Charles Pennequin et Armée Noire

poésie

survie poétique d’un prof-de-merde

01/11/2011 - 22:40


stop non après nous vous allez vous pourrez vous frapper après là vous oui b bon j’ j’ai jour ire jouer çasfaipa suivez donc m moi alors tais-toi t t t silence ! allez al calmez-vous NON après oui, après âpre à vos places en silence attends, tais-toi t t t bon asseyez-vous mais m “MSIEUR” MAIS ? bon b bon ou, oui ? mais encore ? ou ? ? ? oui ! çasfaipa ouiii ! et écr écrivez oui en noir NOUS ar’ NON arrêtez bon oui ? à la suite Non, c c ka mais oui, c’est ça c CHAOS çasfaipa et, elle, cache c c CALYPSO non Gilgamesh c’est fini depuis longtemps ! mais quoi ? non, y’a une question ? une question ? ? ? un prob ? pro blême bl bl alors non, t’auras une punition çasfaipa “MSIEUR” oui bon donc parce que certes ! à la suite c’est pourqu’ qu’ quoi QUOI ? traiter qui ? trait que ? non, oui, donc, après, non là faut suivre, bref, nous reprenons prenons pr pr çasfaipa vous voyez le mot m’ comment il est form mé mais MÉTAPHORE fort f f non oui non “MSIEUR” tais-toi oui, très bien, c’est ça et ainsi oui !? ?! Non, pas d’insultes, pas là, tu t’arrêtes y’a une question ? donc, non, pas pisse pas sex x x x bref çasfaipa eh h h “MSIEUR” une interro terre au r r NON in oui, donc vous vous souvenez ? allez, j’attends, quoi, mais non, tais-toi ! toi aussi c’est pas l’moment, mais non pas érection INSURRECTION ! bon bref un çasfaipa c’est mais non après oui, à la suite, mais oui tu peux écr rire en rose ouais allez donc bon un sous soulèvement br brusque ETVIOLENT d’ d’ oui vous y êtes ? ? ? “MSIEUR” non, attends, eh patience, oui, quoi ? bon, tu peux jeter je je t’ai dis de t’asseoir, quoi ? mais mais m d’accord bon, quoi ? çasfaipa mais si ça s’fait ! tu vas voir ! ouais ! mais TAGUEULE ! oooooh ! o o o ! bon, ça va hein, oui, allez tais-toi bref nous continuons mais “MSIEUR” çasfaipa quoi des chiens ou des loups ? ou oui ou tu le taperas après ! çasfaipa “MSIEUR” non NON N n N plus de msieur et taisez-vous bref donc çasfaipa SI ! çasfaipa ton carn EH ! incarné en pun’ çasfaipa çasfaipa j’écris bon nous passons à la lecture “M’” quoi ? oui, mais attends donc p. 113 p p PUTAIN allez mais OUI mais çasfaipa çasfaipa oui, oui, plus fort PLUS F vous avez entendu ? allez qui peut non pas équipe synthé teaser quels seins ? mais non synthétiser ? ? ? certes oui ensuite ?  çasfaipa çasfaipa ça sfait et même toute la nuit ouais bref non c’est lui qui va continuer allez vous l’éc les coups tais-toi t t t vous l’écoutez mais y’a une question ? ion ion je te vois oui bah çasfaipa çasfaipa allez vous avez 10 minutes pour non mais oh le bah vas-y plus fort FAIRE mais si c’est du français ! des LETTRES ouais bah israitemps quoi ? çasfaipa çasfaipa c’est ça qui s’fait pas ! C CA ouais bon Freud ce s’ra rat pour plus tard oui, affreux non, tu arrêtes de l’insulter bref OUIII, c’est juste, vous avez entendu ? du ? quoi, mais si ! çasfaipa çasfaipa donc vous écr CRI-VEZ vais vous faire voir comment ça s’fait PUTAIN NON MAIS bref passons donc par conséquent c’est pourquoi çasfaipa çasfaipa un p p PEUPLE non y’a écrit peuple bref des insurgés qu’est-ce quispasse ? p sp ss ps OH peu importe  quelle heure ? NON mais mais y’a un problème ? une question ? çasfaipa çasfaipa allez oui mais arrête de faire le bébé b b bref, non plus tard oui bah on va pas parler de sexe à tous les cours çasfaipa çasfaipa alors oui y’aura ptet’ une QUI ? et alors ? mais ? nique qui ? quoi ? ah non, encore une fois tu le frapperas plus tard ah mais bon là faut oui à la suite plus bas pl b pl b çasfaipa çasfaipa si d’ailleurs faut le faire ! mais non pas se frapper pas non pas ENCULER en outre si vous voulez parler de sodomie il mais non tais-toi de sodomie m m ouiii ? çasfaipa çasfaipa ah bah non en effet certes donc la COMMUNE mot f f féminin oui … non une commune la quoi ? euh en fait c’était après insurrection oui après non pas sodomie çasfaipa çasfaipa mais MAIS oui alors la m non la m oui là oui mytho l l l çasfaipa çasfaipa mythologie OUI bon plus t c’est ça tu j’ jetteras rap plus tard quoi on voit mon bref et alors ? et toi bah tu oui tais-t bah çasfaipa çasfaipa à la suite non ça n’a pas sonné eh  allez tu ressors mais non tes oui oui bah je nfais qu’ça çasfaipa çasfaipa si non v v vous restez v rst allez vous t rm term tais-t terminez la f f f çasfaipa çasfaipa f f sff frrrr tsf sfrtmr c’est MALIN ! ah non ça oui, attends non ça n att t t ça n’a pas sonné donc tu con t’y nu çasfaipa çasfaipa ouais nan ouais nan bref tr tr rr bi un peu OUAIS ça s’fait en vitesse hop allez mais toi attends ATTENDS plus en v v plus envie ? oui bah y’en a ils z on peut ilzont en VIE alors quoi marre MARRE ouais moi arr' ouais je me mar' aussi eh ha laisse oui donc bon mais arrête là pas maintenant non mais m m moi aussi je m’en branle vous voulez voir comme je me BRANLE allez ouais ooooh ouais bah vous enfin tu PUTAIN çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa ah bah justement tais-toi ou j’te ooo h ouais bon continue l’ex rr r non pas l’excrément l’exercice ouais bah sinon quoi ? ah bah j’te PISSE dessus sinon bah j’vais m’gêner ouais putain c’est qu’la k ouais enfin bon oui ? calme ? où ça ? mais putain mais vous tu tu l’auras voulu put’ p p ssss oooooh oh put’ roooh çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa allez quoi la principale ouais bah le CPE ? qu ? bah on les attends OUAIS allez criez plus fort plus pl FORT ouiiii elle arrive oui ah bah avec oui plus f avec l’adj’ ouais vous quand elles arrivent tous c’est ça tr tr b très bien vous pissez tous en mm temps quoi t’as pas envie ? çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa mais OUI ça ne se fait pas ça se pisse putain AH ! ça y est toute l’adm’ est là ouais bref c’est parti mmm ouais tr b TOUTLEMONDEPISSE PIIISSS SSSSSSSSSSSSSS ouais ouah énorm’ yen a partout ouais ça ah bah oui éclabousse  çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa çasfaipa ouais aussss si coule pue la putain mais ouais et après tout l’monde oui bien v A POIL POILS quoi t t à p t en ap putain la principale aussi et les surveil HAN ouais surtout les surveillantes putain ouais quoi t’as pas trop de poil q pas t t t rr oh de poils en corps ? allez ouais ORGIIIIE COLLEGIALE quoi trop jeunes ? mais put’ c’est TOUT PUBLIC PUTAIN ! mais oui les parents ? ou qu q q ah bah i parti oui pisseront et oui allez faut qu’ça gicl qu’ça déborde qu’ça ouais CHAOS ouais partouze ? continuez à crier bien fort hein OUAIS c’est ça la com oui put’ waouw tu éjac’ oh put’ quoi ah bah précoc’ hein ouais put’ oh put’ COMMUNE URGENCE oui et vous allez ainsi comp nan bon ouais le auj’ tout le monde apprend le col la com’ bref le p putain putain put’ le p le PORNOLETTRISME EDUCATIF !

a peut - être un rapport::

Jean-Pierre Bobillot

28/01/2011 - 11:00

• POésie C’EST l’crivé, l’encri, l’écrié d’l’encrier • POésie C’EST
la cendre & la fumée • POésie C’EST le spleen • POésie C’EST
l’indiscipline • POésie C’EST l’indice & le leurre, la confiture &
l’beurre, la quadrature & l’mauvais quart d’heure • POésie C’EST
la douceur • POésie C’EST la douleur • POésie C’EST l’dompteur
dompté • POésie C’EST l’indompté • POésie C’EST l’impensé
• POésie C’EST l’impensable pensé • POésie C’EST ni rêver ni
pas rêver • POésie C’EST tout • POésie C’EST tout autour (de
moi, de toi, de Vaduz…) • POésie C’EST rien • POésie C’EST
hier, aujourd’hui ou demain • POésie C’EST tout ou rien (c’est
tout un) • POésie C’EST recto-servo • POésie C’EST des mots •
POésie C’EST démodé • POésie C’EST des mots d’trop • POésie
C’EST des mots & c’est pas des mots • POésie C’EST des mots ni
pratiques ni pas pratiques • POésie C’EST des mots ni cratiques
ni pas cratiques • POésie C’EST ni Cratyle ni pas Cratyle •
POésie C’EST ni Catulle ni pas Catulle • POésie C’EST le style &
la crapule • POésie C’EST le hic & l’nunc, le nec & l’plus ultra,
fun, bulles & patatras • POésie FAtras • POésie MANtra • POésie
MENtira • POésie S’EN tirera • POésie PAtati • POésie PAtata •
POésie C’EST pour qui pour quoi ? • POésie C’EST pourri • POésie
C’EST pour rire & c’est pas pour rire • POésie C’EST pour mourir
& pour ne pas mourir • POésie C’EST qui vivra rira & qui mourra
pourrira ou qui mourra rira & qui vivra pourrira • POésie C’EST
pourrira bien qui pourrira l’dernier ou rira bien qui pourra l’dénier
• POésie C’EST les Rats • POésie C’EST l’arrêt sur l’inimage •
POésie C’EST ramage & plumage, grammage, grimage, image,
inimage, rage, orage, mirage, &cetera • POésie C’EST &cetera

 

 

 

Serge Martin : Avec Charles Pennequin, la lecture-performance est-elle une réécriture ?

23/03/2009 - 20:14


Le théâtre c’est en réalité la genèse de la création.

Antonin Artaud, Lettre à Paule Thévenin, mardi 24 février 1948,

dans Œuvres complètes, t. XIII, Gallimard, 1974, p. 147.

               

               

Cette citation d’Artaud vient en exergue pour deux raisons. La première parce que l’auteur et l’œuvre que je vais considérer ne manquent pas de convoquer Artaud (« Les survivants de ses performances s’en souviennent comme s’ils avaient vu un spectre, ou Artaud au Vieux-Colombier[1] »). La seconde, certainement plus importante pour mon propos, parce que la proposition d’Artaud met de fait l’écriture, cette genèse de la création, dans le poème comme théâtre en action ; de plus, elle défait le cliché que je voudrais précisément interroger, de la performance comme réécriture si ce n’est vraie écriture, du moins autre écriture…

 

1. Un dictionnaire et une revue pour défricher le terrain de la performance

« L’écriture demeure et stagne ; la voix foisonne » concluait Paul Zumthor, sur un ton quelque peu prophétique, dans son Introduction à la poésie orale (Seuil, 1983). Ce ton quasi apocalyptique semble toujours quelque peu orienter la réflexion sur certaines œuvres poétiques contemporaines. Les présupposés d’un Jean-Pierre Bobillot ne laissent pas à ce propos d’étonner[2] :

Deux critères semblent s’imposer : d’une part, le livre, la page, l’imprimé ne sont manifestement plus le support approprié à la publication d’une poésie qui lui aura substitué le disque (souple, vinyl, CD), la bande magnétique, la vidéo, le CD-ROM ou Internet ; de l’autre, le vecteur de divulgation et d’accomplissement qui lui est le plus indispensable et le plus intrinsèquement spécifique demeure la lecture/diffusion/action, quelle que soit la proportion dans laquelle chacune des trois composantes est représentée ou non dans telle œuvre, ou dans telle version live ou enregistrée d’une œuvre donnée.

On peut observer le téléologisme avant-gardiste qui soumet la réflexion à un historicisme qu’on peut dire simpliste : naturalisation d’une histoire qui voit disparaître l’ancien pour qu’apparaisse le nouveau qu’indique l’adverbe sémantiquement pris dans la doxa avant-gardiste (« manifestement ») et ailleurs réitération du schéma bien connu des pionniers clairvoyants qui préparent la voie aux réalisations contemporaines (« Pierre Albert-Birot (…) esquissa dès 1917-1918 une conjonction qu’il revint à Chopin d’approfondir et d’élargir, d’incarner au plein sens du terme » : le sujet d’une telle histoire est a-historique, c’est la poésie devenue sonore qui ainsi fait fi des œuvres ; l’impersonnel (« il revint ») que le sémantisme de l’incarnation consacre presque religieusement, poursuit une téléologie prophétique qu’un deus ex machina organise bien loin des aléas des écritures et des lectures, des expériences et des histoires. Au demeurant, toute la réflexion s’organise en dupliquant systématiquement des catégorisations dualistes qui pourraient  se répéter ad libitum : « double mode d’existence et de circulation » ; « dualité, au moins, de préoccupations et de choix esthétiques » ; « écho des deux grandes filières historiques » qui mettent « corps et voix » à l’aune des micro ou macro-composantes, se subdivisant toujours en résolutions doubles : au courant « phonologique » s’adjoint le courant « phonatoire » pendant qu’au courant « formaliste-ludique » s’adjoint le courant « pragmatique »…  On peut apprécier la dimension didactique de l’exposé à condition de concevoir la didactique comme l’effacement des problèmes au profit de l’imposition de vérités qui ressortissent plus d’une religion de la clarté[3] que d’un travail des historicités. Nous sommes bien loin de l’ouverture à des rapports inédits et donc à des oralités dont il importe d’observer et de répondre les fonctionnements plus que d’établir les généalogies ou les origines si ce n’est les destins gravés dans le marbre d’une histoire littéraire dont on sait trop les malheurs toujours à venir d’autant plus quand elle fait tout pour conquérir l’éternité d’un jour…

Mais Bobillot aurait en partie raison de construire son aperçu didactique sur un dualisme du phénomène puisque je lis tout récemment le compte-rendu écrit par un romancier de sa lecture du dernier livre de Christophe Tarkos (1963-2004) qui viendrait comme confirmer la clarté de Bobillot[4] :

Ce dernier [Tarkos] compte au nombre des auteurs […] dont l’œuvre se donne à la fois, simultanément et alternativement, à lire – imprimés sur divers supports, parfois sous forme de livre – et à regarder/entendre, à percevoir, dans le cadre de performances publiques (disant ceci, j’ai d’ailleurs l’impression, soudain, et c’est peu curieux, et vraisemblablement très agréable, que me manque un mot adéquat pour désigner l’acte de réception spécifique du spectateur desdites performances). Ces poètes contemporains travaillent une correspondance intrinsèque entre deux régimes physiques : celui de l’écrit et celui de la présence du corps en live – c’est-à-dire qu’ils pratiquent l’invention d’un corps intermédiaire, éphémère ou récurrent, expérimental, comme d’un personnage conceptuel sensible. Voir ces auteurs performer, les entendre, n’est pas une expérience moins intense que les lire en volumes ; c’est même, de manière radicalement cohérente, le prolongement de la même expérience, ou la même expérience menée par d’autres moyens sensoriels et sémantiques.

La parenthèse sur le mot adéquat manquant sans que cela ne nuise, tout au contraire, à une impression agréable, montre au demeurant qu’Arnaudie est plus dans une attitude d’écoute que dans une posture de maîtrise et c’est toujours par l’indéfinition que commence une recherche, que s’ouvre une heuristique. Ce qu’il confirme après le compte-rendu d’une lecture de Tarkos à Beaubourg. En effet, il engage son expérience d’auditeur du côté de « l’ensemble de sa démarche poétique, sans distinction de médium ou de lieu d’énonciation ». Ce qui est significativement le déni du dualisme initialement évoqué comme par concession avec la doxa de l’époque alors que Tarkos l’oblige à parler de la même manière de sa performance publique et de son écriture. Sa description-souvenir est parlante :

Tarkos était là, sa moustache, son chapeau, son accent marseillais et son débit lancinant – tout cela, un corps –, hésitant et pourtant pulsant cette parole incertaine, vers un dehors (suit une longue parenthèse) ; Tarkos ânonnant, se corrigeant, reprenant, ruminant, tournant et avançant, ressassant, remâchant, proférant.

Que la performance s’écrive comme une épopée de participes présents qui chacun et tous portent la valeur d’un continu toujours au travail, indique au mieux combien il s’agit de vivre ces formes de langage comme autant de « formes de vie » (notion utilisée par Larnaudie avec cette définition-valeur : « invention de corps, d’affects »), c’est-à-dire de vivre poème, comme titre Meschonnic[5], au sens où « l’acte de profération, et ce qu’il implique de corps et de pensée liés » fait le poème même, quelle que soit la situation, écriture dans la lecture ou lecture dans l’écriture. Et on ne peut être déçu par ce qui suit qauand Larnaudie met sa lecture récente non comme « réactivation » du souvenir de la performance mais comme « reprise, donc la différence, la chance, d’une expérience » : c’est que le « manifeste » de Tarkos est un faire qui engage son lecteur à une « entrée en matière » comme le dit Tarkos lui-même pour penser une « poétique du sens » où « le sens est donné à la parole par la parole », d’où le concept opératoire de Tarkos, la « pâte-mot » qui permet l’« introduction de ce qui est » et non « à ce qui est », souligne Larnaudie avec raison en montrant « la fonction poétique et performative du langage, qui éprouve l’instance de parole, l’utilisant non comme représentation mais comme effraction productive, comme manifestation ». Certes, on pourrait apercevoir là quelques restes d’une ontologie langagière que viendrait conforter une phénoménologie au demeurant bien servie par un Prigent, par exemple, quand il pose qu’alors advient le Réel, impossible si ce n’est introuvable autrement qu’à continuer – de ce point de vue, la notion de « text building » utilisée par Prigent à propos de Tarkos me semble insuffisante et reste arraisonnée au textualisme qui toujours réduit le rapport au transport. Mais comme dit Larnaudie in fine : « je continue ma lecture ». Oui, c’est la lecture et donc l’écriture qui continuent inséparablement et c’est bien cette manifestation-là, à savoir une parole toujours recommençante, qui ne cesse non d’avoir lieu mais de résonner, c’est-à-dire d’être la chance des sujets, car de lieu (le livre, la lecture-performance…) il n’en est aucun qui ne l’arraisonne, cette parole, dans son mouvement plein d’historicités plurielles, de ce que j’appelle des relations, des résonances, des passages de sujets…

Partons donc de ce cette cascade de participes présents qui mettent l’écriture au régime d’une energeia (activité en train de se faire) sans jamais la rapporter à un ergon (ouvrage fait) pour reprendre à W. von Humboldt. Ce qui demande de refuser absolument tout « découpage abstrait » au risque d’aboutir à un « bricolage sans vie » :

En disjoignant ainsi les éléments, on s’interdit précisément de reconnaître les valeurs les plus significatives, qui ne peuvent être perçues ou pressenties (ce qui prouve, s’il en était besoin, que la langue proprement dite réside dans l’acte qui la profère et l’effectue) ailleurs que dans les enchaînements du discours[6].

C’est qu’il s’agit de tenir ensemble la performativité de la lecture par celle de l’écriture et l’inverse dans et par ce qui constitue « les enchaînements du discours ». Loin de penser une dimension pragmatique qui viendrait comme ajouter si ce n’est sanctionner par une actualisation une syntaxe ou une sémantique qui lui seraient antérieures. L’enjeu est bien celui de l’écoute du phrasé, du corps même du discours, de ce que Novarina appelle un « personnage rythmique[7] ».

Le phrasé est véritablement le corps-langage, en ce qu’il est, dans le discours, la diction même du discours – retrouvant ainsi la valeur du mot phrase dans la langue classique, c’est-à-dire tour de phrase, façon de parler, manière de dire, valeur qui implique la subjectivité. Ce que montre bien la notion de phrasé à partir de la poétique. L’approche du langage à partir de la littérature, et particulièrement de la poésie, montre que le poème ne peut être dissocié de son dire, que sans ce dire, il n’est rien, raison pour laquelle il ne souffre pas la paraphrase.

Cette proposition de Gérard Dessons[8] demande aussitôt son complément sous peine de retrouver le dualisme du texte et de l’interprétation : « Mais cette subjectivité du dire ne se confond pas avec le subjectivisme de la diction ». Il s’agit bien de viser « une rythmique du discours singulière, qui rend indissociables la réalisation physique du discours et son organisation sémantique-rythmique » (ibid.).

Dire un texte c’est lire un texte et l’inverse. En ce sens, il y a à développer une poétique qui met le poème à hauteur de sa théâtralité engageant la diction dans une gestuelle de tout le langage. Alors la lecture-performance serait seulement une façon, parmi d’autres de poursuivre cette action qui fait le poème, ce poème qui met en action un corps-langage spécifique, un corps-relation qui ne cesse de poursuivre l’écriture dans la lecture et la lecture dans l’écriture. A cette fin, il faut viser « une organisation du discours régi par le rythme. La manifestation d’une gestuelle, d’une corporalité et d’une subjectivité dans le langage. Avec les moyens du parlé dans le parlé. Avec les moyens de l’écrit dans l’écrit », comme dit Henri Meschonnic[9].

 

2. Passage à l’écoute : Charles Pennequin en situations

 

Charles Pennequin publie La Ville est un trou et c’est heureux, Libération (14 juin 2007) en rend compte mais pour évoquer « au début, Charles Pennequin (…) mugissant ses textes sur scène , l’œil exorbité ». Puis cela continue avec cette « langue, comme moyen d’être "hors de soi" lors de ses lectures ». Et c’est heureux que P.O.L « a(it) eu la bonne idée d’adjoindre un CD du texte Un jour pour qu’on se rende compte ». On arrive alors à la fin de l’article d’Éric Loret pour enfin qu’on nous dise que ce livre « est autobiographique » et qu’« il est bon de savoir que la Révolution en est le cœur » ! Certes, le tout résulte d’une « rencontre avec le poète et performeur »… Aussi, il nous faut bien abandonner ce dualisme qui dédouble sans cesse et mettrait alors la récriture dans la performance quand elle pourrait tout autant être dans l’écriture ou, autrement dit, l’écriture comme réécriture de la performance… Christian Prigent signalait vivement l’enjeu de toute lecture publique en le situant à hauteur de poème :

Il ne s’agit pour moi que de mettre en évidence la mécanique formelle d’engendrement de l’écrit. Le seul contenu (le seul personnage) à faire apparaître est le phrasé du texte. En gelant les émotions (drôlerie et lamento) dans la vitesse prosodique : l’action de la phrase doit être le seul drame joué sur scène où je, qui écrivis, lis[10].

Aussi, je me propose de lire ne serait-ce qu’un fragment de Pennequin pour montrer assez rapidement que sa diction fait son écriture comme son écriture fait sa diction. En premier lieu, il y a à souligner l’urgence d’une telle écriture, son caractère vital :

M’empêcher d’écrire c’est m’empêcher de vivre parmi les hommes. Et puis la poésie c’est pas la littérature, c’est la vie, et comme dit encore Artaud, c’est celle qui « s’épuise le moins vite, puisqu’elle admet l’action de ce qui se gesticule et se prononce, et ne se reproduit jamais deux fois »[11].

 Il suffirait de rappeler cette forte suggestion de Walter Benjamin à propos de Baudelaire :

Baudelaire, poète, reproduit dans les feintes de sa prosodie les chocs et les coups que ses soucis lui donnaient, comme les cent trouvailles par lesquelles il les paraît. Il faut, si l’on veut considérer sous le signe de l’escrime le travail que Baudelaire consacrait à ses poèmes, apprendre à les voir comme une succession ininterrompue de minuscules improvisations[12]

Ce rapport entre des formes de vie et des formes de langage n’a certainement pas grand chose à voir avec une conception marxiste ou marxisante et encore moins herméneutique : ni reflet ni re-présentation, il est un rapport d’invention qui cherche la plus grande interaction du cœur même de la vie autant que du cœur même de la prosodie. Et ce rapport prend non la forme du discontinu mais bien celle de la « succession ininterrompue de minuscules improvisations », c’est-à-dire d’autant de performances. Benjamin évoque, toutes choses égales par ailleurs, très précisément ce que fait Pennequin qui entremêle lectures publiques, écrits multiples (publications en revues, blogs… et livres) comme il mêle l’écriture au dictaphone et l’écriture dessinée, l’improvisation sur des canevas d’écriture en ritournelles et le remixage d’écrits toujours en cours…

Un peu comme avec Jean-Luc Parant, il suffit d’aller au milieu du flux :

Ça veut dire quoi causer bien français. Je cause pas bien français moi. Moi monsieur mon père il cause la France. Et moi monsieur mon père il a causé et moi je cause. Et moi monsieur mon père l’a fait français dans la France moi monsieur. Moi monsieur qu'est-­ce çà veut dire faudrait te causer français. Bien fran­çais. Mais moi monsieur suis français d'origine. C'est-à-dire je parle un français traduit dans l'origine. C'est l’original traduit en toutes les langues. Moi monsieur je parle toutes les langues dans seulement du français moi monsieur. Moi monsieur j'arrive à te parler dans toutes les langues dans du français cor­rect. C’est-à-dire moi monsieur je reste correct quand je te parle alors moi monsieur je parle comme ça me pense. Et ça me pense en travers, parce que le travers des langues. Parce que mon père ma mère ma langue tout ça, toute l’origine trafiquée en travers, ça me reste moi monsieur. Moi ça me reste dans la gueule le français, alors moi veux bien faire l’effort, mais moi pas faire mieux que les efforts que moi faire pour bien parler. C’est-à-dire parler en travers. C’est-à-dire par­ler dans ma gorge avec tous les pères et les mères et des moi-monsieur dans le travers qui pousse. Le tra­vers c'est moi monsieur j'ai traversé la parole pour savoir me taire.

 

Je suis mon propre « flop ».

 

Et pourquoi se taire. Et pourquoi je me tairais. Et pourquoi je me tairais pas. Et pourquoi j'ai intérêt à me taire. Pendant qu'on parle. Pendant qu'on papote. Pourquoi je me tais pas quand je papote. Pourquoi je continue de pas papoter. Je devrais que papoter. Et pas que pas parler. Car me taire c'est aussi parler. C’est pas papoter me taire. C’est parler. C’est ce que je veux dire. Je sais pas ce que je dis. Je continue de pas papoter. Je me tais pas mais je me tais. Je sais pas ce qu'il faut faire. Je continue à pas faire ce qui faut faire. Je parle dans la parle. C’est-à-dire je me tais. Je me tais dans la parole. Voilà ce qu’il faut continuer de faire. Il faut continuer le taire en parole. Il faut le faire taire dans la parole. Voilà ce qu’il nous faut. Un bon faire taire. Un bon trou de taire qui vient dans tout le papoter. Le papotaire[13].

Il y a d’abord l’adresse qui met l’énoncé au présent de l’énonciation : ici, le « monsieur » qui fait l’interlocuteur est sans cesse interpellé mais est aussi comme celui auquel la parole se cramponne pour pouvoir tenir, persévérer, durer. Quand l’interlocuteur n’est plus désigné, l’énoncé verse dans l’énonciation par son caractère responsif comme s’il fallait justifier d’une série de réponse à une question qui ne cesse de tarauder la parole. Mais la réponse est plus une reprise de parole qu’une réponse à proprement parler : « Et pourquoi se taire ». Au demeurant, non seulement la question n’est pas vraiment interrogation mais bien ici affirmation d’un « je n’ai pas à me taire » sans cesse repris pour creuser son trou de parole qui met in fine la parole dans le taire et donc l’emporte sur quelque interdiction de parole puisque la parole inclut le taire.

Il y a autant que l’adresse, le travail des lanceurs d’une volubilité qui se nourrit d’elle-même étant entendu que cette volubilité repose constamment sur l’adresse et donc sur l’écoute consubstantielle à sa réalisation. La lancée et le travail de lancée sont autant de reprises de voix dans la voix : « Je cause pas bien français moi » est comme la reprise d’un « tu causes pas bien français » puis plus loin, « causes-moi français », etc., et dans le second fragment : « tais-toi »… Le phrasé lançant est surtout dynamisé par les multiples mots ou locutions qui font autant de chevilles étant entendu que ces chevilles produisent une dynamique continuelle soit par leur valeur d’adresse, soit par leur valeur lançante. On ne peut manquer d’observer le « et » de tous les autres lanceurs anaphoriques qui mettent le discours dans une volubilité de liste, d’énumération. Ces reprises portent une valeur de paraphrase qui montre que rien ne peut venir à bout d’un dit et que le dit pousse au dire, ne fait que pousser au dire.

Il y a certainement une violence dans ce dire au point de « parler en travers » mais il n’y a pas à confondre cette violence avec une quelconque destruction du langage voire de la langue quand ce sont des discours dont la violence est certainement tout autre : violence donc à contre-violence. Et il faudrait parler d’un travers qui permet que la parole traverse les discours qui l’empêchent d’advenir. Et ce travers est d’abord une traversée : « dans la littérature on transcrit les choses de la vie tandis que dans la poésie c’est la vie elle-même », précise Pennequin (entretien avec Courtoux). Bref, pour Pennequin, « écrire c’est parler à ma façon » (ibid.) et, comme disait Michaux, « le mal, c’est le rythme des autres ».

Bien évidemment la paronomase généralisée est le soubassement du dit poussé au dire : de causer à parler puis se taire, du français à toutes les langues en passant par le champ sémantique (langue d’origine, la gorge…) et surtout telle locution qui est reprise, déprise et presque conceptualisée : « parler de travers ». Cette locution devient « parler en travers » puis « travers » s’autonomise pour devenir un équivalent-personnage jusqu’à la rime finale : « le travers » c’est « me taire ». Plus encore avec la reprise dans le morceau suivant, jusqu’au néologisme, comme un nom de personnage, de ce personnage rythmique que tout le texte ne cesse de relancer, de faire vivre devant nous dans la volubilité discursive : « le papotaire ». Mot-valise qui met « papoter » au régime du « se taire ». Oxymoron si l’on veut mais surtout personnage impossible comme l’est la performance, c’est-à-dire l’écriture, de Pennequin. Un impossible réalisé, en acte… jusqu’à mettre en crise le politique dans la littérature comme dans la société.

 

3. Neuf points pour ne pas en finir avec la performance

 

Il y aurait comme une évidence à poser que la lecture-performance puisse être naturellement considérée comme une réécriture puisque leurs auteurs semblent poser une écriture en acte qui viendrait comme défaire une écriture antérieure (1). Cette postulation demanderait pour le moins de se demander tout d’abord si toute lecture engage une réécriture (2). Si tel n’était pas le cas, alors en quoi ces lectures-performances se rattachent-elles à une activité d’écriture (3) ? Mais au-delà ou en deçà de ces questions premières, il y aurait à se demander pourquoi l’habitude fait se dissocier texte et diction si ce n’est texte et théâtralisation avec ce qui s’en suit s’agissant des termes ici en jeu qui eux aussi se voient bien vite naturalisés, du moins rapportés au dualisme anthropologique réitéré du vif et du mort (4). Alors la métaphore courante de l’interprétation comme traduction et subséquemment comme réécriture engagerait pour le moins une reconsidération du texte comme toujours en attente d’actualisation, comme séparé de sa lecture, de sa diction, de toute action (5). Bref, le problème de la performance comme réécriture renverrait alors à interroger la performativité textuelle elle-même (6) et par là-même signalerait la possibilité de mieux considérer le sujet de et à l’œuvre pour saisir alors le continu de l’écriture et de la lecture, du texte et de la performance qu’elle soit réalisée dans le tête à tête avec le livre ou dans le face à face avec le public voire dans tout autre dispositif imaginable (7)… Mais rien de tout cela ne pourrait tenir dans quelque direction que ce soit si nous n’allions observer empiriquement ce que fait tel texte et telle performance dans leur continu ou leur discontinu éventuels (8). Charles Pennequin, c’est l’hypothèse, nous permettrait alors de concevoir une écriture toujours en cours qui inclut dans son processus rythmique et relationnel, des moments multiples qui participent tous d’une écriture impersonnelle faisant entendre une voix inouïe qui ne cesse de travailler son inconnu, sa force intempestive à aucune autre pareille. Cette écriture est également l’écoute d’une multiplicité à l’œuvre qui ouvre à toutes les conflictualités permettant une politique de la voix où la vox populi s’entendrait dans sa pluralité contre toute vox dei – celle de la télévision en premier (9). En fin de compte, le problème que pose la réécriture engagerait une reconceptualisation de l’œuvre trop souvent assignée au texte quand elle ne peut se réduire à quelque produit qu’il s’appelle « texte » ou même « avant-texte », « intertexte » ou encore « lecture-performance ». C’est que la définition d’une œuvre consisterait à répondre de sa valeur comme un inaccompli, toujours en cours, œuvrant pour que la voix et la vie dégagent le terrain à ce qui ne se reproduit jamais deux fois.

 

2 avril 2008




[1] E. Loret dans une note de lecture de C. Pennequin, La Ville est un trou suivi de Un jour (P.O.L, 2007) dans Libération, 14 juin 2007.

[2] J. P. Bobillot, « Poésie sonore » dans M. Jarrety (dir.), Dictionnaire de poésie de Baudelaire à nos jours, PUF, 2001, p. 617.

[3] Le terme de « clairvoyance » est significativement utilisé pour caractériser Apollinaire « qui posa les fondements » du simultanéisme : « c’est exactement ce que fait Heidsieck, en 1972, dans Le Carrefour de la Chaussée d’Antin », où le « exactement » est déspécifiant tant pour Apollinaire que pour Heidsieck !

[4] Mathieu Larnaudie, « Sur Le Signe = de Christophe Tarkos » dans le dossier « Poésie contemporaine : lectures décentrées », Inculte, revue littéraire et philosophique, n° 15, mars 2008, p. 74-82. On peut lire aussi Renaud Ego, « Poésie-infinie-réalité à propos de Christophe Tarkos » dans L. Destremau et E. Laugier (dir.), Quatorze poètes, anthologie critique & poétique, Prétexte éditeur, 2004, p. 155-161. On y trouvera cependant un cliché académique qui met les « qualités rythmiques » de Tarkos « en phase avec les musiques de son époque » : de deux choses l’une, soit tout vrai poème est en phase avec son époque et alors la spécificité de Tarkos n’est pas ce pont-aux-ânes, soit on confond poésie et musique et on est incapable de penser le poème autrement qu’à métaphoriser sans savoir qu’on est en plein mythe : « Comme elles (ces musiques), cette poésie privilégie la scansion sur le timbre, confinant dès lors la tessiture et la mélodie dans un répertoire assez réduit » !

[5] H. Meschonnic, Vivre poème, Dumerchez,

[6] W. von Humboldt, Introduction à l’œuvre sur le kavi et autres essais, trad. P. Caussat, Seuil, 1974, p. 183-184.

[7] V. Novarina, « Le langage se souvient », entretien avec Isabelle Babin, dans Inculte, n° 15, op. cit., p. 18.

[8] G. Dessons, « La phrase comme phrasé » dans La licorne n° 42 (« La phrase »), p. 41-53.

[9] H. Meschonnic, La Rime et la vie, Lagrasse, Verdier, 1990, repris en Folio/essais, Paris, Gallimard, 2006, p. 246

[10] C. Prigent, « L’inquiétude du sens », Entretien avec Pascal Boucher-Asselah, 18 mai 2005, dans Docks, 2006. Texte disponible à cette adresse : http://www.sitec.fr/users/akenatondocks/DOCKS-datas_f/collect_f/auteurs_...

[11] C. Pennequin, Entretien avec Sylvain Courtoux, mai-juin 2003, à l’adresse

[12] W. Benjamin, « Le Paris du Second Empire chez Baudelaire », dans Charles Baudelaire : un poète lyrique à l'apogée du capitalisme, éd. Rolf Tiedemann, trad. et préf. Jean Lacoste, Paris, Payot, « Ikeda », 1990 /  « Petite bibliothèque Payot », 2002 [fragments d'un livre que Benjamin voulait consacrer à Baudelaire : Le Paris du second Empire chez Baudelaire (1938), Zentralpark, fragments sur Baudelaire (1938-1939), Sur quelques thèmes baudelairiens (1939)], p. 103.

[13] C. Pennequin, La Ville est un trou suivi de Un jour, Paris, P.O.L, 2007, p. 113-114.

 

De la poésie contemporaine

 

CLIQUEZ

Sur "le monde magique des amis de la poésie"

 

 

 

 

 

non!

 

Liens internes

PARLÉ NOIR

05/06/2012 - 11:44

 

Moi y'en a parler corre-que- te -ment ; moi y'en a françois moi mossieur; moi en etre pas différ'ment

moi pas mentir moi travailler l' françois dans toutes les langues 

toi y'en a pas salué drapeau françois tous les matins 

toi y'en a pas chanté tous les matins la marre-seillaise:

alonz'en z'enfants de la patrui i eu 

vas-donc François -gétorix/// qu'à tout compris

mais qu'est -ce que t'as compris? le noir et blanc? figure toi que c'est la 3D maintenant;

moi etre blanc presque autant que toi etre blanc; moi y'en a du blanc partout en moi:

moi y'en avoir la langue blanche comme toi et le cul blanc comme toi moi avoir les yeux blancs comme toi et les doigts blancs comme toi

 moi y'en a beaucoup de blanc en moi

toi y'en a pas de noir mais c'est là ta tete qui est noire

moi y'en a toutes les couleurs toi en est tout blanc; toi jaloux du noir 

moi y'en a parler l' François en toutes les couleurs; depuis plus longtemps que toi

moi connait plusse des François que toi;  moi en etre des blancs mais moi noir alors pourquoi toi tu vois tout en noir chez moi?

toi le blanc y'en a etre plus fort? toi en etre  MR PROPRE à réaction au -noir?

mais le noir; C'EST  pas SALE

toi y'en a pas connaitre parler noir

toi y'en a pas connaitre ma famille noire; toi y'en a pas aimer noirs 

toi y'en a pas bien parlé noir;

toi pas noir et deteste NOIRS;  toi pas connaitre langue du noir

toi pas grec ni arabe ni portugais ni italien ni algérien ou maghrébin? 

TOI ETRE AUSSI PLEIN DE COULEURS  plein de langues mais toi y'en a pas compris tout à fait...

toi etre content d'etre blanc? toi etre trés trés blanc? si blanc?

viens chez moi on te dira pas que t'es blanc;  TU ES GRIS

pire qu'un cadavre qui sent mauvais

pue la charogne; tu mange la viande morte ta langue est morte

sarkophagos ;comme on dit ; ah ah;

ton drapeau est blanc et rouge de sang et dans ton bleu tu ne connais que le travail

toi lave tes blancs avale tes mots blancs; le gel y' a qu'ici qu'on le sens le froid la gelée

la rue; toi pas connaitre la langue de rue; toi avoir identité mais au fond qu'est ce que t'es -toi? 

un blanc tout simplement

et je suis  noir -aussi- tout simplement

DKP

 

a peut - être un rapport::

FELL-ACTIONS (pornolettristes)

10/08/2010 - 13:47

 

 

lyrico-mystique

 

suave douceur sursaut de langueur saveur par la

langue heurt du moite humide étroite lèvres qui

le lève en fièvre en sang encens du fier fort de

l’alchimie des chairs ignées vraiment saisies en

sacrement qui durcit ardent qui rougit qui se

gonfle qui enfle qui s’enfile entre ses seins ses

doigts sa bouche boit la salive ça lave ça va

ça vient ça monte ça conte le désir de venir jouir

de bondir hors de soi de soif et de s’alanguir

de se répandre se jeter se faire prendre en un

gosier aimé dans des muqueuses heureuses

de sucer et d’aspirer le sperme et de se faire 

emplir de liqueur délit de membre qui jaillit oui

ça jute du jus fort ça orgasme ça dans l’oubli

de tout déborde de partout liquide rare et fou

qui dégouline du dard puis de cet orifice mou et

glorieux sous sa vie infinie et sous ses yeux.

 

 

 

kénotico-hard

 

SUCK ME ! - mmmmm, bruits humides

de succions tièdes (dur, le gland tres-

saute sous les caresses) de coups de

langues - OH FUCK ! - le sang afflue

dans sa queue bandée/décalottée/armée  

et fait gonfler le plaisir (les couilles ir-

radiant la verge à vif) de salives sales

lèvres pleines de sécrétions secrètes

- DEEPER, FASTER ! - imposante, la bi-

te boute le palais, la glotte au fond de

la grotte suintante qu’elle ouvre à s’é-

touffer tout feu (il sent que son chibre

va vibrer et exploser) - OH - I’M CO-

MING - LOOK AT ME - et il se déverse

salé acide amer blanchâtre à longs

jets (la bouche ouverte déborde, elle suf- 

fuck) de sperme visqueux - DO YOU LIKE

IT ? - elle : mmm, oh ho, h h h h… tasty !

(elle ahane, il la regarde, elle laisse cou-

ler le foutre sur lui, reprend son souffle,

lui sourire niais, elle, satisfait) - I LOV’ Y’ !

 

 

 

aléthico-désastral

 

a-bandons là

douce approche de

la bouche

sexe bouillant tendu

qui touche

étincelles

onctuosité de ses 

lèvres qui délivrent vives

sa volupté m’ensalivant

vent ivre vers sa langue

frétillant à la longue

heure de mon sexe

excité

s’enfonçant 

ressortant en don

tressautant en bonds

turgescent du fond

au gland à l’angle

commissure mouillée

d’elle de son visage

bientôt souillé

nos peaux coulissant vives

s’enfonçant

moussant si proche de

son souffle

je guide sa tête tâte

d’elle plus encore

mes mains caressantes

ses mains saisissantes

au milieu : ses yeux ma queue

membre irradié des reins enflammés

des couilles envenimées

je sens que ça vient et

sa bouche enfin vive

s’enfonçant

m’accueille jaillis-

sant en violent

jets d’orgasmes

spasmes 

vis-

queux sperme

vital coulant lent

sur nous les

amants.


 

Load & Shot : Overwriting pornolettriste

07/03/2010 - 00:14

 

0 ◊ ∞ - http:// débordels des pixels pisse-t-elle des bords irl des ports dé terminal abolir dél 

ire des amis promenant leur frétillement en pire enzymant virtualisant enlisant et lire omis 

www. home tweet home heat and come (houba houba hop gouzi gouzi) grrr brrr homme 

shit homme marsupilami baisant en pleine émeute les meutes de plaies et dʼherméneutes 

charger gravité geste répété pensée lestée pesée potentialité - 111 - file not found - kiss 

- cum right in her mouth ((tigresses blanches)) : étincelles de réel archipel points aux loins 

noeuds contaminants transfinissants (à tore et à trucs bidouillés) fuitant triste à lʼimproviste 

tirer plan jet tourner tuer gicler chant chaud sang ! noise not sound louder and stronger 

and guerriers ruinesques crades sales cauchemardesques armés de corps de peaux de 

ecce dino craporno noli me dicere fucking bastard so lucky (or not) ecce pas gai ni va-rat 

charger gravité geste répété pensée lestée pesée potentialité - 222 - file too large - fuck 

- cum right in her mouth ((opalescents)) : cryptique jus lit kabbalistique infravue magique 

journée portes ouvertes au black berk berk cloportes de vérités de pertes incarnées niées 

suck or blow ? 

tirer plan jet tourner tuer gicler chant chaud sang ! link hic et nunc à mort connard de porc 

to shag her shake butt hug blur your tag your word your war is not over to kill everybody 

charger gravité geste répété pensée lestée pesée potentialité - 333 - file donʼt match - you 

halo dʼapocalypse aura du désastre et autres révélations crépusculaires créées dʼactions 

- cum right in her mouth ((orgasm manifesto)) : inconscient qui suinte secousses slurp 

the hole black worm white intergalactic travel in every other dimensions ans scansions 

aube orbite bite ombre satellite météorite light or flash void joy fight ploy all night blank 

chan cynique saint feu follet psyborg sage fou fête sein clinique fan fading away (aïe aïe) 

usb connectée au multivers overwrité halluciné subluminé subliminé explosé expulsé ex- 

visqueux que vice thixotrope fluide (flop) liquide sperme salive sueur saturations silences 

charger gravité geste répété pensée lestée pesée potentialité - 1111 - there is no file - and 

- cum right in her mouth ((pornanarchy)) : mmmmmmm miam lol mdr lol mmmmmmmm 

perdus humides et glauques dans les débris des sourires des cris rauques écrits de trop 

déchangés ou déchirés ? 

nihil rem viola noctem vola totem tʼaime le derme les pores vidés éclats dʼil fracas toucher 

charger gravité geste répété pensée lestée pesée potentialité - 2222 - old file - me 

images invisibles visages indivisibles page spectrale à travers le tamis la cible le crible des 

ravages la plage pénible des signifiants sable rage bible outrage à agent sémantique des 

mystiques moustiques pornolettristes suçant hurlant le sens gouttant dégoûtant lʼégout et 

debout dégoulinant de boues butant à bout de bites débutant lʼabus de boites de bévues 

- cum right in her mouth ((embuées)) : condensations cons dansent clitorisent attisent 

bullées boulets coulés liés cruels crus (dʼhiver) sʼy fier filles femmes phalle asphalte halte 

tirer plan jet tourner tuer gicler chant chaud sang ! sans putains dʼunités dʼinitiés à cran 

charger gravité geste répété pensée lestée pesée potentialité - 3333 - new file - us 

qutrits tachyons dilatons spit bond en spin en violence vive tact impact (big -gang- bang) 

- cum right in her mouth ((happiness)) : vies indéfinies à lʼheur tychique pleurs cosmiques 

tirer plan jet tourner tuer gicler chant chaud sang ! clic viral vital trip picnic strip mal mail 

sick or bad ? 

et puis se retournant par bribes sur lʼamibe détournant son récit le narrant marrant 

désinhibe pour les participes présents des vils guides des until we bleed lovely bitch .com 

charger gravité geste répété pensée lestée pesée potentialité - error - error - error - error 

- cum right in her mouth ((deep dream)) : streaming screaming swallowing gokkun tiqqun 

pirates disparates autonomes autistes strates style gnômes paumés pile à lʼacte qui rate et 

disappear suddenly in a no manʼs land nowhere in a utopian spaceless room bloom in & 

ailleurs personne fugace éclipse incessant toujours déjà jamais stop là efface traces @ o -

 

Parution: Little Man de Thomas Vinau

18/11/2009 - 11:19

Avis de parution : Little Man

 

 

Little Man, édition Asphodèle, collec Minuscule, nov 2009, Format 10,5 x 14,8 cm, 52 pages, 7 €

à commander par mail à l'éditeur ou à l'auteur

ci dessous un petit extrait :

Nous sommes des êtres minuscules dans des forêts en feu
Nous sommes des rêves sur le carreau
Nous sommes des danses d’aubes jaunies et nos chemises
trop grandes nous tombent sur les bras
Nous sommes des assassins
Nous sommes des orphelins
Des espoirs d’alcooliques....

(Little Man, p.51)

La présentation de l'éditeur :

Retrouver Thomas Vinau, dans la collection “minuscule” d’Asphodèle est de l’ordre de l’évidence. Son recueil nous propose sur 52 pages un tour de rien, avec rien d’autre que des mots, pour aller nulle part, en revenir, repartir, avec une puissance évocatrice qui peut néanmoins nous convaincre du fait que, mine de rien, on a fait quelque chose comme un tour dans les poussières des confins de l’univers.

 

Syndiquer le contenu