Charles Pennequin et Armée Noire

politique

Savoir s'engager

11/01/2012 - 12:29


 

Si l'on disposait
bout à bout
mes convictions
et mes certitudes
on n'atteindrait pas même
l'email blanc
de la cuvette
des toilettes
mais traite moi
une fois encore
de socialiste
et je te fais manger
une charogne
de rat glacé

hostagiaire

08/12/2011 - 19:42

un stagiaire, c'est un parasite. un nuisible. une raclure. un rat. un sale rat. une sale engeance. une vengeance qui râle, un spasme viral. les stagiaires forment la poubelle des cimetières, la communauté des ratés et des poussières.

NOUS sommes crades, nous devons disparaître comme des déchets. Nous sommes les égouts de l'éducation nationale, le dégoût, la nausée. Nous sommes les débris du savoir. Nous sommes les bruits du désespoir. Nous sommes les bruits du trou noir. Nous sommes les bruits du foutoire, les bruits en trop. bruits du trottoir.

 

Cohue du tohu-bohu ou... l’agonie crépusculaire du cunilingus

27/03/2011 - 19:46

 

 

dérapisse glisse 

chuttombe

 

 

BOUES chiasses bues en trombe âcre rance bombance du cul en pestilence transe urgente des gens s’urinant sales LICK CUNT essences vaseuses dessus suent airs. 

 

cas CENDRES capitaliste cannibale avalant cacas acides de cadavres crasse rassie dévalant fatal l’italique idyllique fétide fiente de lave salivante anale vile lente annihilant la vie. (LITTER LETTER)

 

peaux moisies os noircis eaux ainsi nourrissant les plis plein de pus de poux de pets pourrissants entre fesses flasques TRASH SHIT et cuisses clitorigide presque en passe d’essai tige ouvrir laid lait LICK CUNT bées blessées de masque poisse langoisse.

 

CONS avortons en gueuletons foetus en bonus bébés en beignets sang séché ou coulé LICK CUNT du nouveau-né mort sous le nez entre dents du dedans croquant crachant crissant CENDRES de la chair crade croissant sucrée en caries viciée les lèvres grêles dévorées suçant le vit vite expiré esquissé vissé.

 

râlangues exsangues de vomis mi visqueux mi solide humide de queues d’animaux malades de masse en salade de limaces TRASH SHIT boyaux rasades de gros yeux en gelée en pustules testicules de bélier déliés des pilosités ridicules de policiers dépecés et lustrés plaies lambeaux emplies LICK CUNT de puces d’insectes d’abcès excès d’humus humeurs qui meurent.

 

spermes amers merde de mère dame immergée en bain de glaires grises engrais de verges d’ères liquides qui LICK CUNT larmes de guerre fluides épidermes irradiés corps morts amarrés à l’idée débile débordant de graisse grise tentaculaire cancer CENDRES hantant suintant la larve la morve la viande torve et déteinte d’impropres lèpres décharnant les charniers de crânes massacres et de déchets entachés entassés harnachés à l’âne empaillé dépouillé pillé.

 

 

incestes scatomanes nécrophages restes 

suçant léchant ahanant haletant les sucs

les muscs en bouts en mous sens bus mus

blancs boutonnants noirs nuits sans tons

tâtonnant démangeaisons jutant nauséabond

l’embonpoint carnage cassons crions de marécages

d’âges dégueulasses chasse à la décapitalisation des

 

 

bukkake décapant BOUES enfants défoncés confessés frappés de foutres purulence élance en silence carcasses poussiéreuses rances dépecé désossé dévoré de vers verdâtres trop terre-à-terre autre trace atroce TRASH SHIT de monstres mutants honteux à trois bras jaunes haleine faune un oeil informe miteux recueil LICK CUNT de noeuds de couilles en vieux pneus hideux grouillant de.

 

crottes apocalyptiques croûtes critiques LICK CUNT dégoulinant du nucléaire cyprine au césium éclairs dégueulant iode gluant à la mode du plutonium plutôt ignoble déshominidant idéaux pensant l’immense CENDRES sanctuaire des ovaires doses choses dérisoires ruines de pines de poires ou pire de camps de peurs vapeurs torpeurs désespérées mutilant les mots torchés. (LITTER LETTER)

 

TRASH SHIT terreur tortures erreur ordure obscure horreur de l’heure dure odeur de saumure murant l’impure violant toute figure urgemment vidant ses boyaux en bocaux ses tripes en fripes intestins en festins en fastes en fists blattes blettes bêtes destins des troncs CONS jappant joyeux à l’orage du japon rage épongeant l’engeance de gens qui de là fout coup chie ma couche de fous fauchés à la louche touchant à l’escarmouche des champs d’

 

 

esclaves délavés 

de l’Un du

système d’un

thème livide

spectacle qui va

désastrace au

pinacle se

raclant dansant

les caves des

débarras

rats

 

r

a peut - être un rapport::

LE PERE DUCHESNE

04/02/2011 - 00:51

ET SON POTE MOUSTACHE

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WALKÜRIE RÖDEÖ

01/04/2010 - 13:34



WALKÜRIE RÖDEÖ

 

 

 

Ces pin-ups ont la particularité d’avoir leur œil à l’intérieur d’un tube, lorsqu’une menace s’approche l’œil sort en s’invaginant avec une telle violence qu’il aspire le prédateur en son sein, avant de refermer sa surface sans une seule soudure résiduelle. Bouffi au bout du tube, la substance oculaire se contractant si fort pour broyer l’aliment que la pupille semble se lever par spasmes, l’œil ne peut redescendre qu’une fois la digestion terminée et comme il ne possède pas d’anus il s’ouvre à nouveau plusieurs fois et rejette. Certaines ont les yeux si ronds qu’ils peuvent rouler de leurs tubes et circuler en dehors.

 

*

**

 

Des quatre rues qui convergent sur la place arrivent des chars, les CRS sortent leurs scabies-ball. Le fusil tire des scabies qui déterminent une gale en creusant dans l’épiderme des galeries où elles déposent leurs œufs : à ses points de rassemblement la foule brusquement dégoûtée par quelques congénères galés s’en recule et s’éparpille.

 

*

**

 

Les pin-ups survolent en Harley-Davidson la manifestation, du bout de leur lance elles désignent ceux qui ont les plus beaux culs ou la langue la plus rapide, le nuage de gaz lacrymogène traversé par leur laser pour y former un canal d’air conducteur et, une fraction de seconde après, une puissante mort est envoyée vers la cible à travers ce canal. Les meilleurs tombent. Brûlés, perforés, matraqués, scabiesés, bidouillés du poumon ou égorgés, grenadés. Lorsque les ailes de sa moto s’écartent pour accrocher l’air ferme autour d’elle la jeune demoiselle vient se poser, son enveloppe charnelle serre si étroitement la force qui est en elle qu’elle semble prête de craquer et libérer un char d’assaut ou un jet, pourtant elle s’agenouille aux côtés du révolutionnaire mort, appose sa paume sur son front qu’elle relève, sans effort ni appui, et entraîne jusqu’à la moto, qui les emporte.

 

*

**

 

Je fais le mort. A mon contact la paume se dissout <je me perméabilise> pour se retendre sous mon front. Sa peau s’assemble à une densité venue de mon crâne. Elle m’asseoit sans que j’ai à m’accouder, mais le plus difficile pour moi est d’avancer en glissant sur la pointe des pieds, si le sol reculait, sans essayer de me rattraper et faire un pas.

 

*

**

 

La citadelle immense, pour garder une certaine forme malgré la pression exercée par la gravité terrestre et protéger ses bâtiments qui gonflent et s’affaissent comme des organes, s’est constitué une charpente animale rigide, articulée, un squelette auquel se tendent les muscles. Un stade empli de pin-ups, à peine ses flancs se déchirent le quartier entier pivote à la verticale, sur lui, afin de l’accompagner dans son écroulement, s’entrouvrant ainsi lui-même en masse avant de se réajuster confortablement pour son sommeil tandis que le reste de la ville reste parfaitement fixe et inébranlé. Elle peut ainsi se redisposer sans garder dommage des bombardements et typhons qui la traversent constamment, musculeuse elle n’a pas l’aspect d’une montagne de muscles toute cette harmonie maintient sa colossale stature se révéler la bondir le Grand Soir.

 

*

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Vêtu de voiles courts et transparents, la poitrine maintenue par un soutien-gorge barbelé et des bas résille en maille d’acier, sa longue et souple chevelure tombant sur les épaules est alors tirée, nattée pour ne pas gêner le maniement des pénis, le vieillard barbu et borgne préside la table armé d’une lance, il boit et donne ses doses de viagra aux deux loups à ses pieds tout en inspectant chacun des convives que lui amènent les pin-ups par les 540 portes de la salle, pris de folie pour certains de nos costumes qu’il essaye immédiatement, enfourchant son Mig à huit ailes au nom du « Sang des ouvriers en colère » une casquette frappée de l’étoile rouge à l’allongée du bras, nous le saluons en retour dans un étalage de force brutale et sociale, puis nous continuons avec les pin-ups qui nous charment en nous remettant des décorations à l’effigie de roues dentées et machettes, poing noir, capsules Vostok, globe mondial, Kalachnikov, gerbes de blé, bombe H, compas, pinceaux, faucilles, marteaux, et les mélodies aux accents si troublants –« Avanti o popolo, alla riscossa, bandera rossa (bis) » ou « Que Faire ? »- qu’elles nous perdent toute agressivité et nous cessent toute défense devant le vieux qui vient nous chercher.

 

*

**

 

Tout se passait donc pour le mieux, sauf que mes compagnons de banquet funkaient la mort, et que les pin-ups devaient sans cesse les faire se laver. Des petites cages de bain étaient ainsi pratiquées dans le sol, par lesquelles on les descendait ou poussait lorsqu’ils refoulaient trop. Quand j’ai commencé à comprendre les de telle sorte que du pourquoi du comment, avec toutes les mines fléaux biologiques guillotines pressoirs seringues hypodermiques garrots poires d’angoisse faux cocktail Molotov cigarettes-revolvers sas de décompression crochets de boucher qu’on vénère ici, sur des petits autels –avec coussins cadeaux et un antivol-, j’ai trouvé qu’il serait bon que je cache des morceaux de poulet sous mes aisselles. Après quelques jours on m’a invité à descendre.

 

*

**

 

L’eau s’arrête de couler et c’est l’évier qui semble s’allonger sous la pression, happé par le silence je me redresse en m’accoudant au bord de la baignoire, suivant les surfaces métalliques mastiquées ou pompées de l’intérieur, après un réarrangement constant et infime entraînés les volants l’obturateur le tube, être pissés d’un jet court, penchant la tête vers mes genoux que je relève m’apprêter à sortir lorsque la force de déformation est suffisante pour arracher l’évier à la baignoire, soudain tiré à la verticale sous l’effort de câbles qui l’auraient marionetté de plus haut que le plafond, comme sur des jambes par manque de densité osseuse monte en se contorsionnant sur ses deux conduites d’arrivée d’eau, tandis que le pommeau de douche s’élance à la perpendiculaire si vite qu’il ne peut s’empêcher de pivoter lorsqu’il atteint toute sa longueur, balayer la surface du plafond.

Comme il est plus facile d’entraîner chaque mur en faisant propager une série de petites bosses plutôt que de les tirer ensemble, la tuyauterie a des contractions, la zone d’arrachement s’étendant ainsi à chaque sollicitation, le déplacement des dislocations se faisant par palier net aisément situable, jusqu’au point d’effondrement –assis dans ma baignoire au milieu de la rue– autour dissipé le bâtiment la plomberie seule se lève au-dessus de moi, puis roule en arrière, puis revient à moi.

Le choc donnait naissance à des échos en forme de taupinières sur la partie supérieure et les arètes de l’immeuble voisin, la tuyauterie s’animait avec une si grande force sous la façade que celle-ci ne pouvait s’empêcher d’accompagner cette circulation, et lorsque d’un mouvement lent de tout l’immeuble –s’essorer– elle le craqua à son tour, se fut en s’écoulant et pour ainsi dire brancher ses tuyaux à la première libérée, qui s’en trouve renforcée et d’assurer son équilibre commence à marcher.

Alors que ce mouvement forçait les tubes à décrire entre eux des tressages dont le dessin se modifie à chaque seconde selon la traction, le cisaillement, les cassures, des contrepoids les élevaient tout à coup aussi haut qu’il se pouvait, les repoussaient vers l’extérieur puis les rabaissaient, l’approche de la tuyauterie animant les canalisations qui entrent dans son périmètre la rue déchirée de profondes crevasses, les côtés de chaque immeuble semblant reliés entre eux par un arbre sont poussés et tirés alternativement, avant, au moment où les pompes transmettent un ultime mouvement mécanique, rotatif ou rectiligne, d’être vidés par succion de leur plomberie, et sombrer.

 

*

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Prisonnier au haut d’une tour dans un appartement en train de se vider pour la circonstance. Le plafond en petits groupes a des tentacules qu’il déploie jusqu’au sol, entourés d’une musculature longitudinale et d’une musculature circulaire –il s’enroule en s’allongeant et se rétracte en balayant tout le tentacule semble se contredire– afin d’envahir sans solution de continuité entre leurs mouvements, tandis que des bandelettes ciliées acheminent au long de leurs parois la nourriture au bec, les matières les plus grosses sont rejetées. Le sol désastre. En pieux, chiffons, éclats d’os, sommier à ressorts, carapaces de tortues, bris de verre, armures, perles.

 

*

**

 

Je commence à m’échapper. Le plafond tentacule pour se nourrir.

Je commence par saisir un tuyau du radiateur en passant mon corps par la fenêtre, mais les pierres du mur suintent et à peine appuyés mes pieds en glissent, je préfère m’attacher au radiateur et faire des nœuds au long de mon corps, selon la méthode traditionnelle on fait une boucle qu’on appelle le puit et le serpent sort du puit, fait le tour de l’arbre avant de rentrer dans le puit, mais ces nœuds tiennent par tension et se desserrent facilement dès qu’ils n’ont plus mon poids, particulièrement où je noue des membres de dimensions différentes –ma hanche à ma cheville– à la moindre bourrasque c’est l’échevellement –tendon, os, veine, poisson, rembourrage, graisse, prothèse– aussi me faut-il me faire une boucle d’un côté avant de me saisir à pleine main de l’autre et me croiser alternativement à tous les éléments de cette boucle, jusqu’à ce qu’il me soit possible de m’y asseoir pour me hisser ou descendre sans qu’elle se défasse, je n’ai plus qu’à continuer jusqu’au sol, brutalement attaché à la moindre traction, autrement je coulisse bien à la main, me contentant par de beaux accroche-cœurs d’écarter un membre abîmé qui raccourcissent mon corps, sans le couper. A terre en virant au coude et à la paume je prends le temps de bien me lover autour de mon avant bras, enroulé de telle sorte que ne m’emmêle ni me tords, et une fois plié je me sauve en longeant les murs.

 

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Lorsqu’elles ne partent pas en manif, elles se plaisent à parcourir le pays sous l’apparence de filles-cygnes, on peut les voir se réunir autour d’un lac et quitter leur plumage, en chantant « L’aiga de rosa te fera morir, pecaire… ». Je suis le malin qui en profite pour le dérober à l’une d’entre elles et peux dès lors m’en faire obéir, l’agenouiller sans défense, la tenir dans l’obligation de me subir comme j’ai éprouvé son patron.

Do It Yourself

01/04/2010 - 13:31



Do it yourself

 

 

Dans ce temps là ma tête n’avait qu’une seule veine, mon sang coulait avec une si grande force que je ne pouvais m’empêcher de l’accompagner : ratatiner, m’emplir, ratatiner, m’emplir, ratatiner, … je réalisais les secousses qui m’animaient.

 

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*          *

 

Lors de son passage toute proie me dévie fortement. Si elle me tourne autour elle va avoir tendance à déformer ma surface et l'entraîner dans sa rotation, jusqu'à me détacher un bout. Ainsi happée par une proie ma matière ne se décale pas sans élasticité et se résorbe à moi plusieurs fois avant d'être engloutie dans l'autre.

 

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J’avais un ventre avec la terre, et soulevé de terre. Notre ventre. Par lui le sol me relançait, il repartait de mon corps mais sans moi.

D’entortiller ses galeries la terre m’excave des intestins.

 

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Au niveau digestif, le plus souvent ils m’atteignent avec leurs mains (plus rarement à coups de pied ou de dents), ma peau accompagne leur coup en se relâchant dans les autres zones tandis qu’elle se roule en filaments où ils me touchent. Ces émissions s’étirent et se rétractent, ce qui leur permet de me ramper au long de la proie, à force de m’enrouler autour pour l’immobiliser et augmenter la surface de contact entre elle et ma membrane digestive elles m’essorent, appliquant ainsi un film de fines gouttelettes : le film se disperse et se réassemble dans la peau, se mélangeant à l’aliment cette langue le malaxe tout en permettant de m’y ancrer. Lorsqu’il cède sous l’adhésion de ma membrane, par répercussion celle-ci s’invagine, je n’ai plus qu’à ingurgiter : la paroi musculaire se rétrécit puis propulse la portion de langue et de nourriture lentement vers la suite du tube digestif.

 

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Du doigt, en me frottant la peau, je parviens à l’excaver. Suffisamment profond le trou suinte de telle sorte que son opercule se réduit sans jamais pouvoir se refermer. Je peux alors m’y incorporer un grain de sable et m’en servir dans la masse du liquide comme balancier, les percussions du grain contre les parois me permettant de déterminer si je monte ou descends un escalier, me penche ou me rétablis. Mais le grain malheureusement constitue un perfectionnement si sensible de mon être qu’il subit des secousses au moindre son, mon sens de l’équilibre prenant le développement d’un organe de l’audition.

Il me faut alors travailler ma stabilité en toutes circonstances d’audition. Par exemple, alors que je me trouve les épaules plongeantes, un hurlement m’étend les deux jambes en coup de frein. Ou encore lorsque d’accélérer je cabre, rejetant tout le poids de mon corps sur mes fesses et la tête fuyant en arrière, le crissement d’un gravier me tire le sol vers le ciel. Il s’agit alors de réduire l’angle qu’ont les fréquences sonores avec les secousses de l’horizontalité, cela me donne moins de plongée mais aussi de cabrage, car de s’égaliser son et équilibre s’appuient mutuellement et allongent la période de suspension entre chaque appel du pied, m’intimant une allure dilatante dans la course, qui n’ajoute pas de pas au pas, mais m’immobilise. Puisque je ne peux évidemment pas accélérer ou détendre la pression à l’intérieur du grain, je modèle mon sexe en le roulant avec les doigts, mais comme je ne parviens pas à suffisamment l’amincir, pour en faciliter l’introduction je dois tirer le pavillon de mon oreille. Dans le conduit le sexe se maintient encore comprimé quelques secondes, avant de s’adapter de lui-même aux parois.

 

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La marmaucha Mudi-esquia - on parle de cette bête (marmaucha) de l’embouchure de l’Adour jusqu’au nord du Marensin lorsqu’on retrouve un cadavre évidé de son échine et certains os ; comme on voit la bête après avoir tué un homme marcher debout, mais galoper quand c’est un cheval, on pense qu’elle emporte les échines pour en changer.

 

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Peu après la métamorphose, je gagne la ville : je m’attaque aux voyageurs de préférence en mauvaise condition, en me fixant sur eux par ma bouche. En ventouse avec, à l’intérieur de sa lèvre circulaire, ses rangées concentriques de dents, je perce la peau de ma victime par raclage et suce le sang. Puis la pâte s’approfondit et je pénètre à l’intérieur du corps que je dévore complètement au moyen de ma langue râpeuse. Lorsque le voyageur est affaibli, je me détache et vais en choisir un autre.

 

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Pour assimiler ensuite la proie à mon sang, sans trop fatiguer les aires d’échange, j’ai des rehauts. Dans un segment du tube digestif qui contient une abondante quantité de liquide, l’air coince par des spasmes et des coudes ; le procédé consiste à effectuer des rotations du volume intestinal, les gaz cognent alors et dans leur tentative de passage valdinguent l’intestin d’une veine sur l’autre.

 

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Ensuite il me pousse des yeux. Les adultes peu après la poussée des yeux se laissent emporter par le courant et meurent.

 

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J’en profite pour passer une annonce. Je vends mes os.

Mes os permettent d’atténuer les coups forts, sans endommager leur environnement. Ils s’adaptent à la forme du poing ou des dents, assurant une excellente réception et accompagnant le corps étranger en moi. La texture de mes os, lorsque l’on me coupe, particulièrement lisse et douce, offre un contact agréable et ne procure aucune gène. Ils sont idéaux pour des activités en milieu violent.

 

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L’œil tourne en se dédoublant par le milieu, avant de restituer sa pupille sur une position plus centrale. Dans le même orbite les deux sphères se gênent, mutuellement elles se repoussent. Mais sous l’effort de la pupille qui tire dans tous les sens, comme affolée, par un bercement léger, la différence de pression entre les deux globes augmente et crée un appel de substance qui atténue leur ligne de contact et les canalisent, après quelques crispations ne me regarde plus qu’un seul œil. Se maintient un dénivellement du globe oculaire.

Le méchant petit monsieur naze

03/11/2008 - 00:56

François est à genoux sur le tapis du salon et il joue avec ses Légos
il va bientôt devoir les ranger parce que sa maman prépare à manger
alors François redoute le moment où cette maman va hurler A TABLE
lui il veut pas manger tout de suite il veut continuer à jouer au western avec ses Légos
la télé est allumée  car François attend son dessin animé
dans la télé il y a un petit monsieur qui parle mais François ne comprend rien à ce qu'il raconte
François n'aime pas beaucoup ce petit monsieur
parce que son papa il râle tout le temps quand il le voit dans la télé
son papa se met à crier fort quand le petit monsieur parle
au début François avait peur alors sa maman lui a expliqué
son papa il crie parce que ce méchant petit monsieur dit que des âneries et la France va mal à cause de lui

mais François il se fiche bien de ce que le méchant petit monsieur raconte
François il attend son dessin animé
il veut pas aller manger
il a pas faim en plus
François sent que sa maman va hurler A TABLE d'une minute à l'autre
il redoute ce terrible hurlement qui lui glace les os
François il préfère jouer avec ses Légos Cow-Boys
il aime bien les Cow-Boys François
le méchant petit monsieur qui met la France en désordre il a l'air naze à côté de Clint Eastwood
François il aime pas quand son papa se met à crier fort
il aimerait que le méchant  petit monsieur se fasse péter la tronche par Clint Eastwood
des fois François fait rebondir ses figurines Légos contre le mur en faisant croire que c'est le méchant petit monsieur naze
ça le fait rire
mais ça fait pas rire sa maman
elle le gronde parce qu'elle dit que ça abîme la tapisserie
du coup François fait ça en cachette
quand sa maman écrase la soupe avec le mixeur pour pas qu'elle entende

dans la télé le méchant petit monsieur est parti
maintenant c'est la publicité
François aime pas la publicité
il trouve que ça sert à rien et en plus ça coupe ses dessins animés alors crotte il en a marre
Clarisse elle aime bien la publicité
mais François il dit qu'elle est naze cette Clarisse
pas aussi naze que le petit monsieur qui sait rien faire quand même parce que c'est sa soeur
sa soeur Clarisse elle va tout le temps faire les courses avec sa maman
c'est parce que sa maman lui achète les poupées qu'elle voit dans les publicités
du coup ça énerve François parce que lui on lui achète jamais rien

mais de toute façon il s'en fout François
à force de manger la soupe que sa maman écrase dans le mixeur
François deviendra grand et costaud comme Clint Eastwood
ou comme Popeye le marin qui mange des épinards
François aime bien Popeye le marin parce que c'est un héros qui pète la gueule au méchant Brutus
Brutus c'est un gros naze comme le méchant petit monsieur
du coup le jour où il sera fort comme Popeye et Clint Eastwood
François sera le roi du monde
et il pourra casser la gueule au méchant petit monsieur naze qui fout le bordel dans la France
comme ça son papa pourra enfin regarder la télé sans crier comme un malade

A TABLE

horreur
ça y est le glas a retenti
François range ses légos à contre-coeur
il éteint la télé alors que son dessin animé vient de commencer
à chaque fois c'est pareil
quand il est à table avec son papa et sa maman il doit regarder les informations
François n'aime pas les informations car on y voit que des choses pas marrantes
et y'a le méchant petit monsieur naze qui vient souvent parler
François espère que le méchant petit monsieur naze ne sera pas encore dans la télé
il aimerait bien que ce soir son papa n'aie pas besoin de crier fort.

pompe à bière

14/10/2008 - 10:25

arrivent les politiques. arrivent les politiques avec les concertations pour ventres creux. ventres creux ou bombés arrivent les politiques avec des messages en forme de couilles d'obus. couilles d'obus à bourrer les culs mous. arrivent les politiques et les gens avec aussi dedans. arrivent les gens avec les mêmes gueules en forme de couilles d'obus. les gens gueules remplies au mépris couille d'obus. arrivent les gens la crotte encore qui pend au cul. les gens encore la crotte et les politiques restructurantes au cul. les politiques restructurantes avec les gueules à couilles d'obus dedans. arrivent les gens. les gens qu'on dit c'est plus les gens. les gens qu'on devrait dire techniciens de surface. les gens qu'on balaye la planète. arrivent les gens qu'on dit va balayer plus loin ta gueule si j'y suis. les politiques dans la gueule de qui j'y suis avec les messages à bourrer les culs mous. messages pour crottes au cul et balayeur de surface planétaire. la surface planétaire dans ton cul à les gens. arrivent l'art et la politique dans les gens couilles d'obus. arrivent enfin l'art et enfin la politique avec la bande des philosophes armés. les philosophes en bande armée dans des grottes. les philosophes qui bandent dans la grotte avec les politiques qui bouffent le bifteck. le bifteck à grenouille de les gens pompe à cul. pompe à bière et pompe à fric. pompe à fric bourrée aux as et pompe à bière bourrée dans cul sécurit. bourrage dans cul sécurit à les gens. arrivent enfin les gens. arrivent enfin les politiques aux couilles mortes et pleines. fouille au cul sécurit. fouille et palapation crotte au cul avec la bande des philosophes armés. pompe à fric et pompe à bière avec de l'art remplie au noir sécurit. arrivée dans l'art avec les philosophes bande armée et fouille au cul sécurit. culs des noirs sécurit et viande grillée petits fours. petits fours avec pompe anale ou bière au bide. petits fours avec bourrage de gueule et opération sécurit. bourré comme des culs dans la grotte. la tête des gens de l'art bourrée comme des culs dans la grotte. la tête des gens de l'art des pompes à bière remplies aux noirs sécurit et séminale sécu. fouille et palpation avant les discours couilles d'obus.

 

j'ai un bon message pour toi. j'ai un message c'est pour toi. j'ai pour toi du bon c'est message et c'est pour toi. j'ai pour toi j'ai un message et c'est bon. c'est bon ce que j'ai. j'ai du bon du message et c'est pour toi. j'ai du message pour toi. j'ai du message et pour toi. j'ai du message et c'est toi qui est pour. et c'est pour toi voilà qui est bon. j'ai du bon du message c'est pour toi. c'est pour toi et voilà c'est tout bon. j'ai tout bon dans tout toi et message qui voilà. j'ai message et j'ai bon j'ai tout bon j'ai message c'est  pour toi. et tout bon. j'ai tout bon tout bon. j'ai toi c'est bon. c'est tout bon. j'ai message. j'ai j'ai j'ai j'ai j'ai j'ai j'ai j'ai. tout tout tout tout tout tout tout. toi toi toi toi toi toi toi toi toi toi. c'est bon c'est bon c'est bon c'est bon.

 

la compagnie des prout-prout-ma-chère. les prout-prout-ma-chère en bicyclette. les prout-prout-ma-chère bicyclette et pince à vélo. la compagnie des prout-prout-ma-chère avec des mots à déguster bicyclette et pince à vélo. mots à goûter déguster chuchotis chuchotas. chuchotement à poil dur. chuchotement à poil dur dans l'oreille à cul mou. tous les culs mous écoutent. chuchotis chuchotas. poil dur. poèmes au ras des culs mous et prout-prout-ma-chère en bicyclette et pince à vélo.

le central

le central

la france

essai de texte sur la politique de l'intime

22/06/2008 - 11:40

 

Sarkozy c’est le politique contre soi, le politique pour la politique de la fermeture et du recours à l’identitaire. Qu’est-ce que l’identité ? un mot galvaudé, repris par les culs de jatte de l’esprit, les cafouilleurs en sensations et les politiciens qui pensent au rabais. Pour parler de l’identité il faudrait déjà parler de ce que c’est que l’expérience, de ce que c’est que l’intime. L’intime est l’expérimental de soi, c’est une imitation aveugle de ce qui nous vient de partout. Nous sommes d’énormes capteurs à sensation, nous sommes de vraies baudruches vides qui ne demandent qu’à se remplir de savoir. Mais lorsque nous parlons de nous-mêmes, lorsque nous y allons de notre petite expérience de vie et lorsque nous nous abandonnons à notre biographie, nous faisons injure à ce qui nous est intime. L’intime ne passe jamais que par des choses trafiquées, car l’homme depuis qu’il n’est plus singe est dans son devenir technologique, quoiqu’il fasse. L’homme utilise la parole et cette parole, cette voix toute spéciale, ce faux grain de voix, cette langue qu’il dit toute personnelle ne lui appartient en aucune manière. La parole est la première invention, la machine première qui lui fit se détacher du naturel. Ce n’est pas forcément glorieux, mais tout appel à un retour à la chose naturelle est une même aberration que les replis douteux dans la communauté et dans la chose identitaire. Aujourd’hui, il n’y a pas plus intime que ce qui sort par la bande et qui nous vient d’une absence momentanée de notre corps en propre. Propreté et identité sont des mots abjects qui n’ont rien à voir avec ce qui nous touche au plus profond de nous-mêmes. L’intime est externe, l’intime ne vient pas de soi, l’intime est l’anti couverture à soi, l’anti repli, mais plutôt le perméable qui nous vient du dehors, par toute la vie au dehors. Pas d’intime en soi, sinon porté par dehors, habité par dehors et habillé par l’autre. L’autre est porteur de notre intime. L’autre en tant que parleur et écouteur et vivant nos expériences, l’autre nous rapporte à nous-mêmes mais par des chemins de traverse, des chemins détournés, par les objets diversifiés de la parole (et qui, certes, sont aussi utilisés pour la communication et les appels aux replis identitaires du monde politique et médiatique). L’intime passe finalement mieux par la trame des objets qui servent à nous prémunir de l’identité, c’est par-là que va passer l’expérience réelle de soi et non par ce qui sort réellement d’un soi qui serait le trou, le vide expérimental. Soi est le saut dans le vide et dans l’absence d’identité, soi n’est pas dans la question de l’identité, l’identité est une chose imbecile qui ne traverse rien, soi est plutôt dans la traversée nomade de tous les corps, corps de paroles et d’affects et corps de présences multiples, corps de temps et corps d’absences à tous les niveaux, tous les niveaux de l’absence se conjuguent pour former l’être, tandis que l’identité est un faux plâtre qui fait croire à la personnalité. Il n’y a pas de personnalité, il y a des absences conjuguées qui forment un individu, des absences et des étirements, des impossibilités et tout un tas de surprises qui font bondir son esprit hors de la communauté, tout un ensemble de mystères et de sursauts qui arrivent dans l’existence, les étrangetés le travaillent, la bizarrerie le questionne, c’est tout cela qui peut façonner l’individu plutôt en quête de ce qui ne lui appartient pas que ce qui lui est proche, c’est-à-dire identitaire. L’identité est l’appauvrissement, le vieillissement, tout ce qui rassemble identitairement est un vieillissement irrémédiable. Mais pour contrer l’identité ce n’est pas nécessaire de manger autrement, ça se fait seul et dans l’absence de repaires trop inscrits, trop guidés par des adultes en mal d’inspiration (identitaires ?). Il suffit juste de laisser traîner des livres parfois, pour que l’étrangeté nous vienne. C’est là le problème d’aujourd’hui, c’est de faire croire qu’il faut emmener l’autre à sa pauvreté pour qu’il change. L’autre au dehors, l’autre dans son autre est aussi pauvre et ce n’est pas forcément là, dans l’attouchement et dans un réel trafiqué d’apparences que l’on va rencontrer la bizarrerie de soi, le vide de quelque chose qui nous attire et nous forme, c’est aussi par les signes indistincts que l’on s’accroche, par un débordement de signes, de paroles, de noms, de vitesses différentes, de sons que l’esprit voudra manquer de souffle. L’identité est un souffle coupé, parce que trop dans son souffle personnel, un ratatinement de la luette, un essouflement rapide et des idées sans consistance, tandis que soi apprend à perdre le souffle parce qu’il saute dans le vide. Les communautés sont ce qu’il y a de pire pour la jeunesse qui ne demande qu’à vivre, c’est-à-dire à sauter dans le vide de l’autre. Et l’intime du politique alors ? Et l’intime de Sarkozy dans tout ça ? C’est comme les mauvais romans autobiographiques. C’est comme les mauvaises pièces de théâtre avec tout le tremblement dans le grain vrai de la voix nue. La voix vraie et nue de Sarkozy n’est pas encore pour demain. La voix vraie du papa-razzy président. Ne faisons pas confiance à cet homme qui, plus qu’un autre, joue avec son intime, car ce n’est pas ça l’intime. Beckett nous l’a montré avec la Dernière Bande. C’est la machine qui explose et déraille et l’être est dénué face à cet intime furibard. Mais ce dialogue dans l’énervement le construit plus qu’il ne l’abime. L’être Beckettien est en forme, contrairement à nos clônes politiques, car l’épuisement de ses personnages forment la trace d’une vérité à l’existence, une vérité que tous les discours politiques et les replis identitaires nous dissimulent.

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