Charles Pennequin et Armée Noire

poème sonore

ton pain

11/01/2013 - 13:10

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poème sonore

16/01/2012 - 18:44

 avec jf pauvros

le créateur est mort

11/02/2013 - 17:18

le martien débarque sur terre

il est tout nouveau dans le débarquement

il a tout à faire

c’est un bleu du débarquement

il appelle sa maman

le martien appelle sa maman au sujet du débarquement

allo maman je débarque sur la terre

le martien parle depuis le combiné à sa maman

pour lui dire qu’il a débarqué sur la terre

sa maman est fière de son fils

sa mère aussi parle dans le combiné

elle combine dans le combiné pour son fils une petite parole

qui va le réconforter

va détruire dit-elle

le martien entend bien les paroles réconfortantes de maman

alors il détruit tout, il marche sur les terriens

il détruit tout

il parle à sa maman

sa maman a failli tomber dans l’escalier

elle dit : il me ferait tomber dans l’escalier à m’appeler !

elle dit ça à sa voisine

il a a encore failli me faire tomber dans l’escalier !

à vouloir me parler !

la voisine de la maman du martien est une soucoupe volante

ils prennent le café dans la cuisine

ah ! mon fils mon fils !

il m’appelle tout le temps, depuis qu’il a décidé de détruire la terre !

la maman et la soucoupe volante décident de partir voir le fils

le fiston à la conquête de l’univers

il va aller à l’encontre de l’univers et on verra bien

on verra bien ce qui se passera

on verra bien qui rira le dernier !

le martien pour le moment est bien occupé

sa maman dit à la soucoupe oh ! mon fils !

mon fils !

elle arrive avec la soucoupe

le martien voit la soucoupe arriver de loin

oh ! mon fils, regardez qu’il est beau !

le martien est fier

il détruit tout

c’est sa fierté

oh mon fils ! comme il est beau regardez ! et la soucoupe regarde

la soucoupe et la maman sont émerveillées par tant de destruction

tous les humains ont été détruits maman

oh ! qu’il est beau mon fils !

tout est détruit, c’est comme une œuvre d’art mon fils !

oui c’est pour toi maman

la maman rougit dans la soucoupe volante

oh qu’il est tout beau, mon fils ! regardez comme il est beau !

la soucoupe volante regarde

j’ai tout détruit maman !

c’est la création

le martien se demandait ce qu’il allait bien fabriquer aujourd’hui

que vais-je bien faire de neuf aujourd’hui, se demande le martien ?

que ferai-je bien aujourd’hui de tout neuf ?

de jamais produit ?

alors le martien détruit

le neuf c’est détruire l’œuvre d’avant

il faut d’abord tout détruire avant de faire du neuf

tout détruire ce qui a été fait

et le neuf, c’est détruire par-dessus ça

c’est une nouvelle destruction

sur la précédente destruction, il faudra détruire

la création c’est ça

c’est détruire à partir de ce qui a été détruit

tout a été détruit, alors il faut détruire à nouveau

tout cet art qui a été fait, toute cette création

ça n’était que destruction

à chaque fois qu’on crée, on détruit

il faut donc détruire encore

détruire plus profondément

avec plus de conscience

avec plus de volonté

il faut aller à la destruction absolue

il faut creuser là-dedans

et ne pas se laisser distraire !

ah ! mon fils mon fils

ah ! qu’il est beau mon fils !

regardez comme il a tout détruit, dit-elle !

il a détruit ce qui était déjà une destruction !

et maintenant on fait quoi ?

on se lance à l’assaut de l’univers !

l’univers entier à détruire

la vraie, la neuve, la belle destruction à détruire

la toute belle et toute vraie, la toute immense

l’univers qui éclate dans sa création

et moi je vais éclater dans l’éclatement dit le petit martien

le martien se prend pour dieu

dieu qui éclate dans sa création

dieu qui crée et qui éclate

dieu qui détruit tellement qu’il crée

le martien va détruire dieu

il va l’éclater

après l’éclatement de l’univers par dieu

l’éclatement par le martien

après dieu l’éclaté dieu le détruit

et tout ça par le martien

après l’univers c’est dieu qui va s’en prendre une

dit le petit martien

qui n’a plus peur de rien

 

Le drame de la création est d’être identifié, le drame de tout créateur, c’est d’avoir fait une œuvre et que cette œuvre identifie un auteur, que cette œuvre désigne une façon de faire, un style, c’est le drame de toute la création, car finalement faire une œuvre c’est mourir, c’est se donner pour mort, avant la mort n’existait pas car il n’y avait pas de créateur identifié, la mort était souterraine, elle était très présente cependant, elle risquait d’envoyer sous terre le créateur avant sa création, car le créateur croyait que s’il ne créait pas il mourrait, c’est pour ça qu’il s’est mis à créer, pour ne pas mourir, alors qu’il aurait pu ne pas croire à ce qu’il ressentait au fond de lui et rester dans l’ombre, il aurait pu éviter ainsi d’être à découvert, car dès que l’œuvre apparait le créateur est désigné et s’en est fini de lui, on dira toujours que cette création est l’œuvre de cet auteur et que cet auteur est finalement reconnaissable, du coup les créateurs se sont mis à faire diversion, à faire autre chose que des créations qui leur permettrait d’être reconnu, mais ce fut pire, car on disait ceci est bien l’œuvre de ce créateur, cette façon de ne pas y toucher, cette manière de faire semblant, ce petit penchant à se diversifier pour se faire oublier, il ne s’est pas oublié, bien au contraire, il est publié, même si cette publication n’est jamais la même, on reconnaîtra le créateur comme celui qui est toujours jamais le même, celui qui veut surprendre son petit monde, mais personne n’est dupe, pas même le petit monde, le petit monde autour du créateur, personne n’est dupe de son petit jeu de dupe, il est identifié, s’en est fini de lui, le créateur est mort.

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