Charles Pennequin et Armée Noire

bouchon

est-ce que je pense avec mon cul

18/12/2008 - 18:16

 

mais maintenant finie la rigolade. la journée se termine. toutes les journées sont des sacs. elles enferment la connerie. la connerie qui fait la rigolade. mais la connerie fait reculer la déconnade. et ça fait pas rigoler de reculer dans la déconnade. reculer toutes les déconnades quotidiennement ne fait plus rire l’homme du jour. et quotidiennement la vie enferme ça. la déconnade prend fin avec le jour. le jour se finissant. il faudrait finir dans le rire. mais c’est impossible pense l’homme du jour. le rire c’est comme les mauvaises odeurs. au chiotte le rire dit la journée en déconnant. il nous faut des histoires. si vous voulez on peut vous en fournir de bonnes. des invariables. car toute journée déroule la même bobine. car toute journée raconte invariablement la même connerie. car toute journée est une sinistre bourde. y a pas de quoi rire. ça fait juste rigoler. tout le jour de ma personne est une grosse blague qui tache dit l’homme du jour. tout jour fini par une mauvaise fiente à l’esprit. et c’est tant mieux. pourquoi s’en priver se dit ma personne. pourquoi on se priverait d’une bonne vieille blague de cul pardis. une bonne tranche de rire comme en travers du jour pense ma personne. une bonne histoire comme une sorte de vomitif. car c’est du vomitif qui lui faut à l’homme du jour. sinon il pense qu’avec son cul. et là ça plaisante plus. finie la rigolade. est-ce que je pense qu’avec mon cul dit l’homme qui rigole plus. est-ce que mon cul est le seul à penser dans toute ma personne. le seul être de toute ma personne qui pense. le seul qui pense est-ce le cul se demande l’homme du jour. toute ma personne qui blague est occultée par l’individu cul. c’est l’individu au cul qui pense. le cul indivisible occultant ma pensée. et ainsi donc ma personne pourrait penser grace au cul. mais ma personne ne peut penser grace au cul pense l’homme du jour. car ma personne dit l’homme du jour pense uniquement par son cul. l’individu de ma personne est son cul. et finalement c’est l’idée d’un cul occultant. et finalement c’est le cul occultant qui occupe toute ma personne pensante. toute la pensée de la personne pensante qui voudrait bien démarrer un sujet à partir de n’importe quoi. et pourquoi pas le cul se demande ma personne pensante incarnée par l’homme du jour. pourquoi ne pas démarrer par une histoire de cul. mais en fait le pourquoi pas est de trop pour l’individu cul. le pourquoi pas n’existe pas dans l’être cul qui est dans ma personne pensante occultée. le pourquoi pas un cul et démarrer avec ça la journée n’a pas lieu d’être. et pourquoi donc se dit l’homme du jour. pourquoi ne pas traîner ses fesses dans une histoire. une histoire qui démarrait sur ma personne du jour et par le biais d’un cul. parce que c’est juste le cul et rien d’autre qui démarre ma personne aujourd’hui. le cul démarre tout. le cul est la présence même. est la pensée même. est la personne même. et pour aujourd’hui et pour demain. invariablement. et donc il n’y a pas d’alternative possible. pas d’alternative au cul pour ma personne. il y a le cul et rien d’autre. rien d’autre ne viendra boucher mon histoire. rien ne viendra raconter des salades autrement. rien d’autre qu’un individu en forme de cul si possible. si possible un cul et rien d’autre. et arrêtez là vos salamalèques. car c’est tout ce qu’on peut commander ici. il faut pas croire au père noël. ni à l’enfant jésus. l’homme du jour ne vit que là-dedans. il crèche que dans l’histoire de cul de son individu. il n’y a rien qui viendra boucher l’histoire de la vie d’un homme autrement. l’histoire de la vie n’est qu’une histoire de cul. une histoire comme un bouchon. un vieux bouchon qui pèse sur ma personne dit l’homme du jour. et plus la personne est occultée et plus le bouchon prend de l’âge. plus le bouchon est âgé et plus il ressemble à cette vieille histoire promise. la promesse d’un cul sans fond. un cul sans possibles qui est devenu le bouchon pour toute la personne habitée. c’est comme une chose avariée. l’histoire est invariablement habitée par le virus du cul. c’est comme s’il y avait depuis la naissance la volonté qui pousse comme une fraise. une sorte de fraise au fond du moi qui est avarié. un fruit pourri. un cul. car le cul c’est l’avarie des machines de moi pense l’homme du jour. toute la machine du moi est avariée par cette histoire de cul. la sale histoire de cul qui est née au même moment que nous-mêmes. et pourquoi ça naît au même moment qu’un nous. un nous-mêmes qui pousserait au même moment qu’un lui. un lui qui serait la volonté indépassable du cul. la volonté du cul qui dépasse tout. et toutes les vies invariablement foutues dedans. et toutes les bouches cousues dans ces vies fortuites et foutues. les bouches cousues au bout d’un bon moment par la seule et triste histoire de cul. le racontar de nous sans fond. la bonne vieille blague qui pousse en travers nous. c’est-à-dire en travers l’individu. et que l’individu c’est le cul. à ne pas confondre avec ma personne. ma personne est juste une sorte d’entendement mal débouché. une volonté constante que viendrait toujours rasseoir l’individu. c’est-à-dire son idée de cul toute bouchonnée. mais la boucle est bouclée comme on dit dit l’homme du jour. la boucle est dans la forme humaine. la forme rassise et bouchonnée humaine qui a raison de ma personne. et y a plus rien à y faire. ne rien faire d’autre que terminer en eau de boudin. toute son histoire humaine finie. toute sa personne historique dans l’eau de son propre boudin. tout qui est bu. toute l’imbuvable histoire avec les mouches autour. comme une histoire d’amour. une histoire à la tue-mouche qui tourne autour. une histoire à la va que j’te pousse. ou que j’t’épouse. c’est du tue-mouches qui pousse dans toute histoire d’amour. l’histoire à tuer que des mouches est une histoire d’amour à dormir debout. histoire à dormir avec les mouches mortes autour. car c’est l’individu même qui est un tue l’amour. c’est l’individu debout qui fait débander la vie. l’histoire de cul de l’individu dans les feux croisés de l’amour. les feux de détresse de la rencontre amoureuse. la rencontre fortuite et amoureuse de l’autre. l’autre supposé. l’autre et son suppositoire à suppositions. l’autre en suppot bande mou dedans la vie du nous. l’autre qui n’est que la même forme de suppositoire que la personne dans laquelle nous stationnons. un certain laps de temps à stationner pense l’homme du jour. et le stationnement n’est jamais payant. il faudra de multiples histoires. des histoires de cul en nombre pour venir bouchonner la vie. toute la vie sera bouchonnée par nos histoires de cul et de suppositoires. c’est-à-dire de tremblement avec effet de sudation. avec des pulsations cardio vasculaires et une certaine pluviométrie positive. car tout est positif dans l’homme du jour. tout est bon comme la tripe et l’andouillette pense-t-il. alors que ça finit toujours par un forfait à deux. mais on veut pas voir la chute de l’histoire pour l’instant. on veut juste les bons débuts. des morceaux de choix on veut. on veut juste le croupion pense ma personne du jour. le croupion du bon début du nous. car le croupion c’est toujours la meilleure partie de nous-mêmes. le croupion c’est le meilleur morceau de notre histoire de cul.

un bouchon

09/06/2013 - 13:53

dessin   marceau

guitare  léandre

texte    charles

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