Charles Pennequin et Armée Noire

visage

un veerbe + un visage = (testament)²

26/05/2009 - 18:33

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terminalvisage

21/09/2009 - 19:35

Tous les jours dans un terminal. Tu es dans un terminal presque tous les jours et tu n'avances pas. Un terminal des jours et toi qui n'avances pas. Toi sans direction dans un terminal à taper des histoires qui ne servent à rien. Des histoires qui ne servent à rien dans un terminal à toi. Et cette manie de changer des unités d'une même chose de place. Là au début, ici à la fin, là-bas au milieu. Et toujours cette question toute simple. D'une simplicité folle une question que tu te poses, sans arrêt, tous les jours dans un terminal. Mais allant nulle part, nulle part où aller dans un terminal. D'aucuns disent il se réfugie dans un terminal. Même pas capable d'en sortir de son terminal. Tous les jours et une question folle, simple que je ne comprends pas. Mais ça c'est ton problème. C'est ton problème dis-je ton terminal. Mais ce n'est pas un refuge. Au contraire dis-tu. Il dit qu'au contraire d'un refuge il est à découvert dans son terminal. Plus que je ne le pense. Tu penses que je pense que tu es moins à découvert dans un terminal que tu ne l'es. Oui, tout à fait dit-il. Il dit qu'elle dit qu'ils ne savent pas où aller. Que faire dit-elle de celui qui saurait être moi. Moi que tu ne veux pas entendre, moi que toi tu penses est un hall à mirroir. Regarde dans un mirroir et ce n'est pas toi. Et mieux encore, regarde dans un mirroir avec un mirroir derrière et que vois-je. C'est sans fin, des arrières de tête sans fin, et une envie. Une envie de mettre des coups dedans. Derrière la tête, que la balle explose le visage en sortant. Un trou de sortie énorme et dans le visage s'il vous plaît. Un orifice d'entrée très petit et une grande sortie. Une sortie de balle et plus de visage. Et faire ça à tous les visages. Et des êtres qui marcheraient dans des rues avec pour visages des trous noirs béants. Béants des visages noir de trou avec une petite rigole de lumière, de part derrière, comme au cinéma. Comme au cinéma des visages en écran à recevoir la lumière d'une rigole des visages des autres. Et chacun son film béant en face. Une rigole est pour l'eau. Une lumière en torrent alors. Un torrent de lumière par un trou tout petit finissant en béance visagée de cinéma. Que chacun y fasse son film. Un film à chacun à voir dans des visages noir de béance d'autres. Un visage sans trait. Des traits de lumière sur un visage béant venant de derrière ta tête. Ma tête comme un projecteur. Je projète des images sur un visage noir d'un trou béant et je regarde. Il produit une image d'un trou qui commence tout petit à l'arrière de son crâne et qui finit en trou béant. Et des visages se regarderaient. Se regarderaient des trous béants de noir qu'on ne dirait plus visage. Parce que ça suffit dit-il. Elle dit que les visages ne lui suffisent plus. Ce sont les corps qu'il veut. Maintenant il veut des corps car des visages il n'en peut plus. Partout des visages tous les jours et un écran de terminal. Un écran noir de terminal avec des pixels blancs. Des pixels blancs de lumières faits et des lettres dans un écran noir de terminal. Et des pixels noir aussi. Et en couleur si tu veux. Dans un terminal et chacun se fait son film. Son film à chacun et regardé dans le trou noir béant d'un autre. Je te regarde et je lis ton trou. Je lis ce qui se trame dans ta béance noire trouée. Trouée par une balle en pleine tête, et tirée de derrière. Pour mieux effacer mon visage. Lâche disent-ils dis-tu. Courageux dis-tu-je. Un courage énorme que de tirer par derrière pour effacer un visage. Et par devant ça n'y changerait rien, mais il resterait du visage. Alors que le courage c'est d'arriver au trou noir béant sur une face. Et j'aimerais, je voudrais que tu me tires une balle dans la tête, et de derrière s'il te plaît dis-tu. Je suis César dit-elle et je me réjouis de Brutus. J'aime Brute dit-elle. Toi aussi mon fils dit-elle. Elle dit son fils lui aussi et c'est une joie. Une vraie joie dis-tu. Je dis une joie que d'être poignardée par Brute, Brutus ma brute de fils. Et je suis césar et je suis heureux. Heureux qu'un ami, mon fils me tue. Me tue mon fils que mon visage puisse disparaître. Et toi tu veux que je te tire une balle, de derrière, en pleine tête. Que mon visage disparaisse dis-tu. Pour pouvoir dire et tu brute dans un terminal. Dans un terminal tu quoque mi fili. καὶ σὺ τέκνον. et toi brute, ma brute tire-moi de derrière que je puisse faire mon film. Mon film sans visage par une rigole de lumière. Avec du 9mm par derrière. Et comme ta brute mettre des doigts dans la plaie béante. Fourrer ses doigts dans une plaie béante et les ressortir plein de sang de moi. Comme une bête te couvrir du sang de moi. Mon sang sur tes pattes comme une bête. Et ma joie d'être ta bête dis-tu. Ta joie de voir tes doigts ensanglantés comme on doigte une femme en règles. Et l'odeur, une odeur de vie. Pouvoir sentir qu'il y a de la vie tellement ça pue. Mon trou noir béant de visage et tes doigts dedans, et puant de mon odeur de vie. Et chacun son odeur dans son film de lumière rigolée. Une rigole de lumière de par ton trou et mes doigts puants dans ta face béante, et dedans et dehors, et tu me doigtes le visage. Mon visage est un trou noir béant et n'en est plus un. Plus un visage mais une béance à cinéma. Avec tes doigts puants de mon sang dedans. Et toi brute. Brute et toi et moi ma plaie mon sang tes doigts. Et ma voix dis-tu. Sa voix de et toi brute dit-elle. Elle dit et tu brute, èt tou broutèi, et encore une voix. Plus de visage mais encore des voix, dans un terminal. Tire-moi dans la gorge, je veux que tu me troues la gorge aussi dis-tu. Baise moi mon trou béant jusqu'à me trouer la gorge. Fait-moi gaguer que je ne puisse plus avoir de cordes vocales. Et un autre trou à doigter. Elle dit ma face de trou noir béant et un trou dans la gorge. Et je dis dit-elle que tu me dis, je dis je parle en percussion maintenant. Je ne suis plus à cordes dit-elle, mais à percussion. Des percussions d'air qui me rentre par la gorge. Comme des cordes bartokienne. Quatuor n°5 dit-elle. Des cordes en percussion. tadadada dadada da da. Et ses doigts dans ta gorge et les miens dans ton trou. Et plein de sang puant, puant ta vie sur moi. Sur moi une vie puante de béance. Dans un terminal et des doigts dans des trous puants que chacun puisse faire son film, et sa bande son, sans corde. Que du vent, parler comme un hautbois en percussion. Que percuter ici dans un terminal. Et du vent encore. Il sent de l'air lui rentrer dans son cul. Il écarte les fesses et les met à la fenêtre et du vent qui rentre dedans. Et plus besoin d'écarter, maintenant du vent par la rigole de lumière. Et par des gorges trouées, du vent et des sons percutifs. Et les yeux disent-ils, et les nez disent-ils encore, comment voir et sentir sans visages disent-ils. Je doigte dis-tu. Je regarde avec les mains, avec ses mains elle sent mon odeur, avec ses mains elle voit son film dans mon trou. Ton trou et des doigts dedans pour voir son film à chacun. A chacun son film dans un trou autre et tout ça par les doigts. Et des ongles longs, taillés en dague pour mieux sentir ma puanteur. Ta puanteur sentie par moi par mes dagues de doigts. Et on creuse dans un terminal. On creuse pour boire par les dagues. On cherche l'humidité d'une vie. Une vie humide de joie par des doigts en dague. On je veux dire moi dis-tu. Elle dit on pour dire moi sans danger. Sans danger on pour protéger moi. Mais moi à découvert sans visage alors plus de on. On ne dit plus on ici dis-tu, elle dit s'en est fini de on et nous. Nous c'est toi et moi dit-elle, mais chacun son trou à percussion. Chacun son toi dans lui dit-elle. Tu te touches dans mon trou noir béant dit-elle, je me touche dans son trou dis-tu, dans nos trous se touchent des dagues de vie en nous. En nous des dagues de vie mais chacun la sienne. La sienne à chacun mais dans le trou d'un autre. Pour exister des trous autres pour ne pas mourrir. Une vie à chacun dans un trou noir béant pour faire son propre film. Mais pas sans toi dis-tu, pas sans lui dit-elle, sinon pas de cinéma. Pas de cinéma dans un terminal sans ouverture.
 

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