Charles Pennequin et Armée Noire

VROUM VROUM

L'ARMEE NOIRE DOIT APPRENDRE A SE DEFENDRE

03/02/2011 - 16:45

L'ARMEE NOIRE DOIT APPRENDRE A SE DEFENDRE

Sur ces images tragiques on reconnaît clairement Charles Pennequin, subir sur un parking du Quesnoy-sur_Deûle. L'armée noire doit cesser d'être un club de yoga. Nous n'avons plus à être les victimes de telles tragédies. C'est pas sérieux. Les copains de l'armée noire qui se font tatouer Ghandi non plus.

 

l'armée noire doit apprendre à se défendre.JPG
gandhi_tattoo.jpg

Jean-Pierre Bobillot

28/01/2011 - 11:00

• POésie C’EST l’crivé, l’encri, l’écrié d’l’encrier • POésie C’EST
la cendre & la fumée • POésie C’EST le spleen • POésie C’EST
l’indiscipline • POésie C’EST l’indice & le leurre, la confiture &
l’beurre, la quadrature & l’mauvais quart d’heure • POésie C’EST
la douceur • POésie C’EST la douleur • POésie C’EST l’dompteur
dompté • POésie C’EST l’indompté • POésie C’EST l’impensé
• POésie C’EST l’impensable pensé • POésie C’EST ni rêver ni
pas rêver • POésie C’EST tout • POésie C’EST tout autour (de
moi, de toi, de Vaduz…) • POésie C’EST rien • POésie C’EST
hier, aujourd’hui ou demain • POésie C’EST tout ou rien (c’est
tout un) • POésie C’EST recto-servo • POésie C’EST des mots •
POésie C’EST démodé • POésie C’EST des mots d’trop • POésie
C’EST des mots & c’est pas des mots • POésie C’EST des mots ni
pratiques ni pas pratiques • POésie C’EST des mots ni cratiques
ni pas cratiques • POésie C’EST ni Cratyle ni pas Cratyle •
POésie C’EST ni Catulle ni pas Catulle • POésie C’EST le style &
la crapule • POésie C’EST le hic & l’nunc, le nec & l’plus ultra,
fun, bulles & patatras • POésie FAtras • POésie MANtra • POésie
MENtira • POésie S’EN tirera • POésie PAtati • POésie PAtata •
POésie C’EST pour qui pour quoi ? • POésie C’EST pourri • POésie
C’EST pour rire & c’est pas pour rire • POésie C’EST pour mourir
& pour ne pas mourir • POésie C’EST qui vivra rira & qui mourra
pourrira ou qui mourra rira & qui vivra pourrira • POésie C’EST
pourrira bien qui pourrira l’dernier ou rira bien qui pourra l’dénier
• POésie C’EST les Rats • POésie C’EST l’arrêt sur l’inimage •
POésie C’EST ramage & plumage, grammage, grimage, image,
inimage, rage, orage, mirage, &cetera • POésie C’EST &cetera

 

 

 

VROUM VROUM ANGEL FLEA MÖTÖRWÖRMS CLUB

03/03/2010 - 20:13


VROUM VROUM ANGEL FLEA MÖTÖRWÖRMS CLUB

 

 

 

Le soleil puait avec aisance et les têtes pétaient entre elles, une partie de la tête s’invagine pour former une poche en son sein, le pourtour se gonflant par contradiction et entraînant les traits dans son extension vers la complète disparition de la bouche, yeux, du nez, les oreilles s’affaissent jusqu’à faire tatouage à peine cartilagineux au toucher, cette fesse unique et circulaire se dressant jusqu’à ce que la cavité qui s’y approfondit se raccorde à l’intestin, permettant ainsi la fuite de gaz par-dessus le grondement de nos mille moteurs, l’interminable colonne de la VIIème Armée, venue se calmer dans le désert parce qu’ici tout le monde s’en fout et personne ne vient le réclamer. La plupart de mes soldats cheminaient sur cette absence de terre aveugles et pétants dans leurs cheveux.

 

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Nous sommes pris dans un essaim de vroum-vroums. La perte de turbopompes, tôles, sécrétions, affiches pornographiques, cosmonautes, tuyères, rotors, aliens, sas, cockpits, chienne Laïka, réservoirs, parfois des étages entiers, entraîne derrière le passage d’une fusée la condensation de longs et fins nuages à haute altitude, qui restent croupir en suspension, et des colonies de vers s’y constituent, des millions d’individus relativement peu espacés les uns des autres, chacun plongé une partie de son corps dans ce substrat, où ils puisent leur nourriture et peuvent s’enfouir totalement à la moindre alerte, la colonie disparaissant brutalement pour réapparaître quelques minutes plus tard, tirés comme des langues, il leur suffit de quelques générations pour avoir le sexe tubulé comme un moteur Harley Davidson et la plupart en chopper ne sont qu’un axe de transmission qui élance et fait pivoter ses roues autour de leur estomac cardiaque, pousser gonfler dépresser, gainées de cuir clouté, jaillies à travers les cavités chromées, articulées entre elles et réunies par des ligaments souples et des muscles,  l’estomac s’infime et s’énorme pour propulser l’essence de telle sorte que –l’enveloppe charnelle répercutant ces explosions, la surface des pneus hérissant un plus ou moins grand nombre de ventouses selon les changements de succion désirés– ils se tractent par bourgeonnement et affaissement, les organes les plus constitués se communiquent dans les moins denses, et volent ainsi en rampant, avec jets de chaînes coups de feu tentacules anaux congélateur capillaire scabiesball poing à compulsion poussées de teaser barbes à cran d’arrêt, alors tous les jours je fais sacrifier un de mes soldats afin d’apaiser leur colère et qu’un gang ne nous tombe pas dessus.

Le cou se termine par un bourgeon et s’allonge, en théorie indéfiniment, en émettant latéralement des nuques secondaires portant des têtes, ce sont les têtes de la base, entravées encore par les épaules, qui s’ouvrent les premières, puis successivement vers le sommet en grappe.

Cette concentration engendre un mouvement, les têtes éclateraient si elles se fixaient.

Dans un milieu trop toxique, par exemple notre chiotte, une aine acide, un groupe de funk ou l’anus facial de mes malades, ils substituent l’eau dans leur organisme par un sucre qu’ils synthétisent, de déshydrater complètement les pattes se rétractent et les crânes s’amincissent en aiguille, en une sorte d’épis, lorsqu’ils sont arrivés à complète fossilisation ils présentent un réel danger pour mes soldats, puisqu’ils s’accrochent dans leur pelage d’où, en raison de leur petite taille, ils finissent par s’introduire dans divers orifices (oreilles, narines, sexe, pistil...) et progresser dans le corps du fait de leur forme et la présence d’arêtes –les crânes– qui s’opposent à tout recul, et bien évidemment au fond des galeries qu’ils excavent, bien creuses et muqueuses, ils redeviennent actif en une durée qui va de quelques minutes à quelques heures, pour se rejoindre et reconstituer leur bande les vroum-vroums vont perforer les organes du soldat, organiser des fêtes violentes et des rides à contre sens dans son système vasculaire, émettant des gaz et tâchant toutes les parois internes de gerbe et d’huile, la condensation et les émissions sont si fortes que suer se suffit plus, la peau s’épaissit et devient boueuse, subit des élongations, les doigts se remplissent et grossissent puis, de l’intérieur l’eau exerce une pression telle que les membres se tendent, rigide prêt à éclater et sortir de lui-même au moindre choc, au fond des chairs les os s’en décollent et se désolidarisent, jusqu’à ce que les parties génitales s’amollissent enfin par où la turgescence s’évapore, et le soldat se fane. Mais de toute façon, il nous faut renouveler notre stock de chewing-gum.

 

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Aujourd’hui je remets une décoration à un gosse : un sticker à coller sur son casque « Born to be drille ».

 

 

a peut - être un rapport::

LES ARBRES SONT DES WARRIORS

07/06/2011 - 18:36

LES ARBRES SONT DES WARRIORS

 

 

 

Resté seul dans le parc  avec sa maîtresse qui entortillait ses cheveux dans une charmante attitude provocatrice, Neuneu la souleva du banc et l’assit sur ses genoux pour lui appuyer sur l’épaule un long et sonore baiser qui déchargea une vibration soudaine au corps de la printanière créature. Elle tourna la tête dans l’attitude de respirer une des roses qui pointaient sur eux. Saisie par les cheveux, la fleur la traîne sur le sol ; sa feuille et les poils s’enroulent autour de la proie pour l’immobiliser et optimiser le contact entre elle et les glandes digestives. Lorsque Francine fut morte, Neuneu alla revoir ses anciens amis les buveurs.

 

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La surbille du gros chêne était sur le parc à grumes depuis une quinzaine de jours quand le portique s’arrêta au-dessus d’elle. La griffe descendit, les dents mordirent le bois et la force du treuil le leva dans les airs. Le moteur glissa sur son rail, le portique se déplaça de quelques mètres, la bille fut posée à terre près de deux hommes. L’un portait une tronçonneuse, l’autre tenait à la main un mètre terminé par deux pointes en métal. Il mesura la longueur totale, remesura, s’arrêta, et le premier fit une marque avec la tronçonneuse.

 

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Trois autres véhicules les avaient pris en chasse. Sur la plateforme arrière Francine faisait osciller sa mitrailleuse de droite à gauche, lorsqu’une grenade défonça une ornière où le pick-up prit un angle de trente degrés et stoppa brutalement, moteur calé. Au bazooka Francine fit rebondir un hélicoptère de part et d’autre de la rue, laissant Neuneu jouer avec ses vitesses pour arracher le véhicule au piège.

A peine démarré une cadillac braque de la chaussée et toutes fenêtres ouvertes tire sa bordée. Juchés à la chéyenne dans les portières du côté opposé, un if et un frêne mitraillent par-dessus le toit, obligent Francine à se jeter à plat, tandis que le cèdre qui conduit braque des revolvers sur Neuneu. Puis les pneus arrières fument et le pick-up part en trombes, qui permettent à Francine de se relever, son bras suit la trajectoire de la cadillac qui continue et elle lance une tronçonneuse dans le tronc du cèdre, juste au broussin. La cadillac glisse contre la rangée de voitures en stationnement et s’immobilise. Le frêne de l’arrière est toujours perché sur la portière, pesant de tous ses branchages entre la cadillac et la voiture contre laquelle elle est venue buter, lorsque Francine lui abat une hache de travers.

 

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C’est alors que les arbres décidèrent de porter tout leur effort sur Stoukh, aux fins d’interrompre le trafic du dernier aéroport terrestre, seule voie par laquelle le Centre humain pouvait encore recevoir un ravitaillement. Stoukh fut, cette fois, la véritable tranchée. L’assaut débuta fin août et la lutte se prolongea de longs mois aux abords puis dans les rues mêmes de la ville, le « recul élastique » des humains compliquant l’orientation de la « bataille giratoire » des arbres. Mais dans la nuit du 7 mars, la circularité du bruissement des feuilles laisse entendre l’encerclement final. Quatre minutes suffisent à l’extermination.

 

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La peur de ne pas rencontrer d’appui déforme l’Arbre dans l’effort de remonter et donne une sorte d’ondulation à sa chute.

Bien avant d’atteindre le magma, ses feuillent fument. Il y eut une petite explosion, puis une seconde plus sourde où il semble tomber dans la flamme qu’il engendre ; et, en un raidissement incontrôlable qui tendait toutes ses branches vers le haut, il réapparut carbonisé, avant de sombrer dans la lave.

C’était fini. Francine et Neuneu se reculèrent du bord du volcan. Ils descendent une route sinueuse qui disparaît sous la cendre pour réapparaître un peu plus loin. En bas c’était la plaine sur laquelle les cratères laissés par les bombes s’ouvraient ici et là, interrompant la ville, semblable à une carte, qui s’étendait indéfiniment jusque dans une brume sale.

 

Mais à quelques mètres seulement un point vert perce la cendre. La branche s’arrête de pousser et c’est le sol qui semble se soulever sous la pression, avant de s’excaver violemment. Avec inquiétude Francine et Neuneu suivent l’onde s’élever du milieu de la route et enfler dans toutes les directions, atteindre la périphérie de la ville en perpétuelle extension, et passer de l’autre côté.

Le sol mastiqué ou pompé de l’intérieur, la rotondité de la terre ne pouvait s’empêcher d’accompagner ce creusement, lorsque, d’un mouvement lent, tout l’horizon s’essore. Alors des troncs s’allongèrent en s’ébranchant, à mesure que la substance terrestre se réduisait sous eux, comme si la planète reliée à l’Arbre s’écoulait en lui et s’y communiquait.

 

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Neuneu s’arrêta au feu rouge, des deux côtés de la rue les passants s’apprêtaient à traverser. A ses côtés Francine montrait un visage étrangement rigide. Au milieu de la rue, où les passants se croisent ils ralentissent, et la foule s’épaissit, avant que les deux tendances, après quelques hésitations, retrouvent leur pulsation normale. De seconde en seconde Francine gagnait en consistance et soudain elle se dressa, les bras écartés, les yeux s’enfonçant sous l’écorce, des feuilles affluaient de sa peau alors que de part et d’autres d’axes médians des branches s’étirent, s’affinent à un bourgeon pour en hérisser de nouvelles. Le vent s’est levé. Sur le passage clouté des arbres ne peuvent pas rester en mesure, se penchant vers la gauche alors qu’ils devraient déjà s’incliner vers la droite.

 

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la tendance traître du palmier

 

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Engoncé dans son encombrant scaphandre, l’arbre a mis une demi-heure pour franchir la porte et se retrouver sur le seuil du module lunaire. Maintenant, il peut mettre en batterie le radio-transmetteur. Les ondes arrivent sur les feuilles des arbres du monde entier, cisaillantes, contrastées et entrecoupées de saturation. Mais le moment est historique en ce 21ème cycle p.r., un arbre va s’enraciner sur la lune.

 

 

Juin 2011

WALKÜRIE RÖDEÖ

01/04/2010 - 13:34



WALKÜRIE RÖDEÖ

 

 

 

Ces pin-ups ont la particularité d’avoir leur œil à l’intérieur d’un tube, lorsqu’une menace s’approche l’œil sort en s’invaginant avec une telle violence qu’il aspire le prédateur en son sein, avant de refermer sa surface sans une seule soudure résiduelle. Bouffi au bout du tube, la substance oculaire se contractant si fort pour broyer l’aliment que la pupille semble se lever par spasmes, l’œil ne peut redescendre qu’une fois la digestion terminée et comme il ne possède pas d’anus il s’ouvre à nouveau plusieurs fois et rejette. Certaines ont les yeux si ronds qu’ils peuvent rouler de leurs tubes et circuler en dehors.

 

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Des quatre rues qui convergent sur la place arrivent des chars, les CRS sortent leurs scabies-ball. Le fusil tire des scabies qui déterminent une gale en creusant dans l’épiderme des galeries où elles déposent leurs œufs : à ses points de rassemblement la foule brusquement dégoûtée par quelques congénères galés s’en recule et s’éparpille.

 

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Les pin-ups survolent en Harley-Davidson la manifestation, du bout de leur lance elles désignent ceux qui ont les plus beaux culs ou la langue la plus rapide, le nuage de gaz lacrymogène traversé par leur laser pour y former un canal d’air conducteur et, une fraction de seconde après, une puissante mort est envoyée vers la cible à travers ce canal. Les meilleurs tombent. Brûlés, perforés, matraqués, scabiesés, bidouillés du poumon ou égorgés, grenadés. Lorsque les ailes de sa moto s’écartent pour accrocher l’air ferme autour d’elle la jeune demoiselle vient se poser, son enveloppe charnelle serre si étroitement la force qui est en elle qu’elle semble prête de craquer et libérer un char d’assaut ou un jet, pourtant elle s’agenouille aux côtés du révolutionnaire mort, appose sa paume sur son front qu’elle relève, sans effort ni appui, et entraîne jusqu’à la moto, qui les emporte.

 

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Je fais le mort. A mon contact la paume se dissout <je me perméabilise> pour se retendre sous mon front. Sa peau s’assemble à une densité venue de mon crâne. Elle m’asseoit sans que j’ai à m’accouder, mais le plus difficile pour moi est d’avancer en glissant sur la pointe des pieds, si le sol reculait, sans essayer de me rattraper et faire un pas.

 

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La citadelle immense, pour garder une certaine forme malgré la pression exercée par la gravité terrestre et protéger ses bâtiments qui gonflent et s’affaissent comme des organes, s’est constitué une charpente animale rigide, articulée, un squelette auquel se tendent les muscles. Un stade empli de pin-ups, à peine ses flancs se déchirent le quartier entier pivote à la verticale, sur lui, afin de l’accompagner dans son écroulement, s’entrouvrant ainsi lui-même en masse avant de se réajuster confortablement pour son sommeil tandis que le reste de la ville reste parfaitement fixe et inébranlé. Elle peut ainsi se redisposer sans garder dommage des bombardements et typhons qui la traversent constamment, musculeuse elle n’a pas l’aspect d’une montagne de muscles toute cette harmonie maintient sa colossale stature se révéler la bondir le Grand Soir.

 

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Vêtu de voiles courts et transparents, la poitrine maintenue par un soutien-gorge barbelé et des bas résille en maille d’acier, sa longue et souple chevelure tombant sur les épaules est alors tirée, nattée pour ne pas gêner le maniement des pénis, le vieillard barbu et borgne préside la table armé d’une lance, il boit et donne ses doses de viagra aux deux loups à ses pieds tout en inspectant chacun des convives que lui amènent les pin-ups par les 540 portes de la salle, pris de folie pour certains de nos costumes qu’il essaye immédiatement, enfourchant son Mig à huit ailes au nom du « Sang des ouvriers en colère » une casquette frappée de l’étoile rouge à l’allongée du bras, nous le saluons en retour dans un étalage de force brutale et sociale, puis nous continuons avec les pin-ups qui nous charment en nous remettant des décorations à l’effigie de roues dentées et machettes, poing noir, capsules Vostok, globe mondial, Kalachnikov, gerbes de blé, bombe H, compas, pinceaux, faucilles, marteaux, et les mélodies aux accents si troublants –« Avanti o popolo, alla riscossa, bandera rossa (bis) » ou « Que Faire ? »- qu’elles nous perdent toute agressivité et nous cessent toute défense devant le vieux qui vient nous chercher.

 

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Tout se passait donc pour le mieux, sauf que mes compagnons de banquet funkaient la mort, et que les pin-ups devaient sans cesse les faire se laver. Des petites cages de bain étaient ainsi pratiquées dans le sol, par lesquelles on les descendait ou poussait lorsqu’ils refoulaient trop. Quand j’ai commencé à comprendre les de telle sorte que du pourquoi du comment, avec toutes les mines fléaux biologiques guillotines pressoirs seringues hypodermiques garrots poires d’angoisse faux cocktail Molotov cigarettes-revolvers sas de décompression crochets de boucher qu’on vénère ici, sur des petits autels –avec coussins cadeaux et un antivol-, j’ai trouvé qu’il serait bon que je cache des morceaux de poulet sous mes aisselles. Après quelques jours on m’a invité à descendre.

 

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L’eau s’arrête de couler et c’est l’évier qui semble s’allonger sous la pression, happé par le silence je me redresse en m’accoudant au bord de la baignoire, suivant les surfaces métalliques mastiquées ou pompées de l’intérieur, après un réarrangement constant et infime entraînés les volants l’obturateur le tube, être pissés d’un jet court, penchant la tête vers mes genoux que je relève m’apprêter à sortir lorsque la force de déformation est suffisante pour arracher l’évier à la baignoire, soudain tiré à la verticale sous l’effort de câbles qui l’auraient marionetté de plus haut que le plafond, comme sur des jambes par manque de densité osseuse monte en se contorsionnant sur ses deux conduites d’arrivée d’eau, tandis que le pommeau de douche s’élance à la perpendiculaire si vite qu’il ne peut s’empêcher de pivoter lorsqu’il atteint toute sa longueur, balayer la surface du plafond.

Comme il est plus facile d’entraîner chaque mur en faisant propager une série de petites bosses plutôt que de les tirer ensemble, la tuyauterie a des contractions, la zone d’arrachement s’étendant ainsi à chaque sollicitation, le déplacement des dislocations se faisant par palier net aisément situable, jusqu’au point d’effondrement –assis dans ma baignoire au milieu de la rue– autour dissipé le bâtiment la plomberie seule se lève au-dessus de moi, puis roule en arrière, puis revient à moi.

Le choc donnait naissance à des échos en forme de taupinières sur la partie supérieure et les arètes de l’immeuble voisin, la tuyauterie s’animait avec une si grande force sous la façade que celle-ci ne pouvait s’empêcher d’accompagner cette circulation, et lorsque d’un mouvement lent de tout l’immeuble –s’essorer– elle le craqua à son tour, se fut en s’écoulant et pour ainsi dire brancher ses tuyaux à la première libérée, qui s’en trouve renforcée et d’assurer son équilibre commence à marcher.

Alors que ce mouvement forçait les tubes à décrire entre eux des tressages dont le dessin se modifie à chaque seconde selon la traction, le cisaillement, les cassures, des contrepoids les élevaient tout à coup aussi haut qu’il se pouvait, les repoussaient vers l’extérieur puis les rabaissaient, l’approche de la tuyauterie animant les canalisations qui entrent dans son périmètre la rue déchirée de profondes crevasses, les côtés de chaque immeuble semblant reliés entre eux par un arbre sont poussés et tirés alternativement, avant, au moment où les pompes transmettent un ultime mouvement mécanique, rotatif ou rectiligne, d’être vidés par succion de leur plomberie, et sombrer.

 

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Prisonnier au haut d’une tour dans un appartement en train de se vider pour la circonstance. Le plafond en petits groupes a des tentacules qu’il déploie jusqu’au sol, entourés d’une musculature longitudinale et d’une musculature circulaire –il s’enroule en s’allongeant et se rétracte en balayant tout le tentacule semble se contredire– afin d’envahir sans solution de continuité entre leurs mouvements, tandis que des bandelettes ciliées acheminent au long de leurs parois la nourriture au bec, les matières les plus grosses sont rejetées. Le sol désastre. En pieux, chiffons, éclats d’os, sommier à ressorts, carapaces de tortues, bris de verre, armures, perles.

 

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Je commence à m’échapper. Le plafond tentacule pour se nourrir.

Je commence par saisir un tuyau du radiateur en passant mon corps par la fenêtre, mais les pierres du mur suintent et à peine appuyés mes pieds en glissent, je préfère m’attacher au radiateur et faire des nœuds au long de mon corps, selon la méthode traditionnelle on fait une boucle qu’on appelle le puit et le serpent sort du puit, fait le tour de l’arbre avant de rentrer dans le puit, mais ces nœuds tiennent par tension et se desserrent facilement dès qu’ils n’ont plus mon poids, particulièrement où je noue des membres de dimensions différentes –ma hanche à ma cheville– à la moindre bourrasque c’est l’échevellement –tendon, os, veine, poisson, rembourrage, graisse, prothèse– aussi me faut-il me faire une boucle d’un côté avant de me saisir à pleine main de l’autre et me croiser alternativement à tous les éléments de cette boucle, jusqu’à ce qu’il me soit possible de m’y asseoir pour me hisser ou descendre sans qu’elle se défasse, je n’ai plus qu’à continuer jusqu’au sol, brutalement attaché à la moindre traction, autrement je coulisse bien à la main, me contentant par de beaux accroche-cœurs d’écarter un membre abîmé qui raccourcissent mon corps, sans le couper. A terre en virant au coude et à la paume je prends le temps de bien me lover autour de mon avant bras, enroulé de telle sorte que ne m’emmêle ni me tords, et une fois plié je me sauve en longeant les murs.

 

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Lorsqu’elles ne partent pas en manif, elles se plaisent à parcourir le pays sous l’apparence de filles-cygnes, on peut les voir se réunir autour d’un lac et quitter leur plumage, en chantant « L’aiga de rosa te fera morir, pecaire… ». Je suis le malin qui en profite pour le dérober à l’une d’entre elles et peux dès lors m’en faire obéir, l’agenouiller sans défense, la tenir dans l’obligation de me subir comme j’ai éprouvé son patron.

Les équilibres

04/03/2010 - 11:26



Les équilibres

 

 

 

Du côté où je bascule les bourgeons s’épaississent puis s’écoulent jusqu’au sol, lorsque je m’y appuie les membres opposés se rétractent ou se détachent tandis que je me propulse dans un autre sens, sans cesse ces jambes vont et viennent, l’une pousse avec une si grande force que je ne peux m’empêcher de m’amaigrir, l’autre se résorbe et me regonfle. Quoiqu’elle gauchisse, ma tête doit persister : mes enfants ont encore le poumon avec elle. Parfois en marge, qui ne s’articule pas à une de mes hanches, se matérialise une jambe, elle ondule faiblement comme si elle se demandait où frapper, avant que je ne l’absorbe pour me rattraper.

 

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Dérangé, pouvant courir à pleine vitesse en changeant constamment de direction, je disparais de vue instantanément. Je fantôme.

 

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Sur mon dos la boule coupante essaye des emplacements qui lui conviennent, à mesure qu’elle ouvre ma peau son aire de déplacement se réduit, jusqu’à ce qu’un ensemble de lésions s’engorge de sa pâte et la stabilise. Elle parfait son ancrage en sécrétant un ciment qui s’écoule en moi en durcissant, au point de contact cette salive me corrode avant de sécher, allongeant ainsi un tube apport après apport, chaque injection provoquant une violente suée de pattes qui m’aiguille et m’immobilise, plus cette tête est formée plus la boule est fixée. Elle peut alors, pendant toute la durée de son repas, alternativement aspirer mon sang et réinjecter de la salive de manière à agrandir la poche ainsi creusée sous ma peau jusqu’à ce qu’elle atteigne une ou plusieurs veines, qui crèveront et augmenteront directement sa tête.

Ces boules se fixent si bien qu’une traction directe leur arrache souvent la tête, laquelle peut pourrir indéfiniment. Pour disloquer le ciment j’ai à m’agiter sur le dos et ainsi le faire tourner. Avant de l’extraire. Ce qui ne suffit pas toujours.

 

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Mes pattes brisent la gravité, à l’entour le sol change d’origine. Avec quantité d’expansions et de résorptions dans sa continuité. Quand l’horizontalité est ainsi remuée j’observe, pendant que le sol sous moi reste parfaitement fixe et inébranlé, autour il oscille presque imperceptiblement avec le mouvement de mes pattes. Lorsqu’elle approche, en général le sol modifié reste tendu et uni d’immobilités réflexes donnant une illusion qui occupe la proie, elle tombe soudain vers le haut. Alerté par le choc de sa chute puis ses débats pour trouver une nouvelle source d’appui, j’accours par les lignes fermes sur lesquelles je peux me déplacer sans me faire happer moi-même. Je sais aussi détecter la position d’une proie immobile en impulsant une vibration et en analysant l’écho en retour : mes pattes ne se soulèvent pas en même temps. Il est fréquent de rencontrer des segments qui s’élancent en étoile, des rayons enfonçant l’horizontalité à distance alors qu’elle se maintient à proximité, mais je n’ai qu’à tanguer pour tirer dessus et échanger aisément, en masse, ces intervalles quand l’occasion l’exige, par exemple lorsqu’une proie se ramène.

 

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Menacé je ne fuis pas je tremble si bien, le sol vibre on ne le suit plus suffisamment pour me voir. Nous me trompons.

 

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Je me nourris presque exclusivement de montagnes, dès qu’elles s’empêtrent par une gravité divergente j’escalade leur arête en dévaginant mon estomac, qui se pétrifie au contact de la roche et peut ensuite la tirer lorsque je reviens sur mes pas entre mes fesses qui s’appellent et s’écartent, et ainsi broient, en m’avançant.

Mon système digestif comprend un gros anus dorsal contractile d’où la roche est expulsée vers ma tête, et neuf à seize paires d’estomacs latéraux qui fossilisent et envoient vers l’arrière dans un intestin ventral. Si un animal passe à proximité mon estomac l’empale, il reste embroché et mon anus attend qu’il raidisse pour le concasser.

Certains de mes estomacs circulent en durcissant dans le sol essentiellement horizontalement, et d’autres encore verticalement (ce sont ceux qui laissent des monticules caractéristiques en surface.)

 

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Dans le cas où la température ne m’est pas bonne et la nourriture rare, j’ai des bulles qui crèvent en accumulant leurs résidus jusqu’à former une sorte de tube, des cils finissent par battre et lui permettent de s’orienter, et lorsque ce petit bourgeon réalise tout ce que je fais, je peux m’y communiquer en me séparant de mon corps, pour y mener ma vie.

 

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A la moindre alerte mon prédateur est plongé dans le sol. Lorsqu’il réapparaît soit je ne suis plus là, soit il pelote facile à récupérer.

 

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En colonies chacun de nous ne peut exercer de traction que sur les fils qui font pivoter l’ensemble des dimensions, qui donnent axe à travers un volume qui peut contenir plusieurs planètes, sans quoi toute la torsion donnée au piège peut se redresser brutalement et nous couper les uns des autres. Mais nous ne nous distançons pas facilement et resserrons repousser un ou plusieurs dont nous sommes détachés, et certains sont même capables de reconstituer à partir de leur piège, avec les proies qu’ils auraient dû prendre, tous ceux qu’il implique.

 

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Mes pattes postérieures plongent pour me préparer à bondir, alors que mes estomacs s’étalent autour du sol afin de percevoir à la ronde les trépidations du gibier qui s’empêtre. Mais c’est le gibier qui n’hésite pas à bondir à moi, se dirigeant dans son bond en évitant les changements de gravité, jeté sur l’une de mes pattes il la saisit dans sa bouche et fait effort pour m’extraire, d’un élan soudain et de trop courte durée pour me soulever du sol, à peine il me soubresaute car tout entier hâte il lâche aussitôt prise. S’il persiste je lui happe la nuque.

 

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Il bondit, happe une patte, tire à lui, moi tenant bon le plus souvent, entraîné parfois au-dessus du sol, mais aussitôt j’y rentre à la faveur de mes pattes qui s’écoulent vers l’arrière.

 

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Expulsé je lance mes anus dans le vent. Qu’ils s’y accrochent et m’entraîne, me blottir dans ses coins. Mais le gibier me paralyse d’un coup de sexe dans le thorax.

Des petits tonnelets en terre gâchée regroupés en abri, chacun contenant l’un de nous aux pattes sectionnées en compagnie d’un œuf.

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