 

ce matin je descends de bonne humeur, je vais prendre mon petit déjeuner de bonne humeur ce matin, car ce matin j'ai pris ma décision, j'ai trouvé tout seul, j'ai pris ma résolution et ma décision et mon courage à deux mains ce matin, c'est le bon jour pour bien se réveiller et prendre de bonnes résolutions, quand on est de bonne humeur une bonne idée pousse dans la tête et on est content, on a trouvé de quoi remplir sa journée, toutes les journées ne se remplissent pas pareil, la plupart des journées se remplissent très mal, mais là est une journée qui promet d'être bien remplie, j'aurais mon content d'images, mon content de bons souvenirs, il faut que je me débarrasse de tous mes professeurs, c'est à ça que j'ai pensé, il faut que j'aille visiter toutes les écoles où j'étais pensionnaire et que je tue un par un tous les professeurs que j'ai eu, ça c'est une bonne idée pour une bonne journée qui se présente bien, je vais prendre la voiture, je vais filer vers les écoles où j'étais pensionnaire et je vais me renseigner pour savoir où se trouve tel professeur, où se trouve le professeur en question, dans quelle salle, à quel endroit, s'il ne se trouve pas dans l'école j'irai le chercher chez lui, j'irai le prendre par la peau du cul et je le tuerai hors de chez lui, dans la rue, je tuerai tous les professeurs dans la rue, c'est-à-dire dans un endroit où ils ne tentent jamais d'exercer leur art, car leur art est d'agresser les jeunes étudiants dans des salles de cours, leur art est de salir la conscience de toutes ces petites têtes qui n'ont rien demandé à personne, et surtout pas d'être instruite aussi salement, aussi dégueulassement comme je l'ai été, ce matin je me suis réveillé et j'ai directement pensé à ce directeur qui m'avait fichu à la porte de son bureau, j'ai aussi pensé à ce professeur de sciences naturelles qui m'a giflé pour une faute, taureau il s'appelait, je vais commencer par le tuer lui, avant le dirlo je tuerai taureau, car taureau c'est bien pour commencer la corrida libre, une vraie corrida improvisée avec toutes ces bêtes à cornes qu'on ose appeler professeurs, car les professeurs ne savent rien, regardez bien dans les yeux vos professeurs, regardez les bien, froidement, dans les yeux, fixez bien votre regard et ne détournez pas la tête, regardez les fixement et tranquillement, pendant longtemps, regardez les et vous verrez ainsi la peur dans leur visage, vous les avez ainsi démasqués : ils ne savent rien ! ils ont vu dans votre regard que vous saviez qu'ils ne savaient rien. ce matin je suis bien parti, de bon pied, bon pied bon œil, pour aller massacrer tous ces imbéciles qui se disent être mes profs, je n'ai plus de profs, je ne veux plus être pensionnaire et me taper ces cons qui demandent qu'on les soutiennent à longueur d'année, car ne croyez pas que c'est vous qui devez apprendre, c'est eux qui doivent être rassurés et pour cela il leur faut une classe complète de jeunes gens pour les soumettre à la fausse vie, la fausse vie et le faux sentiment, la fausse profondeur et la fausse parole, ce matin je vais prendre la route, une longue et belle route, il fait beau, je vais pouvoir ouvrir le carreau et contempler le paysage, je prends la route que je prenais toujours pour aller voir ces professeurs, pour qu'ils me traînent dans la boue de leur savoir, leur savoir tout crotté d'imbécillités les plus crasses, je n'ai rien appris du tout avec tous ces professeurs et en plus je me suis fait insulté, je me suis fait rouer de coups, je me suis vu traité plus bas que terre, par exemple par ce professeur qui déformaient mon nom pour le ridiculiser, ou ce professeur qui passait derrière moi, juste derrière ma chaise et qui me disait calmement c'est bien, c'est joli, c'est bien écrit, c'est tout beau qu'il me disait tout gentiment, avant de me coller une grande gifle et de m'indiquer avec son doigt que j'avais fauté, j'avais mal recopié, va au tableau maintenant me dit taureau, je tuerai ce taureau, je le tuerai devant le tableau, devant tous ses collègues, j'emmènerai la petite tribu, le petit troupeau de moutons de professeurs ignares dehors dans la rue et je tuerai le taureau devant tous les autres moutons de professeurs ignares, mais pour le moment je dois prendre mon petit déjeuner, je dois me couper quelques tartines et mettre de la bonne confiture, de la confiture à la rhubarbe et au citron, je dois bien manger et bien penser à taureau, je penserai aussi à madame labiche, cette professeur d’anglais en quatrième et qui voulait me faire rentrer dans le crâne qu’une patate était différente d’une pomme de terre, lorsque j’irai la trouver je lui poserai encore la question, quelle est la différence entre une patate et une pomme de terre et elle ne saura toujours pas répondre, elle dira je ne sait pas mais c’est comme ça, une patate et une pomme de terre ça n’est pas pareil, c’est tout, mais là je ne la laisserai pas me baratiner, tout de suite j’en ferai de la purée de madame labiche, mais tout d’abord je dois finir mon bon petit déjeuner pour après prendre la route, je penserai à taureau et à labiche en conduisant sur la route, je penserai aussi à madame poulet qui n’était pas professeur, qui était cuisinière et nous servait sans cesse du hachis parmentier, tous les soirs du hachis parmentier avec en entrée des concombres, si je déteste les concombres et le hachis parmentier c’est bien à cause d’elle, j’irai la trouver avec taureau et labiche et je lui dirai, poulet, fais-moi du hachis parmentier avec ces deux-là, mais pour le moment il faut que je prenne ma voiture, je me vois déjà en train de conduire sur la route, je serai bien à conduire sur la route, je conduirai comme je veux, comme ça me plait de conduire, mais en même temps je respecterai bien le code de la route, bien sûr je ferai très attention de respecter le code de la route, et puis après j'arriverai à l'école et là je ferai un beau carnage, j'obligerai les professeurs à se coucher à plat ventre devant leurs élèves, je leur ferai faire la carpette devant les élèves, les élèves pourront essuyer leur pied sur leurs professeurs, je dirai aux élèves maintenant sauvez-vous, vous êtes libres, je vais tuer tous les professeurs de cette école et après j'attaquerai les suivantes, plus aucun professeur vivant, plus aucun ne pourra enseigner sans avoir peur que je vienne le tuer, dès que je saurai qu'un professeur est tenté par l'enseignement j'irai le voir et je lui ferai éclater la tête, son cerveau d'imbécile heureux éclatera en lambeau, toute la cervelle se répandra dans la salle des profs, ou dans la classe, sur les élèves, regardez un peu ce porc, regardez bien ce taureau, regardez son savoir qui éclate sur vous, il tente encore de vous pourrir la vie, il faut en finir, regardez comme sa cervelle a bien giclée, regardez comme c'est bon un professeur sans cervelle, regardez comme il a l'air neuneu, enfin, un vrai neuneu regardez, vous avez le neuneu type devant vous, il est sans cervelle et malgré tout il tente encore d'attirer l'attention vers lui, et puis je le laisserai tomber comme une vieille chaussette, je passerai au-dessus de son corps et je franchirai la porte, je ne la claquerai pas, je refermerai doucement la porte et je partirai tranquillement dehors, en sifflotant.

vivre

n'est pas se soumettre

vivre

est l'insoumission

à tout

ce qui se présente

comme règle

comme devenir moral

et comme impuissance

impuissance non pas à être

mais impuissance

au présent

tous les systèmes

sont des systèmes

d'impuissants

demain

je regarde les nuages

 

 

 

Bâtard du vide, le roman de la jeunesse loupée. [1]

Dans
26/09/2011 - 16:56


Bâtard du vide est le roman de la jeunesse loupée. Non pas la jeunesse perdue, ça serait trop beau, trop romantique, trop typé et trop lourd à porter, car trop déjà fait, revu et couturé sur les plates bandes de la littérature contemporaine « autorisée ». Par contre, on ne vous en fera jamais tout un plat de la jeunesse loupée, car elle n'a jamais vraiment brillé par ses actes et puis elle existe encore un peu trop, elle est encore un trop là, trop las, hélas ! même si elle vieillit tout doucement dans son vide, si elle se bonifie dans sa merde, dans cette ignorance crasse que porte sur cette génération le monde, tous les mondes même, les mondes artistiques, littéraires, philosophiques et surtout médiatico-politico-farcesques. Des branleurs, en somme. Des qui n'ont rien connu, rien vu, rien fait. Une génération zappée mais qui se venge ici petitement, à coup de canif rouillé, à coup de références pourries, de tranches de vies tordues, de réflexions à boulet rouge sur la poésie, à coup de détails vite pliés sur le quotidien d'un jeune « anarcho nationaliste » et poète grunge  limougeaud.[2]

Limogé, si j'osais, de sa propre existence (« Zéros pointés sur la face de l'immonde voilà ce qu'on est. Ni moins. Ni moins. »)

A coup, aussi, de génie, il faut bien le dire. Ben ouais. Il en fallait un, tout de même! de petit génie crâneur et brailleur, parfois même émouvant, dont le pâle et maigrichon avatar se comporte finalement, malgré ses rages et ses insultes permanentes comme un petit ange. C'est juste une petite canaille, même pas une racaille, un petit pourceau tout rose que ce personnage qui se vautre dans ses conneries post-ados, un flambeur qui tient à peine sur ses quilles. Un brêlon en somme ! Mais un vrai fan d'Artaud le Momo et obsédé du Q, coupeur de citron dans les matchs et acnéique sur le tard, il se défonce à l'Imovan pour parler mal aux dames, avec ses jeux de mots laids, mais finit très souvent bien au-delà du premier stade du plaisir et de sa vraie haine toute en coulures. Il nous fait jouir par sa petitesse, ses manques, sa trouille à être, mais aussi par cette ponctuation au hachoir et ces souvenirs qui s'impriment à toute allure dans la tête. Il nous fait valdinguer dans ce style elliptique, mais ça raccroche toujours, on est basculé, embarqué et puis on reprend l'équilibre. « Skinny Jéjé », alias le Renard, est beau comme un nègre, car il s'écrit à lui-même, il se découvre, il sait même pas qu'il pousse le bouchon plus loin encore, jusqu'à marquer en pleine lucarne dans sa génération « post-poétique », comme on dit dans les cercles autorisés, contrairement à d'autres sinistrés de la vie, des petits capitalistes inconscients qui ont marqué cette génération football & rock'n'roll à coup de fric, de pub, de déclarations bidons au sortir des vestiaires, à coup de suicide aussi ! Mais les suicides et tout le reste c'était déjà fait, vu, vécu et même rechié.

C'est une génération qui s'est faite enculée par les mouches de la modernité et aplatir par les petites tapettes de la post-modernité, en plein dans le vide, entre deux millénaires et voici que pour cette pauvre fiente dégénérationnelle qui n'a pas eu son Hendricks, son Clash, son Platini ou même son Houellebeck, voici qu'elle nous sort tout droit de son enfer d'ennui un vrai Batard de chez batard du vide, son Charles « Hank » Bukowski des banlieues moisies, son poète-punk-maudit des petites villes merdiques où on s'emmerde à cent sous de l'heure, comme dans les premiers films de Bruno Dumont et du coup ça délire, ça débloque à mort dans l'écrit. C'est sans crédit. C'est une bonne avoinée dans la mort à petit feu de la vie française et c'est donc bien de cette poésie qu'ils méritent tous d'avaler, avant d'aller rôtir en enfer !

 

Charles Pennequin[3]

 



[1] Jérôme Bertin, Bâtard du Vide. Al Dante, troisième trimestre 2011.
 

[2] Son ami pour la vie et dans l'écrit, Sylvain Courtoux, relate quelques épisodes semblables dans un livre Stillnox, paru chez le même éditeur et que je n'ai pas encore lu.

[3] Faites des "copier-coller" pour qu'on achète le bouquin de jéjé ! j'ai écrit ce texte pour qu'on le lise ailleurs que sur les sites de poésie, mais plutôt, par exemple, dans un grand journal ! mais c'est pas possible. Alors si vous voulez le faire partager, n'hésitez pas !

 

début du concert avec Glu (sans Glu)

27/04/2011 - 00:00

le 10 avril, vers 22h00, aux Voûtes, les frigos, Paris.

loupé

10/02/2011 - 11:45

 

Nous sommes dans l'art, nous ne sommes pas ailleurs, il n'y a pas d'ailleurs en art, il n'y a pas de possible artiste, l'ailleurs n'existe pas, l'artiste non plus, il est à chaque fois une nouveauté de la vie, la vie n'existe pas, l'éternité non plus, il n'y a rien qui tient la route assez longtemps pour l'art, l'art n'est pas la vie, l'art et la vie se donne la main pour vivre, l'art et le vivant ne sont pas là pour être éternels, cependant créer une intensité vitale, il n'y a pas d'intensité si vitale ailleurs, ailleurs c'est la tromperie des intensités, il y a des intensités mais qui sont vite trompées, l'art est trompé, la vie est trompée, tout est trompé par des intensités à vue courte, car nous avons toujours la mémoire courte dedans, c'est la mémoire qui nous cause le plus de tracas, nous oublions l'art, nous oublions la vie, nous n'avons soif que d'intensités fausses, les fausses intensités c'est ça qui produit l'existence, notre existence se veut durer, et pour durer il faut inventer, pour durer il faut se projeter et exister, on se projette dans un tas de mots, on fait durer par les formules, c'est ça l'intelligence de la formule, on croit avec ça durer mieux, il n'y a rien à faire durer, il n'y a que des loupages en formule, comment louper sa formule et malgré tout durer, rien qui dure, tout se loupe avec intensité.

impro du matin (chagrin)

24/01/2011 - 00:29

L’ECRIT BOULE. Je ne veux pas me suicider, je veux encore savoir, encore et encore, savoir un bout que je connais pas, un tout petit bout, comme un orteil, mais dans le savoir, le savoir ongle, l’ongle du gros orteil qui est caché dans le savoir, je ne sais pas le savoir, quel savoir, pourquoi faire, pourquoi ne pas se suicider tout de suite ? je n’ai aucune réponse à la vie, toutes les vies sont des réponses mais il n’y en a aucune de bonne, car il n’y a pas de question, toutes les vies répondent à rien, toutes les vies forment une seule et même voix, et pourtant il n’y a pas de son, mais ce n’est pas la seule fois que j’ai envie de cette voix, je passe un temps fou à ne plus savoir, je reste dans le noir de cette voix, je veux sortir et du coup je me demande qu’est-ce que ça veut dire de l’écrire, une des voix me dit qu’elle écrit, une des vies me le dit gravement, ou paisiblement, pour moi c’est incompréhensible, dire qu’on écrit est impossible à penser dans la voix, comment les voix peuvent dire qu’elles écrivent, il y aurait quelque chose à penser en dedans ? il y aurait des choses à dire, autant les dire et pourquoi les écrire, les écrire ça voudrait dire qu’il y a quelque chose de caché dedans, qu’il n’y a pas que la parole dans la vie, il y a le caché, et que le caché est là dans l’écrit, et qu’écrire est une musique qui nous cache bien des choses, il faut alors écrire pour savoir où se trouve la cachette, mais on ne trouve pas la cachette, alors on refait le chemin, mais ce n’est pas le même chemin, et personne ne sait où se trouve la petite cachette qui se trouve dans la voix, c’est pour ça qu’il écrit, dans une autre vie on trouverait une autre définition, encore la mauvaise, pourquoi faut-il se mettre tout à coup en boule, quand je pense à quelqu’un qui écrit je vois quelqu’un en boule, et pourquoi faire, une des voix de la vie me dit qu’elle ne fait plus que des bruits dans sa bouche, faire des bruits dans sa bouche pour imiter les paroles, pour imiter le sérieux des paroles, pour imiter les choses graves que disent les voix dans la vie, les voix dans la vie sont graves, elles pèsent de tout leur poids sur le devenir humain, c’est très important, il faut avancer tous en rond, il faut faire le dos rond, c’est important, parler est un peu faire la boule et rouler, et en avant l’humanité, en avant les gros parleurs avec leur science à parler, pour le moment ils n’ont toujours pas trouvé l’ongle du gros orteil, c’est pour ça que ça cause encore et encore.

Une critique intéressante de Claude Vercey, sur Décharge

14/10/2010 - 10:41

Texte critique sur la revue armée noire :

 

http://www.dechargelarevue.com/id/index.php?action=motscles&quoi=Stadelm...

 

Je ne travaille pas

04/10/2010 - 12:00

Je ne travaille pas la poésie, je ne travaille jamais, je travaille mais ça ne travaille jamais, c’est de la poésie, la poésie travaille, je ne travaille pas, c’est jamais le moment, quand est-ce le moment de travailler, c’est de la poésie, je ne travaille jamais, la poésie est travaillée, qui est-ce qui me travaille, nous ne travaillerons jamais, la poésie agit dans l’espace, la poésie est pauvre, c’est la pauvreté, nous sommes pauvres, nous sommes tristes, nous voulons travailler, la poésie est une preuve, nous foutons rien, elle prouve une existence, c’est pour qui la dédicace, la poésie prouve un espace, n’importe lequel, c’est n’importe quoi, ta gueule, fermez-là, écoute cette parole, non, pourquoi tu es sur ta chaise, non pitié, il prend sa tête dans les mains, la poésie prend de l’espace, la poésie est nulle part, aucune preuve n’a existé, il est temps qu’on s’en aille, allez hop, foutons le camp d’ici, nous ne travaillerons pas, ils sont plus là, la poésie prouve qu’il n’y a rien, avant il n’y avait rien non plus, la poésie a travaillé, avant il y avait le vide, aujourd’hui je rempli ma fiche, vous voulez combien au juste, avant il y avait quelqu’un qui parlait ici, tais-toi, oui madame nous sommes seuls, ferme-là une bonne fois, éteins cette lampe s’il te plait, personne s’est tu, tout le monde a ouvert la bouche, a ouvert la voix, personne n’a prononcé un mot, nous sommes tous pareil, il n’y a que moi qui suis différend, ça nous fera des vacances, replies tes papiers, dis merci, quelle est ma différence, je travaille, je ne travaille pas, j’appuie sur un bouton, je dis oui, je dis non, j’écoute pas, personne n’écoute, j’appuie encore sur le bouton, comment vous faites on dirait que c’est vrai, c’est le travail, je rempli mon estomac, je m’endors, les autres existent, il tardent, nous ne sommes pas arrivés, nous ferions mieux d’y être, quelqu’un allume la lampe, rien qui agit, tout pousse à devenir, rien n’est jamais là, on attend encore un peu, la poésie s’effondre, jamais je ne travaillerai, personne ne fait ce qu’il faut, tout le monde est sorti voir le poète, ce n’était qu’une tombe, quelque chose s’écrase au loin, les gens glissent le long des palissades, les gens se trouvent nez à nez avec les gens, qui est-ce qui s’est mis à parler, personne ne se taira jamais, ouf les animaux, qu’est-ce qu’il y a madame, ils ont de la chance, je mets à quel nom, ceux qui vivent dans des îles, il y a des animaux qui vivent dans les îles, c’est pour mon petit garçon, on a vu la video sur youtube, il y a des animaux qui ressemblent à des bêtes, nous sommes tous d’un autre âge, la chance est avec vous, le travail peut m’attendre, la chance repart aussi sec, le travail vous reste sur les bras, les bras ballottent, un peu d’air ça fait du bien, avez-vous des bouteilles d’eau, cette poésie n’existera pas, les bras n’en finissent pas de ballotter, quelqu’un qui va prononcer le discours, fumer ma clope, quelqu’un nous écoutera un jour c’est promis, on n’en finit plus de vivre, quand est-ce qu’il vont s’arrêter dans le discours, un accord semble être trouvé, je ne me laverai plus jamais, je ne me regarderai plus jamais, je ne t’écouterai plus jamais, je marcherai tout droit par ici, quelqu’un est déjà tombé là, j’ai toute sorte de mots, j’arrête pas de leur dire, il n’y a rien à dire, je travaillerai plus tard, j’ai trop de boulot.

The Blog

15/08/2010 - 12:21

PROLETARIAT, PUBLICATIONS

un blog de naninani

autrefois il publiait un fanzine reliant la musique indus avec la poésie et il invitait tout ce beau monde à des conventions du disque, à Bernay. Maintenant il fait un blog en toute simplicité, un vrai lecteur, de vraies oreilles aussi. Le blog indispensable pour celui ou celle qui s'inquiète encore aujourd'hui...

la loterie

09/08/2010 - 00:32




j’ai rêvé que j’avais gagné au loto

mais j’avais pas joué

j’ai rêvé et c’était pas un loto classique

j’avais gagné une somme énorme

mais j’avais pas joué

et c’était pas un loto traditionnel

je savais pas ce que c’était comme loto

me suis même pas vue jouer

me suis juste vue gagner

mais à quoi ?

je connais pas les règles, mais j’gagne

et je sais pas qui me dit que j’ai gagnée

du coup c’était très net : je savais rien

et du coup j’avais vraiment gagné

et j’étais embêtée

je voulais pas être dans la presse

mais je me rappelle plus la somme

une somme astronomique

deux cents millions de milliards ?

mais j’avais pas joué

j’ai gagné sans même jouer

quand je me suis réveillée je savais plus

où étaient les deux cent milliards de millions

et le tout en petit coupure

dans la presse

mais moi je voulais pas

mille millions de milliards

à peu de choses près

mais je me réveille

on me les avait piqués

j’avais qu’à pas dormir

mais si je dormais pas

je n’aurais pas rêvé dit la jeune fille

 

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