Charles Pennequin et Armée Noire

parole

La modernité dans la rigole

24/12/2013 - 10:43

La modernité c’est le mal de la parole. La modernité a fait du mal. Elle le fait dans le parler. La modernité c’est la parole mais mal foutue. C’est une invention mal foutue pour détourner la parole de son lieu. Son lieu à la modernité c’est d’être toujours sur le devant de la parole, comme pour l’interdire. Comme pour en achever la vérité. Il y a la vérité du parler que la modernité à démasqué et depuis elle joue avec. Elle lui fait des menaces. Elle menace la parole de dénoncer son fond vrai. Mais elle ne le dénonce pas. (pourquoi elle ne le dénonce pas ?) (pourquoi elle dénonce pas le fond vrai de tout parler ?) Elle ne peut dénoncer la vérité du parler sans s’effondrer la modernité. Cependant la parole croit que la modernité peut le faire. La parole est un petit oiseau. Une petite innocence. La parole parle innocemment dans sa petite cervelle d’oiseau. La parole s’envole dans son parler et est une petite cervelle, un petit cervelet de moineau. Voilà ce qu’elle est la parole, avec sa petite cervelle de moineau. C’est pour ça qu’elle croit tout ce qu’on lui dit. Et ce qu’on lui dit c’est la modernité qui lui dit. C’est la modernité qui la maintien dans un certain parler. Un mauvais parler. Un parler sans fond. Alors que le fond du parler c’est ça qui est intéressant. Et la modernité le sait. Elle sait que parler à un fond et même un double fond. Elle sait la modernité que c’est le double fond du parler qui peut révéler la vérité. Et qu’il n’y en aura pas qu’une. Elle sait ça la vérité. Il n’y a pas qu’elle qui le sait. Car il y a plusieurs modernités dit la vérité. Il y a la modernité qui en a eu marre de la modernité. C’est une vérité. Il y a une modernité qui en a eu sa claque de la modernité. Et la modernité et la vérité le savent. Il y a une modernité qui a dû s’inventer plusieurs modernités, comme plusieurs vies. (Car elle en avait sa claque.) Et ça la modernité le sait bien. Et ça la vérité ça lui a pas échappé non plus. Il y a une modernité qui a banni le parler qui coince, car le parler qui coince ça ne lui fait pas trop plaisir à la modernité. La modernité n’aime pas trop où ça coince. Du coup elle nous fait passer pour des décoincés, nous les hommes modernes. Nous serions des décoincés du parler, nous les hommes modernes. Alors que c’est n’est pas vrai. Nous ne sommes pas totalement décoincés, dit la vérité. La vérité pense que ça ment toujours. Et ça ment à l’endroit moderne. C’est pour ça que la modernité a empêché la parole de parler et qu’elle s’est inventé plusieurs vies modernes. La vie moderne a succédé à la vie moderne. Et la vie moderne a fini par en avoir par-dessus la casquette de la vie moderne et donc a inventé la vie post-moderne. Le post-modernisme est une vie inventée de toute pièce par la modernité même. (Car elle en avait sa claque la modernité, elle aussi, tout comme nous.) Mais tout ça c’est des inventions. C’est pour nous tenir au cachot. C’est pour faire en sorte qu’on se tienne tranquille et au cachot. C’est pour faire comme si la parole il fallait la maintenir en otage. Comme s’il fallait la maintenir en otage dans un cachot pour ne pas la laisser s’envoler. Car la parole pourrait parler. C’est-à-dire qu’elle pourrait s’envoler. C’est pour cela que la modernité a proféré des menaces à tout le parler et que le parler s’est rassis. Il a épousé la forme de l’assise le parler. Il s’est rassis sur son séant. Il s’est rassis sur ses fesses le parler et il a laisser faire la modernité et la post-modernité. Il les a laisser causer. (Cause toujours beau merle). Il a laisser causer toutes les modernités et toutes les post-modernités. Il les a laissé causer parce que le causer moderne et le causer post-moderne faisaient tout pour faire oublier la petite parole qui s’envole, le petit bégaiement qui rigole, la petite bière du monde qui sourit et qui rigole, les petites gens qui ont le parler qui sourit et qui blague et qui rigole haut et fort. Le petit tracas mêlé aux petites blagues pour passer le temps. Car il faut bien passer le temps. (n’est-ce pas ? il faut bien passer le temps !) Il faut bien même dépasser le temps. Tous les temps sont dépassables. Tous les temps passent et repassent et tous les temps menacent, mais en même temps tous les temps aurons leur temps. Après le temps du temps un autre temps. Après ce temps-là du temps on verra bien, après ces temps modernes et après ces temps post-modernes, on verra bien ce qui nous tombera sur le crâne, on verra bien ce qui nous dégringolera dessus après tous ces temps qui nous ont écrasé dans la rigole. Car c’est dans une rigole que tout fini toujours, et même dans une grande rigole, pas une petite rigole mais une rigole à plein temps, c’est là dedans que tout va se terminer une bonne fois pour toute et sans discussion. Ça va se terminer dans cette grande rigole de tous les temps et après on verra bien, on verra bien qui rigolera le dernier.

 

Palombella Rossa

15/08/2013 - 20:24

Come parla, come parla ? 

Le parole sono importanti.

Gommer la part par là, la part de quoi? 

La part du rôle, par là comme ça, par là, par là solo, 

par là emporté, tant et tant par là, tant d'hommes par là, morts de ci delà. 
 
De ci de là CAÏN QU ’A  Assassiné le bel Abel sur balancelle.
 
Tant d'hommes porcs par là qui pleurent à part, 
solo, tant et tant de porcs de soue de boue de coups, 
l'écho, l'écho, l’écho, reparle encore, encore, encore, encore et encore comme ça. 
Reparle encore comme ça, la part de toi à part de toi, 
en dehors de toi comme ça. 
Encore comme ça au de là de toi sans port ni toit, sans port ni voile, ni foi, ni loi, la part des hommes à part. 
Anar, anar, anar, la part d'anar à part, 
de fils d'homme à part, tant et tant d'anarchistes, 
seuls au monde, comme part de nous, de flou, de clou, de sioux, comme l'anar , l'indien, l' iroquois, l'indien à part… 
Et l'autre coi?
QUOI? QUOI? QUOI? Drôle de canard , vilain canard,  
à part des mares, à part des hommes, a part la somme, la somme de quoi, la somme 
d' avatars ou de  canards ? comment elle compte, mais comment elle compte, mais comment elle compte, par trois, par quatre, par  cinq, par trois fois quatre, par trois fois cinq,  elle compte comment ? Mais comment elle compte ? 
 
COMPTES PAR COMPTES DE PART EN PART, 
de canards en avatars, de couac en couac, 
seaux d'eau à tort et à travers,  tant et tant, petits et grands. 
Cancane par là, cancane par là. 
La part du bol est importante, la part du riz, grands et petits, assis par là, tic par ci, tac par là, canard farci et toi laquais, valet, tu vas l’ouvrir ou quoi ?.
C‘est toi ou moi? 
Toi ou moi? 
A part petit toi, petit moi, il était une fois des petits poids sans foi! 
Anarchia, Signora, Signora Anarchia parla, parla come parla la Signora Anarchia, come parla, come parla!!!! 
Le parole, le parole, Signora sono… 
Le parole, Signora… 
Signora sono… 
Le parole, Signora, sono importanti. 
le parole sono importanti.
 
 
 
 
sirot     
 
 

 

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J'étais un petit poisson dans la mer morte

11/04/2013 - 21:00

J’étais un petit poisson dans la mer morte qui en a rencontré un gros, un gros poisson qui avait ses propres idées et qui a vu dans ma tête tout un tas d’idées, des idées qui lui ont donné des idées, en rencontrant ce gros poisson je me suis approchée. En me regardant de plus près, ce gros poisson a vu dans mon ventre un tout petit poisson. En le voyant il a pris peur, il a eu peur que ce tout petit poisson se noie dans mon ventre et que toutes mes idées volent avec. Ce gros poisson, en me regardant, m’a demandé de lui donner mes idées avant que le tout petit poisson ne les volent et ne les emportent dans sa mort. Mes idées se sont rabougries au moment même où ce gros poisson me les a demandées, il me les demandait en me disant que j’allais bientôt devenir bête à cause du tout petit poisson dans mon ventre, à cause des connections de ce tout petit poisson avec mes propres connections neuronales. Il me les demandait sous la menace de la bêtise, il me les demandait actant la mort de ma propre pensée. Quand le tout petit poisson est sorti de mon ventre, le gros poisson est revenu à la charge non seulement de mes idées, mais aussi de mes mots, des mots des autres que je transportais, il est revenu à la charge de tout ce qui pouvait apaiser son intarissable peur. Mais en même temps, comme ma pensée était déjà morte, il ne voulait plus m’approcher. Il m’adressait alors ses demandes à distance, dans toute sa hauteur, dans une posture qui ne facilite pas la relation duelle. Et il a voulu tout archiver. Il a voulu constituer une archive d’idées et de mots disponibles pour d’autres poissons, une sorte de temple exposant les mémoires des poissons morts, un temple-cercueil qui porterait son propre nom et qui lui permettrait de rester vivant dans la mer morte. Mais comme ma pensée était déjà morte, mes idées étaient mortes elles aussi et les mots des autres morts ne pouvaient plus sortir. Les mots des morts et mes idées mortes circulaient entre mon ventre et mes connections neuronales, provoquant des nœuds de toutes sortes. Et mon corps altéré par la parole mutante de mes morts et de leurs idées se faufilait dans la mer morte, surexposé aux regards des autres poissons. Aujourd’hui, je me lève et je vais travailler au cœur de la mer morte. Je vais propager mes idées de mort, instiller mes idées de mort au cœur des autres poissons.

Aujourd’hui, je me lève terrifiée à l’idée de propager mes idées mortes aux moindres recoins de la mer morte, à l’idée de les colporter. Tous les poissons de la mer morte portent en eux les paroles des poissons morts et la rencontre est un dialogue d’archives. Les plus grands poissons de la mer morte archivent les archives des autres poissons. Les plus petits poissons endossent les idées d’archives des plus gros. Les archives sont en libre-accès.

La mer morte est un engrenage.

Elle engendre les tous petits poissons

Elle les engraine

Et leur apprend à nager

Et quand ils sont bien gros

Elle leur apprend à engendrer, à engrainer les plus petits poissons dans une course folle à l’archive.

Et toi, gros poisson, tu rentrais dans mon tout petit bureau, par surprise, tu passais derrière mon tout petit bureau, pour regarder ce que j’étais en train d’écrire, et toi, gros poisson, tu me demandais de te remettre les mots des morts que je transportais, pour les archiver. Tu aurais pu tout aussi bien me regarder vraiment et fouiller entre mes lèvres pour voir s’il y avait quelque chose à archiver là-dedans, s’il y avait aussi, là-dedans, une parole de mort à se mettre sous la dent, tu aurais vu, gros poisson, qu’effectivement là-dedans les paroles des morts étaient en train de se propager, de me grignoter, tu aurais vu à quel point ce conflit d’archives engendrait quelque chose de monstrueux qui se distillait lentement, tu aurais vu que là se trouvait ta seule raison de vivre.

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